Afrique LA UNE Politique panorama 16 octobre 2020 (0) (136)

Cameroun > Taxation des téléphones portables et des tablettes numériques: Cabral Libii appelle le peuple à faire bloc et à rejeter cette mesure.

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Au cours d’une conférence de presse que le président national du parti camerounais pour la réconciliation nationale(Pcrn) vient de donner à Yaoundé, l’homme politique fait état d’un aveu d’impuissance du gouvernement camerounais à mettre cette mesure en pratique.

Cabral Libii Li Ngue Ngue n’est pas passé par quatre chemins pour relever les insuffisances de la mesure relative à la taxation des terminaux numériques. Mesure entrée, théoriquement, en vigueur depuis le 15 octobre 2020. Mais dans les faits, le président national du Parti camerounais pour la réconciliation nationale(Pcrn) constate des lacunes dans la dynamique de l’application de cette mesure. L’homme politique explique que ses proches collaborateurs et lui ont acheté quatre téléphones portables à hauteur de 50.000 Fcfa chacun. Question de voir si cette mesure est, illico presto, mise à exécution de manière à permettre aux clients de savoir quels sont les frais de la taxation destinés à être payés dans les normes. Jusqu’ici, aucun de ses proches n’a reçu un message donné lié à la somme à débourser après avoir acquis un gadget androïde.

Partant de ce constat de l’inapplication de cette mesure, le député Pcrn du Nyong et Kellé formule la question de savoir si L’État camerounais est prêt à affronter cette nouvelle donne de la taxation des terminaux numériques. L’homme politique aboutit à la thèse selon laquelle il y a encore d’énormes faiblesses, des limites et des zones d’ombre entourant le processus de l’opérationalité de cette mesure. A cause de cet état de choses, le leader national du Pcrn conclut au constat d’un aveu d’impuissance du gouvernement camerounais à mettre en oeuvre cette mesure. Derrière ce constat d’échec, se cachent, sans conteste, ajoute-t-il, des logiques formelles et informelles d’accroissement des niches fiscales sans toutefois offrir les garanties légales de l’imputation de la taxe douanière aux millions de consommateurs qui, en réalité, sont “les moins chers” dans ce jeu vicié et vicieux de L’État.

C’est pour cette raison que Cabral Libii Li Ngué Ngué appelle les Camerounais à faire bloc et à s’opposer, de manière systématique, à cette mesure. Pour Libii Li Ngué Ngué, voilà donc un bon sujet de marche pour le peuple tout entier et, singulièrement, pour les associations de consommateurs, des catégories socioprofessionnelles et des entrepreneurs sociopolitiques de tous bords. La raison de l’agrégation de cette fédération de divers acteurs à l’impulsion d’un mouvement de manifestation collective résulte, explique-t-il, du fait que ce genre de sujet n’est pas clivant.

Résoudre l’équation de l’implémentation de l’équilibre géographique comme impératif de résorption des discriminations ethno-régionales dans les concours d’entrée à la fonction publique camerounaise

Relativement au second sujet ayant fait l’objet d’intérêt, à savoir celui de la controverse née de la publication des résultats de l’Enam, C. Libii soutient qu’il est temps de supplanter et de remplacer la politique de l’équilibre régional par celle de l’équilibre géographique. Pour le jeune leader politique, “il faut avoir le courage de le reconnaître: l’équilibre régional, tel qu’imaginé et mis en application dans le choix par concours du personnel public depuis le magistère du président Ahidjo, arrive, inexorablement, à bout de force. Les chroniques de népotisme, de clientélisme et de corruption rampante relevées dans sa mise en application lors des différents concours de l’administration publique, explique l’homme politique, en atteste l’essoufflement.

En substance, l’équilibre régional est, en réalité, un équilibre ethnique, lequel se fonde sur la déclaration d’origine du candidat et, a fortiori, la consonance des noms. Toute chose qui est un critère subjectif et inopérant. “Si dans les années 70, quand cet équilibre régional a été mis en place, les noms reflétaient, quasiment, les origines régionalo-ethniques des citoyens, cette réalité est, aujourd’hui, surannée.Au regard du fait que les brassages, les amitiés et les mariages interethniques ont explosé depuis 60 ans, l’orateur relève qu’il n’est pas impossible de trouver, par exemple, un enfant qui s’appelle “Kamga”, mais dont les parents sont originaires d’Ebolowa dans le Sud.

Qui peut dire, avec exactitude, si “Atanga” est un nom de la région du Centre ou du Nord-Ouest? “Ateba” est-il un nom du Centre, du Sud ou de l’Est? Un enfant de “père non- déclaré” sur un acte de naissance est-il originaire du village de sa mère ou bien il doit faire des recherches pour trouver les origines de son père ? Comment les organisateurs d’un concours administratif peuvent-ils avoir la certitude qu’un candidat qu’ils ont fait échouer appartient effectivement à une région donnée ?N’y a-t-il pas un risque d’évaluation au faciès teinté de subjectivité ? Autant de questions qui méritent réflexion sur l’avènement d’un équilibre géographique.

Serge Aimé Bikoi


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