Non classé panorama 22 juin 2020 (0) (35)

Cameroun > Affaire Obama: La présomption d’innocence

Partager

Selon les médias du groupe pour lequel il travaillait, Ernert Obama est accusé de détournements de fonds, abus de confiance et autres par son employeur, Jean Pierre Amougou Belinga.

Le 18 juin 2020, Ernest Obama, ancien Directeur Général de la chaîne de télévision Vision 4, a été arrêté dans des circonstances qui choquent une partie de l’opinion qui dénonce l’humiliation qu’a subi le journaliste qu’on voit filmé en marchant sans chaussures au moment de son interpellation par des gendarmes, dans un compte rendu diffusé par Vision4.

L’affaire déchaîne les passions notamment sur les réseaux sociaux et a déjà poussé plusieurs défenseurs des droits de l’homme et même des acteurs politiques à réagir.
On observe surtout dans de nombreuses opinions émises, des tendances à la violation du principe de la présomption d’innocence d’une personne poursuivie par la justice. Cette violation est déjà perceptible chez des agents de maintien de l’ordre qui ont procédé à l’arrestation du journaliste.
Il convient d’indiquer que la violation du principe de la présomption d’innocence des personnes poursuivies par la justice au Cameroun est monnaie courante dans de nombreuses affaires au point de faire du respect de ce principe, l’exception et non la règle.
Et pourtant, la présomption d’innocence en matière pénale est un principe inscrit dans la plupart des grandes traditions juridiques du monde et consacré dans la déclaration universelle des droits de l’homme ratifiée par la quasi-totalité des Etats membres de l’Organisation des Nations Unies.


Ce principe signifie tout simplement qu’en matière pénale, toute personne poursuivie et soupçonnée d’avoir commis une infraction, est considérée comme innocente des faits qui lui sont reprochés, tant qu’elle n’a pas été déclarée coupable par la juridiction compétente au cours d’un procès équitable et impartial.
Cela veut dire qu’il n’appartient pas en premier lieu à la personne poursuivie de démontrer son innocence, mais d’abord à celui qui la poursuit d’apporter les preuves de sa culpabilité.
Le principe de la présomption d’innocence est contenu dans la constitution camerounaise ainsi que dans le code de procédure pénale.
Il est cependant regrettable de constater qu’il est régulièrement violé non seulement par la police, la gendarmerie, des magistrats, mais aussi par des citoyens ordinaires parmi lesquels des leaders d’opinion, pour qui une personne poursuivie est plutôt présumée coupable.


Le principe de la présomption d’innocence dans la conduite des procédures pénales a été universellement consacré pour rompre notamment avec les procès inquisitoriaux connus au moyen âge dans lesquels une personne poursuivie était considérée comme coupable depuis le début.
Avec l’évolution des droits de l’homme, il est admis dans de nombreuses législations pénales dont celle du Cameroun que le doute profite à l’accusé et qu’il vaut mieux laisser en liberté un coupable que de mettre en prison un innocent.

Eric Boniface Tchouakeu, Journaliste Éditorialiste, Conseiller éditorial de panorama papers.


Ce sont quelques conséquences positives du principe de la présomption d’innocence qui mérite encore d’être renforcé dans le contexte camerounais par l’adoption d’une loi pénalisant sa violation.
En tout cas, pour son propre intérêt, chaque citoyen indépendamment de son rang et sa position sociale, a le devoir de défendre ce principe et plus largement le respect des droits de l’homme et le bon fonctionnement de la justice ; car comme le dit l’adage populaire « chacun a son tour chez le coiffeur.»

Éric Boniface Tchoukeu


Partager

Leave a comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *