Afrique LA UNE Société panorama 6 mai 2020 (0) (238)

Cameroun > Covid-19: Reprise des classes à haut risque

Partager

Le retour en classe de nos enfants pose un défi réel à toute la communauté nationale dans la rue, dans la cour de récréation et dans les salles de classe. Il est d’office un acquis que les parents joueront à la perfection la partition qui est la leur au cours de cette période agitée, troublée par un ennemi intrépide et invisible. Il est clair qu’en ce qui concerne l’école maternelle, des dispositions spécifiques seront prises par les responsables en charge.

La rue comme le lieu d’incubation du Covid-19

En premier lieu, le constat qu’on peut faire d’emblée avec cette reprise est que les rues seront à nouveau bondées de nos élèves à certaines heures de la journée. Ceci interpelle la conscience des parents à mettre tout en oeuvre pour que leurs enfants rentrent au plus tôt à la maison, traînant le moins possible dans ce secteur incertain en matière de sécurité au Covid-19. Précisément parce que les rues seront bondées de gens, allant tant en voiture, à moto qu’à pied, que faudrait-il faire pour minimiser le risque de chopper le virus à nos enfants, à l’aller comme au retour de l’école? D’abord, les chauffeurs de taxi ou de moto, en respectant
scrupuleusement le nombre de place exigé, à savoir pas plus de 4 quatre dans le taxi et une personne sur la moto, doivent jouer en premier lieu le rôle de policier de port des masques. Cet état de chose indique qu’aucun usager élève ou non, ne pourra accéder à bord sans port de masque réglementaire. Ceci doit être une règle imprescriptible pour tous. En ce qui concerne les élèves qui vont à pied, chaque adulte dans la rue devrait se faire le devoir de rappeler aux élèves récalcitrants au port du masque de le faire instamment. C’est une mesure dont tout manquement doit être perçu par tous comme une menace sérieuse à la santé publique et traité comme tel. Cela suppose une campagne de sensibilisation accrue à travers les médias sur la question. Dans la même veine, les attroupements d’élèves dans la rue doivent être fortement déconseillés. Comme on le voit, il y a la nécessité pour les pouvoirs publics, de poster les policiers sur les points sensibles dans nos grandes métropoles pour veiller aux grains, surtout aux heures d’aller et de retour des classes plus précisément.

Les défis au sein de l’établissement.

Le premier point crucial auquel devrait faire face les responsables d’écoles est le nombre de portes d’accès dans l’enceinte de l’établissement. Il va sans dire que les établissements sans barrières n’ont pas cette difficulté car l’accès y est fluide, sans contact massif des élèves. Par exemple, le Lycée général Leclerc de Yaoundé est particulièrement concerné dans cette nécessité de multiplier les voies d’accès et de sortie du lycée. L’autre difficulté à laquelle il faudra faire face est le lavage des mains aux points d’eau coulante à l’entrée des classes comme le souhaitent certains et non à l’entrée de l’école. Combien faudrait-il de points d’eau pour chaque classe? Combien de temps cela prendra-t-il? La réponse dépend du nombre d’élèves par classe. Faudrait-il préférer l’usage des solutions hydroalcooliques au lavage systématique des mains? Ou bien un usage alterné des deux à chaque entrée en classe est-il indiqué? L’autre point choc que devront gérer les responsables des établissements scolaires, est l’hygiène ou la salubrité des toilettes dans les écoles. Pour cet effet, il devient urgent d’y affecter un personnel qualifié, disponible et dévoué. Les toilettes de nos établissements devraient être les endroits les plus propres en ce temps difficiles et troublés. A dire vrai, rien ne doit plus être comme avant; il faut ici un personnel conscient de l’enjeu car le Covid-19 ne supporte pas la propreté en association aux différentes mesures gouvernementales. Le dernier point préoccupant, est la gestion des élèves au cours de la récréation. Devant les vendeurs de sandwich et autres sucreries, il y a souvent des bousculades. Que devront faire les surveillants, de concert avec les commerçants pour éviter une telle promiscuité? Les mesures de distanciation devront être respectées.

Défis dans les salles de classe

A l’intérieur des salles de classe, les enseignants devraient veiller pour que le port des masques soit effectif pour tous. Cette réalité signifie aussi que les masques sales, douteux, ne devraient pas être acceptés en classe. L’autre aspect névralgique sera le respect des mesures de distanciation. Combien d’élèves aura-t-on en moyenne par classe? Avec des salles qui comptent 120 élèves, en combien de classes faudrait-il l’éclater? De toute évidence, il est loisible de penser que les effectifs des salles de classe seront divisés par deux au moins. C’est dire en clair que les établissements fonctionneront par mi-temps par exemple. Une équipe pourrait aller en classe de 7h30 à 12h30 et une autre de 13h à 18 h. C’est difficile d’y penser ou de le lettre en pratique mais la réalité du terrain appartient aux chefs d’établissements qui sauront faire la part belle aux matières indispensables du programme, tout comme les classes d’examen seront prioritaires à tout point de vue. En réalité, il est hors de question d’imaginer une année blanche au Cameroun au moment où plus de 2/3 du programme est enseigné aux élèves. Seulement, la vie de nos enfants est plus précieuse que les connaissances et le savoir. C’est pourquoi les mesures de sécurité doivent être respectées comme des notes sur du papier à musique. Voici le chemin, pas facile, qu’il faudrait suivre comme un passage au travers du feu pour gagner l’année scolaire. C’est possible.


Partager

Leave a comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *