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Cameroun > Covid-19: Briser l’omerta pour aller au Confinement.

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Le Cameroun, que cela plaise ou pas, défraie la chronique sur la pace mondiale. Et pour cause? Le pays de Paul Biya est le premier pays francophone sub-saharien le plus contaminé avec plus de 850 cas signalés, tout juste derrière l’Afrique du du Sud. Cerise sur le gâteau de cette situation préoccupante, le chef de l’État camerounais n’a pas encore pris la parole sur le problème, plongeant de ce fait le pays dans une controverse sans fin. Alors que les pays voisins, moins touchés, prennent des mesures de plus en plus drastiques dans le combat contre le virus ennemi, le Cameroun se complait dans des mesures qu’on peut hautement améliorer.

Ainsi, au Gabon au sud du pays, avec juste 57 cas sur tout son territoire, Ali Bongo a envoyé toute la ville de Libreville à l’hôpital, c’est-à-dire au confinement. La population suit. Depuis lundi, la capitale de ce pays qui compte au bas mot la moitié de la population du pays est une ville assiégée, avec des rues fantômes où pétaradant les unités des forces de sécurité à la recherche des contrevenants à sanctionner. A l’ouest du pays, c’est la grand Nigeria, le pays le plus peuplé du continent, avait déjà décidé de confiner la mégapole Lagos qui compte au bas mot les 3/4 de la population camerounaise. Lagos confiné et ça marche. Qu’est-ce qui ne va pas au Cameroun dans sa stratégie de lutte? A quand le confinement de Yaoundé, Douala et Bafoussam? On ne va pas manquer de sourire d’amertume en apprenant la décision des autorités de faire le dépistage dans une ville où tout le monde est en pleine mobilité.

On le ferait avec quel résultat? Sont-ce les mesures d’accompagnement lors du confinement qui met le pays dos au mur et lui empêche d’y recourir? On constate une volonté de plus en plus manifeste des autorités pour une option de décentralisation de lutte contre ce virus mortel à détresse pulmonaire. Est-ce un aveu d’échec de la coordination au niveau central? L’autre pan qui plombe la démarche camerounaise est l’omerta qui englobe son intelligence de lutte. De telles questionnements ne naîtraient pas si le pays n’était pas déjà hissé au hit parade des contaminations. Pourquoi le Cameroun? Ce n’est pas une fatalité ou un projet de déstabilisation du pays de l’extérieur! La France par exemple est en confinement encore pour un mois comme l’a annoncé son numéro un, Emmanuel Macron.

Une chose fait frayeur dans cette affaire de Coronavirus. C’est l’obligation douloureuse qui guette le Cameroun de voir le nombre de morts le ramener au confinement qu’il ne veut pas aujourd’hui. Dans cette hypothèse là, nos voisins fermeraient leurs frontières, bref le monde entier mettrait le pays en quarantaine s’il traine de se sortir des serres du Covid-19.
L’autre paire de manche dans cette stratégie camerounaise de lutte est l’identification de la cible la plus vulnérable pour laquelle l’État devrait se consacrer particulièrement. S’agit-il des plus pauvres, des plus âgés, ou bien ceux qui présentent des maladies dites à risque telles que les problèmes cardiovasculaires, les problèmes respiratoires, le diabète et autres?

Cette question vient troubler la sérénité affichée du pays il ne dispose aucunement d’une cartographie de toutes ces différentes cibles. Pour terminer, le ministre de de la santé communique de moins en sur les chiffres de propagation du mal. Et quand il le fait, il est tout de suite repris sur les réseaux sociaux. Cette semaine il en est allé ainsi des cas avérés de morts suite au Covid-19 qu’il aurait oubliés de comptabiliser. Le ministre, dans cette nouvelle posture, éviterait-il de jeter l’huile sur le feu en gardant le silence pour ne pas alimenter la psychose qui gagne au jour le jour les Camerounais? Quoiqu’il en soit, la politique de l’autruche n’aidera en rien le pays. Un exemple dans ce sens est le cas du gouverneur de la région du Littoral qui a été infecté mais les pouvoirs publics ont entretenu un secret sur le cas, ne le portant pompeusement à la connaissance du public qu’une fois sa guérison actée.

Léopold Dassi Ndjidjou, journaliste Éditorialiste

Par contre dans d’autres pays, il est question de faire la publicité sur les cas au maximum pour alerter l’opinion. Ainsi, dès que Boris Johnson a été admis à l’hôpital suite à son infection, le pouvoir britannique l’a proclamé officiellement.

Au Burkina, on voit les ministres être annoncés atteints du Covid-29. Il urge donc, dans notre stratégie de lutte de briser l’omerta, de communiquer sur les difficultés réelles, de travailler de concert avec l’offre humanitaire d’où qu’elle vienne, et même de l’opposition politique. Le Covid-19 n’est pas une affaire spécifiquement camerounaise mais elle est mondiale et exige un canon universel à l’exemple de la Chine pour la victoire.


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