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Cameroun > Des collèges électoraux: Paul Biya veut en finir avec Maurice Kamto

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C’est par le Décret présidentiel N°2020/547 du 7 juin 2020 que Paul Biya a convoqué les collèges électoraux pour le 6 décembre prochain en vue des élections régionales.

Les exigences menaçantes de l’opposition sont de ce fait balayées du revers de la main. L’opinion retient son souffle, tenaillée par l’expectative. Que va-t-il se passer à la suite de cette convocation du corps électoral par Paul Biya? Les exigences annoncées par Maurice Kamto sont renvoyées aux calendes grecques. On se souvient que le leader du Mrc, rejoint officiellement par le Sdf de Ni John Fru Ndi, et certains acteurs de la société civile, ont décidé de boycotter ces élections pour certains et pour d’autres, de s’y opposer.

J’annonce que toute convocation du corps électoral par le gouvernement illégal et illégitime de Yaoundé, avant la prise en compte et une mise en application effective des deux exigences, emportera automatiquement le lancement d’une gigantesque campagne nationale d’appel au départ pur au simple de Paul Biya du pouvoir, sans qu’il y ait besoin d’attendre une nouvelle communication à cet égard”,

avait prévenu Maurice Kamto dans sa déclaration du 24 août dernier.

La large campagne annoncée aura-t-elle lieu ? Il va sans dire qu’à partir de ce jour, les forces de sécurité vont investir les coins stratégiques des grandes villes pour parer à toute éventualité. Le discours de Maurice Kamto est allé en se durcissant au fil du temps. Avant d’en arriver là, il avait annoncé les couleurs en début du mois de juin.

Il est temps que la dévolution du pouvoir dans notre pays passe enfin par des processus démocratiques admis dans toutes les sociétés modernes ; que le peuple camerounais ait la possibilité de se donner librement et dans la transparence des dirigeants légitimes, qui sont tenus de lui rendre des comptes sur la gestion des affaires publiques. Nous sommes prêts ! Les tortures, les emprisonnements arbitraires et les humiliations, nous les connaissons déjà ! Quinze d’entre nous, dont le premier Vice-Président du Mrc, Mamadou Yacouba Mota, sont encore en prison. Et si la mort doit venir pour cette cause, qu’elle vienne !”,

avait-il martelé, convaincu d’aller jusqu’au sacrifice s’il le faut.

Dans cette galerie inextricable, Jean-Michel Nintcheu, y a presque forcé la main au Chairman de se prononcer pour le boycott le 2 septembre dernier. Le député du Wouri confiait partager entièrement la position du président national du Mrc. Il publiait de ce fait le 25 août dernier que la position du leader du Mrc vient en réalité rejoindre la position du Sdf exprimée depuis plus de deux décennies.

Le Sdf est allé aux élections législatives et municipales parce que le régime de Yaoundé avait donné des assurances que les réfugiés et les déplacés internes allaient revenir dans le Noso”,

réitérait tout désabusé le député.

De quoi demain sera fait ? La réponse à cette question ouvre la porte à toutes les incertitudes ! L’opinion retient son souffle, tenaillée par l’expectative.
Léopold DASSI NDJIDJOU


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