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Cameroun > Clarification : Achille Mbembe confirme que son passeport est périmé

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Dans sa tribune, l’enseignant révèle qu’il j’aurais été contraint de changer de nationalité, si le Président Macky Sall ne lui avait pas octroyé un passeport diplomatique sénégalais.

Je suis désolé de vous agacer. Beaucoup d’entre vous savent que de nombreux citoyens camerounais éprouvent d’énormes difficultés à renouveler leurs documents d’identification. C’est le cas du passeport, mais aussi de la carte nationale d’identité. J’en fais partie. Pendant longtemps, je ne m’en suis jamais plaint publiquement. Depuis un moment, j’ai décidé de le faire savoir,” écrit Achille Mbembe.

L’enseignant relève que le Professeur Jacques Fame Ndongo vient de se prononcer sur son cas et la base d’informations manifestement partielles. Ses explications en réalité une apologie peu convaincante du gouvernement, ne sont donc pas d’une grande utilité.

Le Professeur livre des détails au sujet du passeport établi en 2018 et qui, à peine un an plus tard, c’est-à-dire en 2019, ne dispose plus d’aucune page libre et ne sert donc strictement à rien. Il s’agit donc d’un passeport objectivement périmé. Le fait est qu’après avoir attendu, des mois durant, qu’il soit délivré au Consulat du Cameroun à Pretoria comme de coutume, j’avais été obligé de prendre l’avion à mes propres frais et de me rendre à Yaoundé aux fins de suivre le dossier,”

précise le philosophe et théoricien du post-colonialisme.

La vérité est que la demande de renouvellement du passeport de Mbembe délivré en 2018 (aujourd’hui objectivement périmé) n’a toujours pas été honorée. Il en est de même de la demande de renouvellement de sa carte d’identité déposée en avril 2018.

Si le Président Macky Sall ne m’avait pas octroyé un passeport diplomatique sénégalais, j’aurais été contraint de changer de nationalité,”

fait remarquer le membre du Wits Institute for Social and Economic Research (Wiser) de l’Université du Witwatersrand de Johannesbourg.

Achille Mbembe déclare qu’il n’a ni le temps, ni l’envie d’entretenir quelque polémique que ce soit avec qui que ce soit. Entre 1999 et 2011, le passeport ordinaire camerounais comptait 48 pages dont 38 étaient réservées aux visas et 7 a des signalements divers. A partir de 2011, le nombre de pages a été réduit à 32 dont 28 sont consacrées aux visas. Il suffit de 28 voyages dans des pays ou un visa est exigé des Camerounais pour qu’un passeport soit objectivement périmé.

Pour ceux et celles qui travaillent sur l’international, la durée de vie d’un passeport est de plus en plus réduite, ce d’autant plus qu’à cause d’une diplomatie moribonde, les Camerounais ont besoin de visas pour se rendre dans la quasi-totalité des pays du monde. Il suffirait d’un peu d’imagination pour satisfaire les citoyens et se doter de services efficaces, voire rentables.

L’historien Achille Mbembe fait des propositions. A son avis, l’on pourrait par exemple diversifier les modèles de passeports en fonction des taux de consommation. Un document de 48 pages pourrait être propose aux “grands consommateurs” de passeports moyennant un prix un peu plus élevé.

Les délais varieraient par ailleurs. Les prix aussi. Les frais pour un passeport délivré en moins de 10 jours, par exemple, seraient plus élevés que les frais pour un passeport délivré en trois mois. Le Trésor public en sortirait renfloué. Les citoyens seraient satisfaits. Et ce régime qui ne sait manier que le gourdin, l’intimidation et l’esbroufe pourrait gagner en légitimité.
Antoine Bivana


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