LA UNE Opinion Politique panorama 27 mai 2020 (0) (416)

Cameroun > Alternance: Charlotte Dipanda donne du travail aux poltrons oisifs

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La sortie publique de L’artiste-musicienne, Charlotte Dipanda, sur l’alternance à la tête de l’Etat défraie la chronique et entremêle bien de réactions favorables et défavorables.

Pour L’artiste-musicienne camerounaise, “il est temps qu’on nous propose autre chose, il est temps que le Cameroun se développe parce que quand il n’y a pas alternance, il n’y a pas vraiment de développement possible. Cette position de l’artiste a tellement suscité de réactions controversées que d’aucuns s’attaquent à sa vie privée.

Depuis ces derniers jours, ça jazze au sein de l’opinion publique camerounaise entre les pourfendeurs et les laudateurs de Charlotte Dipanda. Des polémistes purs et durs passent le plus clair du temps à flinguer l’artiste-musicienne sous prétexte qu’elle a tenu un propos qui ne rencontre guère leur assentiment. Le fait, pour C. Dipanda, d’avoir pris position et d’avoir défendu la thèse suivant laquelle il est aujourd’hui temps, pour le Cameroun, de proposer autre chose en terme de scénario de l’alternance a suscité des réactions épidermiques visant à jeter l’opprobre sur cette dernière. Les tontons flingueurs de la pire espèce, passés maître dans l’art de stigmatiser négativement, ont, d’ailleurs, mis sous le boisseau le vrai débat et ont attaqué la vie privée de C. Dipanda.

Pourtant, le débat lancé par cette dernière, qui est, de surcroît, un vieux débat dans l’espace public, traite de la problématique de l’alternance à la tête de l’Etat. Depuis quand est-il interdit à un citoyen donné de livrer son point de vue sur la marche des affaires de la république ? Depuis quand est-il défendu à une artiste ou à une star de se prononcer sur les problèmes cruciaux qui concernent la vie de la nation? C. Dipanda, en tant que figure de la scène publique, est une artiste à la notoriété établie et une compatriote qui est libre de tout engagement dans le débat public sur une ou des questions sensibles de la nation. Sa position publique est autant importante que celle d’un leader de parti politique, d’un élu local ou d’un haut cadre d’une administration donnée. L’artiste-musicienne exprime une opinion qui est sienne, mais qui n’est pas forcément la même partagée par tous.

Incontestablement, des ferus et mordus de l’opposition camerounaise raffolent de telles prises de position de Dipanda tant elle a donné un coup de pied dans la fourmilière, en révélant tout haut ce que des fourbes pensent sous cape. Des pourfendeurs, qui la vouent aux gémonies appréhendent l’alternance comme un fait tabou et s’obstinent à ne deviser que sur la scénarisation de la pérennisation du prince au pouvoir. Poser donc le débat public de l’alternance choque, offusque et importune les thuriféraires du régime décadent qui occultent le talent de l’artiste et jettent le discrédit sur elle.

Serge Aimé Bikoi. Journaliste sociologue. Rédacteur en chef à Panorama papers. Journaliste du développement.

Charlotte n’est, pourtant,

pas la seule à penser à ce type de réflexion sur l’alternance au pouvoir. Richard Bona, Longue Longue, Valsero, One love, entre autres, sont des figures de la scène publique camerounaise qui, chaque fois, montent au créneau et donnent leur position sur des sujets sensibles de la république sans que cela n’émeuve bien de pourfendeurs et de laudateurs. Il est donc important que chaque acteur social apprenne à transcender ses émotions, ses affects, ses pulsions, ainsi que ses passions au profit de la raison, guide de la réflexion sur tous les sujets de la république.


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