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Afrique - Une - 2 semaines ago

Cameroun > De Yaoundé à Tibati: Un si long parcours…

Deux étapes, deux  mondes diamétralement opposés. De Yaoundé à Ngaoundal, le rail. De Ngaoundal à Tibati, le chemin de croix!

Nous sommes partis de la cité capitale a bord du train couchette qui rallie de nuit Ngaoundéré. A 19 heures et 13 minutes. Au nombre des journalistes qui vont couvrir les activités du ministre de la Défense dans l’Adamaoua, nous quittons la gare centrale de Yaoundé, dans les wagons ou voitures qui ont fait leur plein d’oeuf. C’est la découverte des villes du midi du Cameroun qui est passionnante, même de nuit. Juste après une heure de rail, nous arrivons à la gare d’Obala où la compétition est farouche entre les commerçants pour proposer ou vendre ses produits aux voyageurs. En réalité, il s’est développé le long du rail entre Yaoundé et Ngaoundéré, des marchés des commerçants ambulants qui vivent de nuit comme de jour au passage des trains. Il en va aussi ainsi quand nous arrivons à Batchenga, 40 minutes plus tard,.

C’est la même effervescence. Ici, plus qu’à Obala, les fruits se font rares et cèdent la place aux ignames et aux plantins. A Mbandjock, la ville de la culture industrielle de la canne à sucre, deux débits de boissons en amont de la gare inondent les lieux de la musique de manière tonitruante. Il est 21 h et 38 minutes  en ce moment-là ! Dans notre voiture, les hommes en tenue, plus nombreux, mettent de l’ambiance. Ils se chahutent  et terminent par des rires sonores. Dans un tel environnement, la lassitude est vaincue. Au fil de la nuit, alors que le sommeil emporte les uns et les autres, je veille à la fenêtre dans un froid glacial au fur et à mesure que s’approchent les premières heures de la nouvelle journée.

Les gares de Tabene où nous arrivons à 22 heures 30, est une carte postale d’une ville sans vie. Par la suite, nous cinglons sur Nanga-Eboko où grouillent  à nouveau avec des vendeurs qui tiennent debout à 23 beures un quart, déterminés à arracher ça et là quelques sous en vendant les victuailles. Mbibey, Zing, Mbangue, sont des gares qui seront franchies après minuit pour finalement arriver à celle de Belabo a 2h 15 du matin. Elle contraste avec toutes les autres gares traversées car deja son éclairage est plus satisfaisant. Les commerçants des régimes de Plantin, d’ignames et de bananes vertes sont nombreux ici.Nous marquons une pause de dix minutes pour laisser passe le train en provenance de N’Gaoundéré. Parti de là, nous franchissons la gare de tête d’éléphant sans arrêt comme bien sûr d’autres bourgades. Quand nous arrivons a Pangara, il fait déjà jour à 5 heures 54. C’est finalement après 9 heures du matin que nous arrivons à destination, à Ngaoundal.

De ce voyage à bord  de cevtrain à vitesse réduite, si on peut se feliciter que l’anarchie dans l’occupation des places soit corrigée, il n’en demueure pas moins vrai que Camrail devrait fairecdes effirts piur communiquer au moment de l’entrée et de la sortie de chaque gare. Informer les voyageurs sur les distances entre les villes. C’est aussi cela donner une certaine épaisseur dans l’attraction du choix du train comme moyen de locomotion au moment où la route qui rallie le grand nord se construit intensément. Ce manquements, en plus de l’exigence à davantage de propreté des voitures méritent une correction des plus urgentes. 

Ngaoundal-Tibati, le chemin de croix

A peine sortis du train, encore engourdis par la nuit de voyage, les camions militaires nous hapent pour le trajet d’environ cent kilomètres pour rallier le chef lieu du département de Djerem, qui en réalité ne compte que deux arrondissements, Ngaoundal et Tibati. C’est donc un voyage au coeur de cette unité administrative enclavée qui vit principalement autour du rail pour ce qui est de Ngaoundal. Un voyage vers un mirage? Les journalistes désemparés, ne savent plus où ils en sont. Heureusement que la Direction de la communication du Mindef avait pris le bon soin de communiquer sur l’habillement en pareille circonstance.

En réalité, la route qui serpente le plateau du Djerem est un nid de poussière de crevasses. En partie, ce qui fut la bitume est jonchée de trous ou est tout simplement érodée par les intempéries du temps. Le voyage se cadence en deux grandes mesures: la fumée de poussière qui colorie les lournalistes pris de galipettes sur les banquettes des camions. A chaque bourgade, chacun rêve en vain que ce soit Tibati, notre terminus. Rien. Encore et encore, ces camions qui  slaloment sur la chaussée, pour éviter des  nids de poule.

La poudre rouge couvre suffisamment  les visages et les habits, pendant les trois heures que nous mettons à parcourir la centaine de kilomètres. « C’est le service militaire », nous lance un homme en tenue impassible devant toutes ces difficultés. « La prochaine fois, rassure-,t-il, vous verrez que ce n’est rien ».

Effectivement, sur le chemin du retour, la peine sera moins vive qu’à l’aller, nos corps s’adaptant peu à peu à la manœuvre. Aussi, au retour, nous avons tous tiré mentalement les leçons du voyage à l’aller. Cette difficulté que nous avons vécu, traduit en réalité la difficulté de tout un peuple dans un département qui vit ce calvaire au quotidien sans en faire des vagues. Dans cette unité administrative enclavée, l’espoir vient de Tiibati où la vioirie municipale est en chantier. L’axe Yaoundé -Yoko traverse le coeur de cette ville lacustre.

Léopold DASSI NDJIDJOU de retour de Tibati

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