Opinion Société panorama 15 avril 2020 (0) (523)

Cameroun > Covid-19: La vie au rythme de la coronaphobie.

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Cela fait quasiment un mois que le Cameroun évolue à l’aune des mesures barrières. Deouis lors, la vie sociale a changé avec la lutte contre le Covid-19. Que ce soit dans l’espace privé ou dans la sphère publique, les moeurs ont subi une mutation, les attitudes et les comportements ont été remodelés au gré du respect de la nouvelle donne imposée par cette pandémie, source d’exigences en matière de pratiques sociales.

Les usages, en matière de communication interpersonnelle, sont rythmés aujourd’hui à l’aune des nouveaux termes désormais en vigueur dans le cycle des interactions sociales. Dès que vous posez, trivialement, la question à un de vos amis de savoir pourquoi il ne fait pas signe de vie depuis des jours, il vous répond, sans scrupule, qu’il est confiné. Le nouveau terme à la mode est le confinement consécutif à la naissance du coronavirus, fantôme invisible porteur de terreur et de malheur. A cause du Covid-19, quiconque ne se nourrit plus n’importe où, ne reçoit plus de visites régulières des amis, camarades et connaissances. Et pour cause: la crainte de la contraction du coronavirus est si lancinante que l’on veille au respect strict des mesures barrières. Même les réunions des réseaux associatifs sont, momentanément, suspendues pour laisser libre cours à une forme de cotisation imprégnée de la donne électronique. Tout se fait, d’ores et déjà, à travers le système d’envoi Orange money et Mobile money, l’enjeu étant d’éviter les rassemblements, source éventuelle de contamination.

Le mode de salutation a, dans la même veine, changé. Plus de main tendue à son vis-à-vis ou des bisous à des frères et soeurs, des amis et des collègues, ainsi qu’à des consoeurs. Seule la confrontation des bouts de bras ou des coudes est ritualisée et normalisée. Avec la venue du coronavirus, le respect scrupuleux des mesures d’hygiène alimentaire est de mise autant dans des ménages que dans les espaces publics. Un système d’installation des récipients d’eau et du savon et le dépôt des gels désinfectants sont des normes en vigueur. Lorsque vous tentez d’accéder à un service public sans vous soumettre à ces contraintes hygiéniques, c’est le vigile qui vous interpelle et vous montre le lieu où vous devez vous accomodez de cette nouvelle manière de faire.

Enclins à la rigidité des moeurs, certains propriétaires de call box n’hésitent pas, ces derniers temps, à asperger du gel hydroalcoolique sur des billets de banque qu’iks manipulent à longueur de journée. Ceci n’est pas sans respecter la mesure de distanciation sociale d’un mètre. Question de se protéger mutuellement. La vie socioprofessionnelle change avec le Covid-19. Certains médias se conforment, désormais, à la norme des conférences de redactiin à distance. Tout se déroule sur les plateformes rédactionnnelle whatsaap, où les sujets sont choisis, débattus et confectionnés. Par conséquent, c’est le système d’envoi des papiers en ligne qui est en vigueur puisque la salle de rédaction doit être constituée de moins de dix personnes pour souscrire à la mesure de la diatanciation sociale.

Les universités et les grandes écoles s’adaptent aussi au système de diffusion des cours en ligne. L’ère est au télé-enseignement et à l’installation des plateformes numériques, où des étudiants suivent des cours à distance. Dans certaines entreprises privées, l’activité est au ralenti, les employés ayant été envoyés en congés technique à cause de la survenue du Covid-19. Seuls les cadres arrivent au bureau pour satisfaire à des contraintes professionnelles d’urgence. La seule préoccupation que des travailleurs contraints au congé technique expriment est celle de savoir s’ils auront accès à leur rémunération puisque le mois de mars vient de s’écouler. C’est cette contingence qui créé le stress, l’anxiété, la psychose et la dépression de certains travailleurs mués en chômeurs spontanés ces derniers jours.

Que dire alors du port obligatoire du masque facial,

Serge Aimé Bikoï, Journaliste éditorialiste, Rédacteur en Chef Panorama papers. Sociologue du développement

dont les modalités sont variées et ne répondent guère aux règles liées à la certification en vigueur? Enfants, jeunes, adultes et personnes du 3ème âge couvrent leurs visages des cache-nez. Question d’être à l’abri du virus du Covid-19. Ceci est fait sous peine d’être happé et sanctionné par les forces de l’ordre. Des déviants risquent une amende de six mil francs Cfa à payer. A défaut une incarcération pure et simple. La vie sociale a, véritablement, changé avec la coronaphobie.


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