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Cameroun > Assemblée nationale: Le Reje mène le plaidoyer pour le patriotisme économique

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Le Réseau des parlementaires « Espérance jeunesse » pour la promotion des politiques et actions en faveur de la jeunesse et de l’enfance(Reje), l’a organisé en une journée hier au Palais des congrès sous la coordination de Joshua Osih. Une cérémonie courue.

« Consommer ce que nous ne produisons pas et produire ce que nous ne consommons pas », voilà de quelle manière Paul Biya traduisait le déséquilibre de la balance commerciale du Cameroun au Comice d’Ebolowa en 2011. Et ce n’est pas une vue de l’esprit car les chiffres communiqués par le ministre du Commerce hier à l’entame de ce forum d’informations et d’échanges, donnent froid au dos. Tenez ! Les importations du riz ont coûté 508,5 milliards à notre économie sur le triennal 2015-2017. Les poissons et les crustacés se chiffrent à 448 milliards de Fcfa sur la même période. Le blé et autres froments sont évalués à 296, 6 milliards de Fcfa dans la même fourchette de temps. Les produits pharmaceutiques s’élèvent pendant à 372 milliards. La friperie, n’est pas en reste et d’évalue à 126 milliards. Les parfums et produits de beauté montent à 114 milliards. Voilà brossé un pan sombre du tableau de nos importations. Si le Cameroun tient à son émergence en 2035, il devient un impératif d’inverser cette tendance. On se pose déjà des questions quand on sait qu’il y a bientôt dix ans, le numéro un camerounais en faisait un problème national. « L’insuffisance de certaines productions comme le riz, le maïs, le sucre, le poisson, nous oblige à en importer d’importantes quantités, ce qui déséquilibre gravement notre commerce extérieur. Or, nous pourrions sans difficultés, produire davantage de ces denrées ou leur substituer des produits locaux, comme le plantain, le manioc ou d’autres tubercules. Pour les céréales, il est clair que nous devrions en produire beaucoup plus pour éviter d’avoir à en importer. Nous devons absolument nous libérer de cette dépendance. L’Afrique ne doit plus importer pour manger », martelait Paul Biya au Comice agropastoral en 2011 comme l’a si judicieusement rappelé hier Magloire Mbarga Atangana. Il a aussi précisé hier que le 6 novembre 2018, dans son discours de prestation de serment à l’Assemblée nationale, Paul Biya déclarait que les règles qui régissaient la mondialisation des échanges depuis plusieurs décennies sont remises en cause. Il rappelait à ses concitoyens que les tendances au protectionnisme voir à l’isolationnisme, gagnent du terrain. « Il y a là, les risques clairs d’un effet déstabilisateur pour de nombreux pays en particulier ceux en développement comme le nôtre. Dans ce contexte, il me semble opportun de m’attacher à développer les secteurs de notre économie qui pourront réduire sensiblement nos importations de biens et services. Cette politique permettra davantage de rééquilibrer notre balance commerciale chroniquement déficitaire », avait insisté le chef de l’Etat. Bien avant, le Vice-président de l’Assemblée nationale, Philippe Baoro, représentant Cavaye Yeguie Djibril avait déjà rappelé qu’aucun pays du monde ne s’était développé en important en important ce qu’il mangeait.
Une cérémonie courue du made in Cameroon
Au banc du gouvernement, on pouvait recenser le ministre du Travail, le ministre des Transports ; le ministre des Finances ; le ministre du Commerce ; le ministre des Petites et moyennes entreprises ; le ministre des Postes et télécommunication ; le ministre de l’Emploi et de de la formation professionnelle ; le ministre de l’Élevage, des pêches et des industries animales ; le ministre de l’Agriculture et du développement rural ; le ministre des Mines, de l’industrie et du développement technologique ; le ministre de la Jeunesse et l’éducation civique. Une brochette des membres du Gouvernement qui traduit selon Joshua Osih de l’importance de la question. « Votre présence traduit à suffisance l’importance que vous accordez à l’emploi-jeunes et du « Made in Cameroun », a-t-il lancé dans son discours de bienvenue. Une kyrielle d’allocutions. D’abord Joshua Osih, suivra le ministre des Mines, de l’industrie et du développement technologique (Minmidt), le Ministre du commerce, le ministre de la jeunesse et de l’éducation civique et le vice-président de l’Assemblée nationale. Cet aéropage de personnalité traduit de toute évidence la volonté du Reje de donner du sens et de la dimension à son plaidoyer au niveau national. Magloire Mbarga Atangana a par ailleurs tenu à informer le public qu’il existe bel et bien des filières où le Cameroun n’importe pas du tout.
En l’occurrence, la filière avicole, tout le poulet consommé au Cameroun est désormais produit localement. La filière oléagineuse et produits dérivés. Des huiles de table dans nos marchés relève pour l’essentiel de la production locale. Avec une capacité installée supérieure à la consommation domestique ouvrant la voie ainsi à l’exportation. Il est en de même du produit dérivé qu’est le savon du Cameroun très apprécié et particulièrement recherché dans la Sous-région. La filière des eaux minérale et des boissons hygiéniques. Grâce à une production nationale abondante et à une compétition féroce qui s’est installé dans ce secteur. On n’a plus besoin d’importer les eaux minérales. La filière ciment. Le pays compte au moins 5 cimenteries opérationnelles capables de fournir tout type de ciment avec une capacité installée supérieure à la demande locale. « Travailler à satisfaire le triptyque disponibilité, accessibilité et attractivité », tels sont les trois concepts que les entrepreneurs camerounais doivent respecter par conquérir et garder le marché face à la concurrence, a estimé le ministre du Commerce. « Nous avons 267 jeunes entrepreneurs qui ont besoin qu’on les valorise, qui ont besoin de sentir écouté, et ils ont fait une exposition que nous allons visiter, ils viennent des dix régions du pays. Un moment de découvrir tout le savoir-faire de notre pays. Ce sera pour nous l’occasion de nouer des partenariats. Qu’on cesse d’acheter le riz chinois, et d’acheter le riz de Santchou, de Yagoua, de Ndop, est dix fois meilleur. C’est la raison même de tous ceux qui exposent là dehors, ils ont tous votre soutien », a proclamé Joshua Osih.
Léopold DASSI NDJIDJOU
Réactions
Joshua Osih, président du Reje
« Il faut le déclic des comportements »
« C’est une journée sur le patriotisme économique qui est indispensable pour la survie d’une économie. Jusqu’à présent, je pense que tous, nous sommes un peu coupables de ce que nous avons négligé l’importance de cet aspect et aujourd’hui, la Covid-19 nous offre une opportunité pour revenir sur les fondements même de l’économie, c’est-à-dire la balance commerciale. Il faut nous imposer de consommer ce que nous produisons et produire d’une certaine façon aussi ce que nous consommons. Ce patriotisme économique, au delà de la consommation, va même dans le contenu local, c’est-à-dire qu’il faut qu’on donne une place de choix à tout ce qui est fait au Cameroun, à toute la valeur ajoutée camerounaise, dans la commande publique et aussi dans nos comportements. Il faut le déclic des comportements et c’est pour cela qu’il était important de commencer avec les parlementaires et ensuite nous allons continuer ce plaidoyer. Nous sommes en début de mandat, et notre souhait au niveau de Reje est de démarrer de cette façon ce mandat, pour que pendant les quatre années qui nous restent que tous les députés soient de véritables ambassadeurs de ce problème ».
L.D.N.


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