LA UNE Opinion Société panorama 21 avril 2020 (0) (173)

Cameroun > Coronavirus: Le peuple, victime du laxisme gouvernemental

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Dès l’entrée de la maladie sur le territoire national en passant par la propagation du virus jusqu’au taux élevé actuel des victimes, la situation aurait certainement été différente si le gouvernement ne fuyait pas ses responsabilités et s’il prenait le problème à bras le corps.

Le globe terrestre fait face à une pandémie qui n’a jamais existé dans l’histoire de l’humanité. Déclaré le 31 décembre 2019 en Chine par un médecin chinois qui a constaté le premier cas dans la province de Wuhan, le coronavirus de son nom scientifique, Covid-19, était alors à cette époque une épidémie dévastatrice et pour laquelle le corps médical chinois n’avait encore ni le vaccin, ni le remède. Ne pouvant alors stopper la propagation de la maladie qui se propageait d’un pays à un autre, l’Organisation mondiale de la santé (Oms) a déclaré le coronavirus comme une urgence de santé publique mondiale avant de le décréter pandémie quelques temps après à cause du nombre élevé des pays qui étaient déjà infectés et le nombre de mort qui était déjà assez volumineux. Alors que les gouvernants des pays où le virus faisait ses morts, ont opté pour le confinement total ou partiel (fermeture des frontières, arrêt de travail, fermeture des entreprises…) pour mieux juguler le virus, cela n’a pas suffi pour que le gouvernement camerounais ferme ses frontières afin d’éviter que le virus ne traverse le territoire national puisque selon le processus de propagation de la maladie, ce sont les personnes infectées qui, dans leurs multiples déplacements, partent d’une zone infectée pour une zone saine où dans leur relation sociale, arrivent à contaminer leurs semblables.

Malgré le fait que l’Oms ait alerté les pouvoirs publics camerounais sur la question, en dépit de la sonnette d’alarme des médias sur cette crise sanitaire, nonobstant la sensibilisation des Organisations de la société civile, le gouvernement camerounais a fait la sourd-oreille jusqu’à ce que le virus a traversé nos murs. Et le 06 mars 2020, soit plus de deux mois après que le virus faisait déjà les ravages partout ailleurs, le Cameroun a enregistré son premier cas de coronavirus, un camerounais qui vivait en Italie et qui est venu au Cameroun, et quelques jours plus tard, il a été confirmé que sa conjointe était aussi infectée. Alors que l’on pensait que le gouvernement devait enfin prendre l’initiative de fermer les frontières comme le Gabon-pays voisin et ami- l’a fait dès la déclaration du premier cas positif de Covid-19, il n’en était rien. Le seul geste effectué était la vérification des caméras thermiques dans les aéroports par le ministre de la Santé publique, Manaouda Malachie. Il a fallu attendre que le compteur des personnes infectées affiche 10, pour que le gouvernement pense à fermer les frontières le 18 mars 2020. Mais le mal était déjà chez nous. Donc il était trop tard.

Lorsque le gouvernement décide par l’entremise de son chef, Joseph Dion Gute, de prendre des mesures de riposte contre le coronavirus, il était peut-être certain que cela réduirait ou empêcherait le taux de malades. Que Nenni ! Le Premier ministre a, dans une adresse à la nation effectuée le 17 mars dernier, énuméré les 13 mesures gouvernementales pour lutter contre la propagation de la pandémie. Entre autres, l’on peut noter la fermeture des frontières, la fermeture des écoles, la régulation des transports urbains, interurbains et péri-urbains, la fermeture des débits de boisson et des restaurants à 18h, l’interdiction des voyages à l’étranger, etc. L’entrée en vigueur de ces mesures le 18 mars dernier, n’a pas contribué à limiter la propagation de la maladie ; bien au contraire, la situation s’est aggravée pour ne pas dire empirée.

On est partit d’une dizaine de personnes infectées à 1163 cas avec 43 morts, selon les chiffres du ministère de la Santé publique du 20 avril dernier. Ce qui veut dire qu’en un mois, le Cameroun a enregistré plus de 1150 nouveaux cas positifs. Même si le Minsanté a déclaré dans l’un de ses tweets que la majorité des personnes déclarées positives sont des voyageurs, rien ne garantit que ces derniers ne vont pas contaminer les locaux, puisque toujours selon Manaouda Malachie, beaucoup d’entre eux ont fui le confinement et à en croire Jean Claude Tsila, le préfet du Mfoundi à Yaoundé, d’autres se sont livrés à des parties de jambes en l’air avec des prostituées dans leur chambre d’hôtel. Toutes choses qui montrent bien que le gouvernement ne parvient pas à gérer la situation. Entre les mesures gouvernementales qui semblent grippées et l’irresponsabilité des personnes malades, la situation risque d’aller de mal en pis si le gouvernement n’utilise pas sa puissance publique pour conduire la population vers un confinement total ou partiel.

Sécurité sanitaire

Selon la cartographie nationale, seule les régions du Centre, du Littoral, de l’Ouest, du Nord, du Sud-ouest et du Nord-ouest, ont déjà des cas confirmés positifs au Covid-19. Alors que les personnes avisées réclament le confinement partiel de ces 6 régions pour empêcher que les autres régions ne soient infectées, le gouvernement quant à lui pense autrement. Le ministre de la Santé publique a annoncé la tenue des campagnes de dépistage massif ; et ce n’est qu’après avoir dépisté une personne qui est déclarée positive, qu’elle doit automatiquement être mis en confinement. Sauf que la lenteur avec laquelle cette procédure va suivre son cours, les personnes déjà malades et qui sont en divagation dans la nature vont continuer de se déplacer d’une ville à une autre et plus tard, ce sont toutes les régions du Cameroun qui seront impactées par le virus.

Rostand Tchami Houdja, Journaliste

Et il sera dès lors, encore plus difficile et plus complexe de combattre la maladie. Pourtant tout ceci peut être évité si l’on passe au confinement total ou partiel. Du moins, c’est le seul moyen efficace jusqu’à présent pour éviter la maladie puisqu’il n’y a toujours pas encore de vaccin ni de traitement. Confinement ou pas confinement, c’est la vie des camerounais qui en dépend et il revient au gouvernement de garantir la sécurité sanitaire de son peuple.  Mais il faut encore attendre combien de temps pour que le gouvernement pense à agir promptement?


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