Afrique Culture LA UNE panorama 22 juillet 2020 (0) (69)

Cameroun > Culture: Le risque de dénaturer nos traditions à l’autel du gain

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Avec la structuration des associations artistiques et culturelles, tous les aspects et dimensions de la culture nationale peuvent se retrouver dans rue pour la quête du pouvoir.

La culture et l’art de l’Afrique profonde ont toujours une dimension mystique ou spirituelle. Ils échappent de ce fait à toute publicité et c’est sur le chemin initiatique qu’on l’appréhende avec ses tabous. Les sociétés secrètes de ce point de vue avec leurs différentes manifestations couvertes du sceau du secret ne devraient pas en principe entrer dans le cadre des associations culturelles et artistiques. Précisément parce que notre société est plongée dans une course effrénée à la consommation et au plaisir, le risque est grand que l’essence de ce qui tient et régule les communautés entières avec ses interdits, ne soit dévoyée sur la place publique au détriment de l’argent, du pouvoir et des honneurs.

Il est clair que la nouvelle loi sur les associations artistiques et culturelles du 20 juillet 2020, en établissant une hiérarchisation des regroupements d’associations à partir de la base qui est la commune ou l’arrondissement jusqu’au niveau national, a ouvert une porte à toutes les concurrences possibles et inimaginables dans le domaine de la culture et des arts.

La compétition semble ne plus être à qui va produire les meilleures oeuvres mais à qui va chapeauter le plus grand nombre d’artistes. Ce n’est plus un secret pour personne, depuis que les pouvoirs publics ont essayé de s’investir dans le secteur de la musique, on voit plus de dérives nées des intrigues dans la volonté de capter les ressources générées.

Dans cette interminable lutte des clans et des fratries qui traversent le secteur, l’évidence est que c’est la culture nationale qui prend un sérieux coup d’arrêt ou de désordre. A l’heure où la structuration s’est généralisée, il va sans dire que plusieurs loups affamés vont sortir des bois et faire la peau aux honnêtes acteurs du milieu, au nom de quelques stratagèmes construits autour de l’argent et des influences pouvoiristes.

Et à défaut de réussir dans cette basse besogne, il leur reste,  à ces faiseurs du mal, l’autre arme fatale qui consiste à dupliquer des associations culturelles dans le but de se retrouver à la tête des Fédérations et de s’affilier à des organisations ou des entités internationales. Avec ces genres d’acteurs particuliers, on ne perçoit aucunement dans la loi des dispositions qui pourraient les mettre à mal dans leurs entreprises maléfiques.

C’est dire combien les textes d’application régissant ces Fédérations d’associations devront être sélectives dans le but de préserver la bonne graine de l’ivraie. C’est ici un pan soulevé sur une vaste étendue donc nul ne maitrise sa limite. 

Léopold DASSI NDJIDJOU


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