Cameroun > Bafoussam: La voirie à vau-l’eau

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La cité capitale de la région de l’Ouest a mal à sa voirie. Un parcours de combattant, le fait de circuler sur des routes en chantier à l’abandon, en plein cooeur de la ville.

La saison des pluies apporte son zeste de souffrance.
Ce mercredi 16 septembre 2020, il pleut des cordes sur la ville. Les eaux non canalisées se déferlent dans un capharnaüm indescriptible.

Les rues, ou tout simplement ce qui tient lieu, sont noyées dans des eaux couleur rouge sang qui charrient la boue. Le côté malfaisant de la chose est que c’est au centre de la ville que la voirie se livre ainsi en spectacle. Carrefour Maquisards, lieu où convergent les bretelles feu-rouge Djeleng 3, carrefour Total, palais de justice ( sur un sens ici), les eaux obligées de se frayer un chemin, ont creusé sur la chaussée de grands sillons où slaloment les voitures et les motos.

Des bancs de graviers sinistrement noirs, tels des tranchants d’un glaive souterrain finissent de donner une ambiance d’outre-tombe à ces rues au cœur de la ville. Au carrefour Total, noyé dans son désordre fait de monticules de graviers et de nid d’éléphants, la circulation est des plus éprouvantes, émaillée des grincements de pneus de véhicules qui gémissement dans les pièges, des trous remplis d’eau en pleine chaussée.

De là, pour arriver au carrefour de l’Auberge, un autre haut-lieu qui met les nerfs des automobilistes à rude épreuve, c’est une véritable gageure. C’est dans un concert de froissement de bruit de tôle des voitures , étouffé par le plouf des vehicules qui tombent à l’improviste dans des trous couverts d’eau, que le périple se poursuit.

Toujours au carrefour de l’auberge, situé sur une pente, de gros graviers qui ont résisté à la furie des eaux, dressent pernitieusement leurs tranchants, telles des lames pour éventrer quelque roue en mal de résistance. Ce sinistre schéma peut être peint en maints endroits de la ville où les techniciens chinois en charge de la construction des routes ont été exilés dans leur pays par le maléfique Covid-19. 

Le royaume du délestage

L’autre mal de la ville de Bafoussam est l’éclairage public. Au moment où la “ville des martyrs” fait sa mue et sa toilette pour accueillir le monde entier au sommet du  football africain, la lumière s’est éteinte dans les ténèbres de la nuit comme si elle se révoltait à luire sur cette cité rebelle parée de ses plus beaux atouts. Bafoussam n’est pas éclairée, elle croupit dans le noir à son entrée comme à sa sortie.

Que ce soit à son entrée du côté de Dschang et Bamenda, de Doua!a et Yaoundé, de Foumban, c’est le black-out total. Et précisément, l’axe Carrefour Total jusqu’à stade omnisport de Bafoussam à Kuekong, livre un spectacle désolant la nuit. On peut bien taire l’urgence de l’agrandissement de la route de la sortie de la ville jusqu’au stade. Plus qu’un an et trois mois et ce sera la Coupe d’Afrique des Nations de football (Can).

L’autre plaie de le ville qu’il va falloir cautériser au plus tôt, est la gangrène du délestage de l’énergie électrique. A défaut de l’éclairage acceptable des voies publiques, c’est maintenant dans les ménages que l’offre de l’énergie se mue en un véritablecasse-tête. Ainsi se présente Bafoussam dans toute sa fraîcheur ou toute sa froideur, c’est selon, à l’approche de cette grand-messe du football continental.

Quid des incivilités des usagers de la route où chacun n’en fait qu’a tête, défiant toutes les règles de convenance en matière de circulation routière. Un grand paris qui pèse sur l’honorabilité du maire de la Ville, tenu de remplir le cahier de charges de sa cité avant le kick-off de la compétition. Et là, ce n’est pas une mince affaire du moment où plusieurs acteurs impliqués dans les travaux publics  qui échappent à son contrôle sont en lice. 
Léopold DASSI NDJIDJOU, À Bafoussam


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