Economie LA UNE Opinion panorama 31 août 2020 (0) (131)

Cameroun > Départ de Paul Biya: “l’heure est à la mobilisation générale”

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Flore Mboussi, membre du bureau du porte-parole de Maurice Kamto

“Votre question me fait sourire, car moi qui suis dans le combat politique depuis un moment maintenant, j’ai entendu ce type d’expression à longueur de journée , « moyens de répression non-négligeables”.

C est avec de pareilles formules, dont vous les hommes de médias vous faites l’écho, que cette dictature a maintenu notre grand peuple dans la peur et l’immobilisme.S’agissant de Maurice Kamto, rappelez-vous juste qu’à son arrestation le 28 janvier 2019, beaucoup lui promettaient au moins 20 ans de prison; il n’a fait que 9 mois au final et en est ressorti oint d’une légitimité populaire que Monsieur Biya n’a jamais eu en 38 ans. Au point où beaucoup se sont demandé si, anticipant les réactions du régime, il n’avait pas fait exprès de se faire arrêter. Il nous le dira sans doute dans ses futurs mémoires d’ancien Président du Cameroun. Tout ceci pour vous faire comprendre que Maurice Kamto est un homme d’une grande intelligence stratégique qui pose rarement un acte politique sans en avoir mesuré tous les contours.

Mais maintenant j’aimerais vous dire ceci et c’est peut-être là le plus important. Le Président élu a lancé un appel à tous les camerounais, mais ça serait une erreur de penser que la « menace », comme vous le dites, vienne de lui.

Les “moyens de répression non-négligeables” dont vous parlez, devront faire face à un peuple déterminé à conquérir, quoi qu’il lui en coûte, sa liberté face à un régime à la solde d’un Etat étranger et qui en presque 40 ans n’a apporté que misère, guerre et division ethnique au Cameroun.

Voilà pourquoi je peux vous assurer que le peuple camerounais ne reculera devant rien, car il a compris que nous sommes à un tournant historique pour notre cher pays.

Il ne s’agit plus de Maurice Kamto. Ce dernier a patiemment réveillé l’esprit nationaliste qui sommeillait en chaque camerounais et même lui ne pourra plus jamais le faire disparaître, de sorte que si demain, Maurice Kamto, Président de la République du Cameroun fait semblant de ressembler à Monsieur Biya, je le combattrai avec la même force si ce n’est plus; car mon combat c’est pour le Cameroun et aucun homme n’est au-dessus de ça. J’aimerais d’abord préciser que c’est cette peur de l’insurrection populaire qui justement conduira inévitablement à une insurrection populaire.

En effet, au lieu de voir le peuple comme la source de son pouvoir, ce régime le prend pour un ennemi car précisément il ne tire pas sa légitimité de lui mais plutôt d’une certaine capitale européenne. Ce qui fait que le moindre mariage est vu comme une tentative de coup d’État; offrant au monde un spectacle aussi ridicule que révoltant. Et une fois que la pression est suffisamment montée dans la marmite, le couvercle saute. Le Cameroun en est là aujourd’hui et ce régime ainsi que son soutien européen aurait tort de penser qu’une nouvelle répression nous arrêtera.

Voilà des gens qui donnent des leçons de démocratie à tort et à travers mais qui vous parlent d’insurrection à chaque manifestation populaire, cette peur panique est bien la preuve qu’ils ne tirent nullement leur pouvoir de ce peuple qu’ils méprisent, massacrent et à qui ils ne rendent absolument aucun compte.

Aussi, en cas de convocation du corps électoral sans résolution politique de la guerre au NOSO et sans réforme consensuelle du système électoral, le peuple, puisqu’il s’agit de lui, fera respecter sa position en tant que détenteur de la légitimité suprême. Il n’a donc besoin d’aucune autorisation ni d’aucun accord.Vous savez, je ne suis pas très adepte des discours fictions ni des interminables suppositions, d’ailleurs je pense que nous n’avons plus le temps pour ça. Maurice Kamto a lancé son appel, que le régime à son tour, convoque le corps électoral et votre question trouvera vite une réponse.

Vous savez, celui qui a le premier utilisé cette expression de “petit parti politique” connaît les réels chiffres de la dernière élection présidentielle d’où la honte à peine voilée que vous avez pu voir sur son visage le jour où il prononçait ces mots.

Mais voilà que malgré les qualificatifs réducteurs, la légitimité de l’homme rattrape tous les acteurs et les complices du hold-up électoral. Car c’est précisément là que Maurice Kamto les a tous battus; son action politique a toujours visé l’intérêt de ses compatriotes, ce qui l’a de fait, conduit à conquérir cette forte légitimité auprès du peuple camerounais. Souvenez-vous notamment du renoncement à la mascarade électorale de février 2019.

Ainsi, pendant que certains présentent notre absence d’élu dans cette gouvernance illégale et illégitime comme une tare démocratique du Mrc, elle est en réalité le gage de la légitimité et de la puissance politique de notre leader.

Il faut d’ailleurs savoir lire tes actes politiques en les inscrivant dans des processus, ce qui fait défaut à beaucoup de nos observateurs qui dissertent pendant des heures sur des faits isolés de toute dynamique. Le président élu fait cet appel à la mobilisation car il a épuisé, dans l’intérêt du peuple, tous les gestes d’ouverture possibles vis-à-vis de ce régime. Souvenez-vous que le boycott de février 2019 vient après que notre formation politique se soit préparée malgré les blocages administratifs aux échéances électorales; et ceci dans l’espoir, jusqu’à la dernière minute, de voir le régime montrer une volonté de solutionner les deux principaux problèmes du pays.

C’est dans cette même logique qu’il a récemment appelé les camerounais à s’inscrire massivement sur les listes électorales, attendant toujours un ultime acte de responsabilité venant de Monsieur Biya. Voilà pourquoi la prochaine convocation du corps électoral sans résolution des deux crises majeures du pays, acterait définitivement la volonté de ce régime de détruire le Cameroun.

Le peuple serait alors dans l’obligation de s’interposer non plus par un boycott mais par un appel au départ pur et simple de Monsieur Biya, voilà le sens de l’appel du président élu. J’aimerais préciser pour le déplorer que tous les partis représentés dans cette assemblée et dans nos mairies ont beaucoup de choses-à se faire pardonner devant notre peuple et notre histoire. Je rappelle quand même qu’ils tirent teur « légitimité » d’un taux de participation d’une faiblesse historique, allant de 18 à 25% selon les observateurs.

L’occasion leur est donc offerte avec l’appel du Président élu de se racheter devant nos concitoyens.

Je sais évidement que la politique est essentiellement une affaire d’orgueil mais faut-il absolument trahir tout un peuple uniquement pour prendre le contre-pied d’un seul homme, fut-il Maurice Kamto?

Je rappelle d’ailleurs qu’une paix au NOSO profitera à tous les camerounais de même qu’un système électoral consensuel qui permettra à chacun de défendre de façon transparente son leader lors des prochaines échéances électorales.

L’heure est donc à la mobilisation générale !”

Arlette Akoumou Nga, Avec Flore Mboussi


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