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Cameroun > Affaire Paul Chouta: Déjà 17 renvois en 17 mois de détention

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Attendu, hier (jeudi, 1er octobre 2020) au Tribunal de première instance du centre administratif de Yaoundé, le web journaliste n’a pas été extrait de la prison.

C’est la deuxième fois consécutive et au moins la sixième fois depuis qu’il est en détention que Paul Chouta n’est pas conduit de la prison principale de Yaoundé pour le tribunal de première instance de Yaoundé centre administratif afin de prendre part à l’audience dans l’affaire qui l’oppose à Calixthe Beyala. La dernière fois qu’il devait s’y rendre était le 3 septembre 2020. Mais il n’a pas été extrait de son pénitencier pour le tribunal faute de non délivrance du mandat d’extraction par le parquet. La dernière fois, la raison qui avait été évoquée est qu’on permettait au nouveau procureur et à la nouvelle juge à qui l’affaire a été confiée de prendre connaissance du dossier. Ce 1er octobre 2020, à la grande surprise de tous, il était absent à l’audience toujours faute du mandat d’extraction. La raison avancée ce jour, c’est qu’il y a eu une nouvelle répartition des audiences. Toute chose qui fait que son dossier a quitté le bureau de cette nouvelle juge pour un autre juge. Ainsi cette situation a mis, de facto, le dossier en suspens en attendant que ce juge enrôle, de nouveau, l’affaire.

Ça fait exactement 17 mois que le web journaliste est en détention provisoire à la prison principale de Yaoundé pour une affaire dite en flagrant délit suite à une plainte de l’écrivain Franco-camerounaise Calixthe Beyala pour diffamation, injure et propagation de fausses nouvelles.

Arrêté le 28 mai 2019, Chouta attend toujours être jugé. Son affaire a déjà connu 16 renvois et 3 différents juges. Le 22 juillet 2020, le tout premier juge, qui suivait ce le dossier, a rejeté les preuves apportées par la plaignante via son avocat pour défaut d’authentification. La partie civile avait donc sollicité qu’on leur donne du temps pour aller chercher les preuves authentiques. Ce qui leur avait été accordé même comme le prévenu est détenu sur la base de ces preuves rejetées. Suite au dernier mouvement orchestré dans le corps de la magistrature, ce juge a été affecté et le 26 août 2020, il a été récusé par l’une des parties. C’est ainsi qu’on a confié le dossier à une juge qui n’a pas été affectée. L’affaire a donc été renvoyée au 3 septembre 2020. Ce jour, la nouvelle juge a, de nouveau, renvoyé l’audience à cette date du 1er septembre 2020. Ce 1er octobre, l’on apprend qu’il y a eu une réparation des audiences et que le dossier a été confié à un autre juge qui n’a pas encore enrôlé l’affaire.

Ces réalités font, à coup sûr, de l’affaire Paul Chouta l’une des affaires les plus rocambolesques en flagrant délit qu’on a jamais vue en matière correctionnelle. Sinon, comment comprendre que pendant 17 mois l’on peine à juger quelqu’un qu’on dit avoir pris en flagrant délit de l’infraction qui lui est reprochée? Affaire à suivre!

SAB


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