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Afrique - 4 semaines ago

Cameroun > Accidents de la route: L’ultime front d’attaque contre la Nation

La tuerie survenue ce 27 janvier à 3 heures 30 minutes à la falaise de Santchou à l’Ouest-Cameroun des suites d’une collision entre un bus de transport et un camion de fortune, 53 morts et 29 blessés, est manifestement un acte de guerre contre la Nation. Givré dans la complaisance, ce peuple en a-t-il conscience ?    

Santchou et sa falaise, mythique ! C’est dire combien en des endroits pareils, les conducteurs redoublent de prudence et de vigilance. De nuit, les phares des voitures venant dans le sens opposé, aiguillonnent les conducteurs à plus d’attention dans les manœuvres. Qu’est-ce qui s’est donc passé pour que les deux automobiles entrent en collision en pleine nuit ? Le gouverneur de la région de l’Ouest a explicité ce 27 janvier à la presse que le camion qui transportait de l’essence dans des bidons avait « un défaut de freinage selon le constat fait ».

En clair, ce camion spécial, incapable de ralentir sa course folle s’est cru obligé de se freiner en entrant en collision avec un bus de transport de 70 places qui roulait dans le sens inverse, peut-on penser d’emblée ! Première anomalie, le camion roulait avec un défaut de freinage. A ce niveau, il va falloir identifier quel est le centre de visite technique qui lui a délivré le certificat d’aptitude à rouler sur les routes camerounaises. Ce n’est un secret pour personne, l’état mécanique du parc automobile au Cameroun laisse à désirer.

Dans le secteur du transport en commun, la situation est plus préoccupante car dans nos villes, les taxis sont généralement des vieilles guimbardes qui ne respectent aucune norme de sécurité et de propreté. Dans nos voitures jaunes par exemple, les ceintures de sécurité ne sont d’aucune importance car les surcharges sont monnaie courante et tout le monde semble s’accommoder pour le bonheur des prélever des sommes indues dans certains cas et endroits par ceux qui sont précisément commis à veiller à un transport sans couacs.  Sur nos routes, ce n’est un secret pour personne, les barrières de contrôle servent entre autres aussi à se faire du pognon.  

Le deuxième fait qui vient décupler la colère et l’indignation, vient de que cette voiture transportait des bidons de carburant, ce qui est interdit ! Les notes de renseignement publiées pour la circonstance établissent clairement que la provenance de ce carburant est inconnue tout comme le propriétaire et le conducteur de ce camion dont le numéro est formellement identifié : Lt 485 Cn. Au ministère des Transports, on devrait être en mesure d’identifier le propriétaire, à défaut de mettre sa photo et son identité à la disposition, pour que la traque des assassins et complices de 53 Camerounais se fasse avec le plus de célérité et d’efficacité possibles.

Le troisième vexant et intolérable fait est que ce camion Mercedes qui transportait clandestinement du carburant qui a calciné vivant des êtres humains, était accompagné, escorté par un gendarme et un douanier en fuite et non identifiés. Un gendarme et un douanier, est-ce qu’il y a erreur quelque part ? Cela signifie en clair qu’à la sortie de la ville de Dschang, le gendarme a dû dissuader ses collègues en tenue de vérifier l’état du véhicule, de contrôler le chauffeur tout comme le douanier en tenue a certainement opéré pour passer entre les mailles de la douane avec ce carburant de contrebande car il est difficile de croire que dans une station-service on puisse servir des bidons de carburant, même si on est conscient qu’au Cameroun, ce qui est impossible ailleurs l’est chez nous.

Une autre piste pour retrouver le gendarme et le douanier fugitifs se jouerait à la sortie vers de la ville vers Santchou. En ce qui concerne le bus, le gros porteur de 70 places, sur le Manifeste de passages, le Bordereau précisément, le Bus de Menoua Voyages est parti de Douala à 23 heures avec à bord 34 passagers identifiés, pour arriver à Santchou avec 82 passagers. En faisant une soustraction simple, il y avait au bas mot, 12 personnes en surcharge dans le bus. De Douala à Santchou, il n’avait donc aucun contrôle routier ? S’il a opéré des ramassages comme on le trivialement dans le secteur, il a traversé plusieurs contrôles avec cette situation inacceptable.

Qui sifflera la fin de la récréation des surcharges sauvages dans le transport camerounais ? Que ce soit le transport urbain ou interurbain, la surcharge est devenue la norme. En somme, l’hécatombe qui a eu lieu à Santchou, une de plus et de trop, est un accident meurtrière évitable. C’est la somme  nos errements, notre soif inextinguible de piétiner les moindres lois, des jouisseurs de passe-droit accomplis que nous sommes, qui a expédié dans l’au-delà au bout des tourments les plus indescriptibles par le feu, 53 de nos concitoyens qui ne demandaient qu’à vivre. 

Un gros risque de voyager par route au Cameroun

Les images sont insoutenables, elles soulèvent un haut le cœur en exposant des êtres humains pris au piège, qui calcinent sous les flammes nées de l’accident. Un film d’horreur grandeur nature, déconnecté de toute fiction, perpétré la nuit dernière aux environs de 3 heures 30 minutes. Cela commence à trop bien faire ces accidents dont la comptabilité des victimes se situe au-dessus de la demi-centaine à chaque coup. Il y a quelques semaines, dans la nuit du 26 au 27 décembre à Ndiki, étaient sacrifiés 50 Camerounais qui avaient pris place dans un car de Koutaba pour Yaoundé.

Emotion collective, cris d’orfraie et d’effroi, avec en prime ladescente des ministres de l’Admnistration territoriale, Paul Atanga Nji et des Transports, Jean Ernest NgalleBibehe. Dépêchés sur les lieux par Paul Biya, en dehors de la suspension de « Avenir Voyages » pour un mois, on se demande quelles autres résolutions ont été prises pour que jamais cela ne se répète sur les routes camerounaises. Le geste louable de magnanimité des pouvoirs publics a consisté à prendre en charge les blessés dans les unités de santé. Voici donc Santchou qui vient comme un gros défi lancé non seulement aux pouvoirs publics mais à tout un pays qui se complaît dans la violation des règles les plus rudimentaires.

Il est temps que les différents acteurs de la chaine de transport urbain et interurbain  fassent leur aggiornamento autour des états généraux sans complaisance dans leur secteur. Se déplacer au Cameroun est une véritable gageure. A l’intérieur de nos cités, sur nos routes nationales, les automobiles et les routes sont généralement usés par le temps. Les différents chantiers initiés sur les routes du Triangle de la Mort, Yaoundé-Douala-Bafoussam-Yaoundé, est perçue comme résiduel car le trafic est tellement dense qu’il faille migrer au plus tôt vers les voies autoroutières. Ce qui au demeurant ne semble pas une paire de manche facile pour les pouvoirs publics. L’exemple des autoroutes Yaoundé-Douala et Yaoundé –Nsiemalen, qui avancent poussivement montrent à quel point cette urgence est en situation.

Il y a lieu de sensibiliser les compagnies de transport et en partant, les usagers sur la tolérance zéro sur la question de surcharge. Il est question par exemple de rendre le port de ceinture de sécurité obligatoire, bon gré mal gré. On en est toujours à se demander ce qu’est devenu le projet de de construction du métro à Douala, comme à Lagos ou à Dakar. Le gouvernement camerounais, est certainement conscient qu’un autre front contre son peuple, aussi dangereux et létal que le sont Boko Haram dans l’Extrême-Nord, les séparatistes dans le Noso, la pandémie Covid-19, est la tuerie de masse sur les routes nationales. Il urge de lever une armée aguerrie, imperméable à la corruption, pour frapper sans faiblesse aucune, cette gangrène. Et ce ne sera que justice pour la Nation toute entière.

Léopold DASSI NDJDJOU

 

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