Afrique LA UNE Société panorama 2 août 2020 (0) (60)

Cameroun > Année scolaire 20/21: Comment rendre le livre scolaire obligatoire ?

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Le Syndicat national des libraires et papetiers du Cameroun (Synalipac) a convié les acteurs de la chaîne du livre le 29 juillet dernier à Yaoundé pour réfléchir sur la question. Editeurs, distributeurs et libraires étaient au rendez-vous. 

Saisir le Premier ministre, initiateur du livre unique pour que le livre devienne obligatoire pour tout élève car le prix a considérablement baissé. De ce fait, il est est à la portée de la bourse de tous les Camerounais”,

ainsi retient-on, entre autres, des grandes décisions prises à l’issue de cette deuxième rencontre du genre depuis la lancement de la politique du livre unique le 27 novembre 2017.

Déjà, dans son mot de bienvenue, Apollinaire Ngassa, le président du Synalipac, indiquait que “depuis la réforme du livre scolaire, il est évident que tous les acteurs sont aux abois à cause de la chute drastique de leurs différents chiffres d’affaires”. Dans la foulée, il précisait qu’il sera question tout au long de cette rencontre de rechercher le meilleur modus operandi qui doit désormais régir l’interprofession du livre scolaire. Il émettait par ailleurs le vœu qu’il soit jeté à la fin de la rencontre “les bases d’une véritable interrelation non seulement pour la survie de la filière mais surtout pour son rayonnement”. On peut dans ce sens retenir la vente exclusive des livres aux seuls libraires syndiqués, l’intensification de la lutte contre la piraterie ou les livres contrefaits, la conduite du lobbying auprès des établissements scolaires pour que chaque élève ait un livre, entre autres. Pour ce faire, il est question de “rappeler la place de chaque maillon de la chaîne pour la survie de de cette filière”. Seule une synergie d’ensemble, a rappelé le président de Synalipac, peut permettre d’exercer de manière sereine les activités des uns et des autres. Déjà, le défi immédiat est de rendre le livre scolaire disponible dans toutes les librairies du territoire national pour la prochaine rentrée scolaire.
Léopold DASSI NDJIDJOU

Réactions

Apollinaire Ngassa, président de Synalipac, libraire.
” Le problème de prélèvement de précompte sur achat “
” Le but de la rencontre est de créer une synergie de la chaîne du livre, c’est-à-dire que les libraires, les distributeurs et les éditeurs s’entendent pour porter leur doléance au niveau des pouvoirs publics. Nous avons suffisamment de problèmes depuis l’avènement du livre unique. Le chiffre d’affaire baisse parce que le prix du livre ayant chuté, on constate curieusement que les parents ne courent pas vers les libraires pour en acheter. Nous souhaitons des pouvoirs publics que le livre scolaire soit obligatoire. On ne comprend pas qu’un parent paye une pension scolaire de 100. 000 Fcfa à l’école primaire et n’arrive pas à acheter les livres de 10.200 Fcfa à son enfant. Par ailleurs la Covid-19 a plombé notre activité du fait de la fermeture des écoles et aussi, il y a l’épineux problème du prélèvement de précompte sur achat qui réduit considérablement le gain du libraire qui peine à supporter les charges courantes.”

Arthur Pango, directeur des éditions Afrédit.
“Rendre le livre obligatoire à l’école”
” Nous sommes-là pour harmoniser nos efforts pour que les les résultats attendus du livre unique soient efficients. On fait une évaluation de l’implication du rôle des uns et des autres au cours des deux précédentes années afin d’identifier où chacun des acteurs n’a pas été à la hauteur. L’absence d’une véritable coordination entre les différents acteurs de la chaîne est un vrai problème. Au cours de cette rencontre, nous allons aussi évaluer cette politique du livre unique. Il faut se demander avec lucidité ce qui n’a pas marché.  Ensuite, trouver les raisons du dysfonctionnement. A ce niveau, on se rendra vite compte du maillon de la chaîne qui fait problème. On peut rapidement faire le constat que malgré la baisse des prix des livres, on constate qu’il n’y a pas une augmentation du volume des livres vendus. Je pense que l’État doit trouver les moyens pour inciter les parents  à acheter le livre. Je ne voulais pas employer le terme obligatoire, mais c’est exactement cela. Par ailleurs, la nouvelle approche pédagogique rend l’apprenant acteur de sa propre formation. Cela signifie qu’il a obligatoirement besoin du livre scolaire. “

Rogers Nforgwei, Pdg de l’édition Nmi éducation
“Nous avons baissé les prix mais les achats n’ont pas suivi”
“Quand la politique du livre unique a été mise en place, on a pensé que les choses allaient changer. Mais à dire vrai, il est temps qu’on fasse une évaluation du livre unique pour voir ce qui a marché et ce qui n’a pas marché. Quels étaient les objectifs de départ? Qu’est-ce qu’on attendait de chaque acteur du livre? Quels sont les intérêts de chacun? Ceci parce que dans une politique intégrée ou intégrale, nous voulons nous assurer que chacun ait atteint des objectifs. Après deux ans, il est temps qu’on s’assèye pour mesurer le chemin parcouru. Si je peux faire une évaluation précoce, il y a qu’au niveau des éditeurs, nous avons baissé les prix, nous avons augmenté les tirages, mais les achats des livres n’ont pas suivi. Nous avons donc un stock important de livres dans les magasins”.

Joseph Nkwanyuo Eno-goh, président de l’association national des éditeurs du Cameroun (Anelcam)
“Que les prix fixés par l’État soient respectés”
” Nous sommes-là aujourd’hui pour la préparation de l’année scolaire 2020-2021. Comment faire pour que le livre scolaire soit disponible sur le marché ? On travaille en synergie pour cela. Que les prix fixés par l’État soient respectés. La Covid-19 est venue perturber le fonctionnement normal de la chaîne du livre”.
Propos recueillis par L.D.N.


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