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Cameroun > Chronique sociale: Réouverture des bars: Des lobbies économiques derrière la sale décision

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La mesure relative à la réouverture des bars, snack-bars et autres établissements de loisirs continue d’alimenter la controverse au sein de l’opinion publique. L’Etat camerounais garde les écoles fermées, annule les festivités du 1er et du 20 mai, mais autorise la réouverture des débits de boissons, où l’on note un regain de l’indiscipline des Camerounais.

Réellement, que peut-on attendre d’un individu englué dans un état d’ébriété avancé tel que l’on en trouve, très souvent, dans les îlots de plaisir et de loisir ? Assurément pas qu’il veille à observer, scrupuleusemement, une distanciation sociale avec ceux qui l’entourent. Ou même qu’il s’assure que la serveuse qui lui présente une bouteille de bière a pris le soin de se laver les mains au premier abord ou de s’appliquer le gel hydroalcoolique. Le week-end dernier, la décision de la réouverture des bars et snack-bars a permis de se rendre compte des frasques des consommateurs prêtant, pour ainsi dire, le flanc à des risques de contamination massive. Les établissements de loisir ont été investis par des milliers de consommateurs de produits brassicoles, dont la plupart n’a guère respecté les mesures barrières, en l’occurrence le port obligatoire du masque et la distanciation sociale.

En dehors du dispositif de lavage ou de désinfection des mains que l’on pouvait apercevoir devant certains bars-dancings, très peu de tenanciers de débits de boissons ont pris des dispositions pour faire appliquer les mesures barrières. Des acteurs sociaux sont unanimes sur le fait que autoriser la réouverture des boites de nuit et d’autres lieux de loisir au-delà de 18h est suicidaire. Pour une raison au moins, c’est que si les populations ne sont pas déjà assez disciplinées en ce qui concerne le respect des mesures barrières quand elles sont lucides, ce n’est pas quand elles seront dans un état éthylique avancé dans les snack-bars qu’elles vont l’être. D’où les écueils de la contamination à grande échelle. L’on se pose la question de savoir quelle est la logique qui régule les mesures gouvernementales. A qui profite la réouverture des bars au-delà de 18h?

Sans conteste, la réouverture des lieux de loisir en nocturne favorise l’écoulement des produits brassicoles, des liqueurs et des vins importés. En maintenant cette mesure, les propriétaires des boîtes de nuit, snack-bars et restaurants ont-ils la possibilité de se reconvertir dans d’autres activités ? Oui! Les brasseurs, les importateurs des vins et liqueurs peuvent-ils écouler autrement leurs produits et marchandises au même rythme?

Serge Aimé Bikoi. Journaliste sociologue. Rédacteur en chef à Panorama papers. Journaliste du développement.

Pas sûr ! De là à conclure que c’est à ces derniers que profite que la levée des restrictions gouvernementales. Ce gouvernement a, sans scrupule, sacrifié la santé des populations sur l’autel des intérêts économiques des lobbies brassicoles. Une publication d’un internaute sur les réseaux sociaux relève que la grande peste de Marseille est un avertissement aux gouvernements de ne jamais accorder la priorité à l’économie avant les vies humaines et la santé publique. Cela peut être une erreur fatale et très préjudiciable. Nous pouvons toujours reconstruire l’économie. Mais, nous ne pouvons jamais ressusciter les morts. A bon entendeur…


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