LA UNE Opinion Société panorama 26 juin 2020 (0) (46)

Cameroun > Affaire Obama: Un expert explique la lettre de Amougou Belinga

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Ce courrier a été qualifié par la majorité des internautes comme la preuve par neuf d’une justice camerounaise aux ordre.

Circule sur la toile une correspondance que l’on attribuerait selon toute invraisemblance au Groupe Anecdote et signée de la main de M. Jean Pierre Amougou Belinga, Pdg du groupe l’Anecdote . Ce document mérite d’être authentifié par ailleurs !!! En tout état de cause , en procédure pénale camerounaise, c’est un fait, l’action publique est exercée par le Ministère Public, de sorte que le désistement éventuel du plaignant ou de la partie civile n’a aucune incidence sur la continuité des poursuites sauf en ce qui concerne certaines infractions telles la diffamation , les injures…

C’est une maladresse quoiqu’il y aurait en toile de fond un élan de générosité et de solicitude de M. Jean Pierre Amougou Belinga à l’endroit de M. Ernest Obama qu’un plaignant enjoigne au Procureur Général, de surseoir à une mésure de détention provisoire alors qu’une telle initiative est souverainement de l’apanage de ce dernier.

Les infractions en cause dans l’affaire sus.référencée  ne sont point des infractions de nature à occasionner par exemple l’arrêt des poursuites du fait d’un désistement éventuel du plaignant ou la sollicitation par le plaignant du non placement en détention provisoire du suspect ou de l’inculpé suivant qu’il ait par exemple été présenté à un Juge d’instruction.

Il aurait été judicieux que le plaignant formula tout simplement à l’endroit de M. Le Procureur Général une doléance tendant à solliciter l’indulgence de ce dernier afin qu’il ne prenne pas une mesure de placement en détention provisoire, une telle demande c’est un fait a de fortes chances de se heurter à une fin de non recevoir si l’on s’en tient aux principes de procédure pénale.

Par contre , le suspect ou l’inculpé peut conformément au code de procédure pénale solliciter une liberté provisoire en fournissant les garanties de réprésentation exigées par ledit code. Le Procureur de la République peut mettre un terme à une mesure de garde à vue et ordonner la mise en liberté du suspect. Le Juge d’instruction peut donner main levée d’office de la mesure de détention provisoire sans que l’inculpé n’ait à fournir quelque garantie que ce soit. En matière criminelle cependant, le Procureur de la République est tenu de prendre un requisitoire introductif d’instance afin que s’ouvre une procédure d’information judiciaire.

Pour ne pas heurter l’indépendance et préserver l’image de la justice, le courrier ci-dessus mérite d’être reécrit afin de permettre à sa Majesté Jean Pierre

Me. Siméon Wachou, Expert Criminel de Justice.

Amougou Belinga d’exprimer sa générosité et solicitude à l’endroit de M. Ernest Obama.

Ce dossier pose par ailleurs l’épineux problème de la Médiation Pénale. C’est une technique, une approche qui fait obstacle à la mise en branle de l’action publique pour certains types d’infractions. La médiation pénale a-t-elle été mise en oeuvre dans le cas de l’espèce??? That’s the question.


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