LA UNE Opinion Politique panorama 21 septembre 2020 (0) (148)

Cameroun > Appels aux manifestations anti-régime: Les acteurs politiques face au destin du pays

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Le 22 septembre 2020 sera-t-il un jour ordinaire ou extraordinaire au Cameroun ? Difficile pour le moment de répondre de manière péremptoire à cette interrogation.

Des groupes d’opposition réunis au tour du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (Mrc) qui pour la circonstance ont pris la dénomination : Forces pour le Changement, la Paix et la Démocratie au Cameroun appellent les citoyens à descendre dans la rue pour réclamer le départ du pouvoir de l’actuel Chef de l’Etat, Paul Biya,87 ans, qui dirige le pays depuis le 06 novembre 1982,et pourtant réélu une nouvelle fois pour un mandat de sept(07) ans avec 71% des voix à la présidentielle du 07 octobre 2018,selon les chiffres officiels publiés par le Conseil Constitutionnel.

Maurice Kamto, leader du MRC, arrivé 02ème à cette élection avec 14 % des suffrages, n’a jamais reconnu sa défaite. Il affirme même avoir remporté l’élection. C’est probablement à ce niveau que se trouve l’une des causes lointaines des appels à manifester contre le régime dont son mouvement est le principal initiateur.
Cependant, deux(02) raisons sont avancées par les protestataires pour justifier leur démarche. Ils demandent aux Camerounais de descendre massivement dans la rue pour dénoncer pacifiquement: le

non respect de la constitution par la conduite de la guerre civile dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest dans le cadre d’une crise qui peut et doit être résolue politiquement et donc pacifiquement”

et pour

violation permanente du droit de chaque citoyen Camerounais de voter et d’être élu au cours d’élections périodiques honnêtes…assurant l’expression libre de la volonté des électeurs par le refus systématique d’une réforme consensuelle d’un système électoral inique .

Maurice Kamto et ses alliés affirment adosser leurs futures actions sur la constitution du 18 janvier 1996 qui garantit la liberté de manifester dans son préambule.

En face, les partisans du pouvoir lui opposent la loi du 19 décembre 1990 qui encadre le régime des réunions et des manifestations publiques et qui donne le droit à l’autorité administrative d’interdire une réunion ou une manifestation projetée si elle est de nature à troubler l’ordre public.

Pour le gouvernement en tout cas,

Aucune manifestation ne saurait être considérée comme pacifique lorsque le but déclaré en est le lancement d’un mouvement insurrectionnel et le renversement d’institutions républicaines démocratiquement élues.”

Le Secrétaire national à la communication du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (Rdpc) au pouvoir, le Ministre d’Etat Jacques Fame Ndongo va dans le même sens en se demandant dans l’une de ses récentes publications sur cette actualité :

Pourquoi marcher pour conquérir le pouvoir alors que dans toutes les facultés de droit du monde, les professeurs enseignent que la vraie démocratie sociale procède des urnes et non pas des raccourcis anti-démocratiques?”

Eric Boniface Tchoukeu, Chef de Chaîne Rts. Conseiller editorial et Founding father Panorama papers

Des débats juridiques et politiques que l’annonce des manifestations du 22 septembre ont entraîné n’ont pas jusqu’à présent permis aux différentes parties et protagonistes du bras de fer qui se dessine, de se comprendre pour s’entendre sur un minimum de choses puisque chacun reste camper sur ses positions.
Et pourtant, il faut de par et d’autre qu’on fasse preuve de sagesse afin de ne pas multiplier ou amplifier des crises dans le pays.

Éric Boniface Tchoukeu


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