LA UNE Opinion Société panorama 31 août 2020 (0) (156)

Cameroun > cauchemar ou punition: Les hauts fonctionnaires et la peur de la retraite

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En théorie au terme du mois d’août 2020, plusieurs hauts fonctionnaires de l’Administration territoriale dont des Préfets et des Sous-Préfets, devraient être admis à faire valoir leurs droits à la retraite.

Ces derniers pour la plupart avaient déjà atteint l’âge normal de départ à la retraite et ont bénéficié d’une prorogation d’activités pour continuer à exercer leurs fonctions.
Comme eux, de nombreux hauts fonctionnaires proches de la cessation d’activités avec leur employeur qu’est l’Etat du Cameroun, s’activent généralement en coulisse à travers un lobbying intense, pour obtenir autant que possible des prorogations au près du Président de la République, seule personne légalement habilitée à le faire par décret, conformément aux dispositions du statut général de la fonction publique ou des différents statuts particuliers et spéciaux.

Cette possibilité offerte par la loi au Président de la République pour maintenir en activité des agents de l’Etat en dépit de leurs âges “avancés”, pousse certains qui exercent au sommet, à croire qu’ils peuvent en bénéficier à souhait.
Il est aussi vrai en pratique que le décret présidentiel de prorogation d’activités avec l’Etat arrive parfois pour régulariser une situation de fait qui a longtemps perduré.
Et pourtant dans la circulaire N° 004 /CAB/PM du 12 novembre 2015 relative à la cessation de service des agents publics admis à faire valoir leurs droits à la retraite, adressée aux membres du Gouvernement, le Premier Ministre constate pour le déplorer notamment que :

Les règles régissant l’admission des agents publics à la retraite ne sont plus systématiquement observées dans certaines administrations et lorsqu’elles le sont, font l’objet d’une application différenciée et discriminatoire.”


A cet égard poursuit-il :

Toutes les manœuvres et tous les artifices visant à retarder l’effectivité de l’admission à la retraite d’un agent public ou à prolonger irrégulièrement le lien fonctionnel qui l’unit au service public, sont autant de transgressions de la directive permanente du Président de la République contenue dans l’Instruction générale N° 002 du 04 juin 1998 relative à l’organisation du travail gouvernemental, en vertu de laquelle ; les Ministres doivent veiller à ce que les fonctionnaires placées sous leur autorité et admis à faire valoir leurs droits à la retraite, libèrent effectivement à temps le service et soient, lorsqu’ils exercent des fonctions de responsabilité, remplacés par leurs collaborateurs appelés réglementairement à assurer à assurer l’intérim”

Bien plus insiste le Chef du Gouvernement :

La présence au sein de l’appareil de l’Etat de personnes aux liens juridiques incertains avec l’administration, induit un risque non négligeable pour les pouvoirs publics, quant à la validité juridique des actes qu’elles posent .Leur cohabitation avec des agents publics en situation régulière étant par ailleurs source de tension et génératrice de démotivation.”

Il souligne que

L’agent public, même nommé à un poste de responsabilité, reste et demeure soumis à l’application des règles générales en matière d’admission à la retraite. Il appartient au Chef de département ministériel, dans ce cas de figure, de soumettre des propositions pour la désignation d’un nouveau responsable et, en attendant l’aboutissement desdites propositions, de procéder à la désignation par note de service, d’un responsable chargé d’assurer l’intérim du poste devenu vacant.”

En tout état de cause, la nomination effective d’un remplaçant ne saurait être un préalable à la cessation de service du titulaire du poste ayant atteint la limite d’âge”,

Conclut le Premier Ministre.

En dépit de la clarté de cette circulaire du Chef du Gouvernement, on assiste encore en pratique à des résistances souvent orchestrées par ceux là même qui doivent la mettre en œuvre et qui sont aussi les premiers visés.
Ils ne sont généralement pas prêts à abandonner des avantages légaux et surtout indus qu’ils se sont octroyés du fait de leurs positions dans l’administration publique, au point de vouloir faire croire qu’ils sont indispensables.

Sauf que, le jour où ils ne sont plus là, l’Etat et son administration n’arrêtent pas de fonctionner.

Éric Boniface Tchoukeu, Journaliste éditorialiste. Chef de Chaîne Radio Siantou. Conseiller Editorial et founding father panorama papers

Dans un pays dans lequel de nombreux jeunes sont en quête d’emploi et où, ceux qui ont eu la chance d’en avoir dans la fonction publique aspirent légitimement à servir l’Etat aux postes les plus élevés, on ne devrait même plus proroger l’activité des agents normalement admis à faire valoir leurs droits à la retraite.
Ils peuvent faire prévaloir leur talent et leur expérience dans le privé en devenant par exemple les créateurs de richesse et autres employeurs. Même comme on devrait pas perdre de vue que tous ces fonctionnaires essayent d’imiter leur chef suprême, au pouvoir depuis bientot 40 ans. Et donc l’adage “le poisson pourri par la tête”.

Éric Boniface Tchoukeu


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