LA UNE panorama 27 août 2020 (0) (161)

Cameroun > Désordre urbain: Yoki Onana indexé

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L’objet du litige est la construction en cours des boutiques le long de la desserte Boulangerie française- Groupe scolaire Franky.

Hier matin, 26/08/2020, le maire de la ville de Yaoundé et le sous-préfet de Yaoundé 6, sont descendus sur les lieux en l’absence du maire des céans. Une possible confrontation en ligne de mire.
C’est un super maire visiblement courroucé devant les travaux engagés par le maire du 6ème Arrondissement de la ville de Yaoundé. Selon les sources proches de l’édile de la ville aux sept collines, Yoki Onana a tout simplement édifié des bâtisses sur la voie publique.

La conséquence qui en résulte, selon elles, est la destruction pure et simple de cette dizaine de box en construction à usage commercial. D’aucuns disent que demain vendredi est le jour fatidique où le Luc Messi Atangana va procéder à la destruction des bâtisses. Le bémol à apporter à ces affirmations est qu’après le départ du super maire et sa délégation, les travaux se poursuivaient allègrement sur le site sous la supervision des agents municipaux de Yaoundé 6ème, bien postés pour parer à toute éventualité. Du côté de la Mairie de Yaoundé 6, la surprise est totale car Yoki Onana a avoué hier tout son étonnement que le Maire de la ville descende dans sa municipalité sans toutefois l’en informer.

C’est ce qui explique, avoue-t-il, son absence sur le terrain lors de la visite Luc Messi Atangana. Il y aurait-il un problème entre les deux hommes ? Le premier magistrat de Biyem Assi hésite un instant et lâche sentencieusement. « Je ne vais pas vous cacher la vérité. Le maire de la ville est dans l’acharnement contre nous », lance-t-il. Acharnement ? « Oui ! Car depuis l’entrée en fonction du super maire, il s’est lancé dans une campagne de représailles, une sorte de retour de bâtons contre les maires des arrondissements qui n’ont pas soutenu sa candidature », confie-t-il avec une oince d’amertume.

Il est connu, car nous ne l’avions pas caché, que les maires de Yaoundé 1, 3 et 6 avaient un autre candidat, poursuit-il. « Vous voyez donc que nous qui n’avions pas soutenu sa candidature, nous sommes en ligne de mire », soutient-il tout convaincu. Le deuxième grief que Yoki Onana met sur la table est ce qu’il appelle une usurpation de compétences de la part du maire de la ville. Il ne comprend pas que ce dernier s’immisce dans la gestion des dessertes secondaires qui relève de la compétence des maires d’arrondissement. En s’impliquant dans cette affaire, insiste-t-il, le maire de la ville est pris dans la tourmente d’un excès de pouvoir.

Le troisième fait qui conforte Yoki Onana à demeurer ferme dans sa posture de poursuivre les travaux, est le fait que la Boulangerie française avait d’abord sollicité de travailler en partenariat avec sa municipalité. Devant son refus d’octroyer plusieurs boutiques à une seule personne, les responsables de cette entreprise sont allés vers le super maire pour édifier les boutiques. C’est dans ce contexte que le Yoki Onana lance le chantier de sa mairie en bloquant les entrées des box édifiés.

Le témoignage des riverains dans l’affaire
Dans cette affaire, outre le maire de la ville et le maire de Yaoundé 6, il y a tout autant la Boulangerie française et le Groupe scolaire Franky. En ce qui concerne la Boulangerie française, les responsables évitent de parler de peur de se mettre au-devant de la scène quand bien même, ils y sont déjà. Ils avouent tout juste avoir pris attache avec le Maire de Yaoundé 6 dès l’entame des travaux. La mairie leur a demandé d’attendre et plus tard qu’ils étaient sur la desserte publique. Ils précisent par ailleurs que l’affaire est désormais gérée à leur niveau par leur avocat. Une plainte en cours contre le maire de Yaoundé 6? Là est toute la question restée sans réponse.

L’autre entité concernée par les travaux est l’établissement scolaire Franky où sont scolarisés plus de 2000 élèves. A l’entame des travaux, ce sont les parents d’élèves qui ont commencé à s’inquiéter car ils se demandent comment ils vont procéder pour déposer et prendre leur progéniture à l’école. C’est donc dire qu’à ce niveau, les parents d’élèves ont déjà commencé à mettre une pression forte sur l’école. Alors que nous rencontrons, un des responsables de cette école hier matin, il a déclaré que leur inquiétude réside uniquement au niveau de la sécurité des enfants. Il faut préciser par ailleurs que la descente de cette école est raide et abrupte, pas toujours facile d’y manœuvrer une automobile.

L’inquiétude est d’autant grande pour la sécurité des enfants de la part de ces responsables, échaudés qu’ils sont par l’accident qui a eu lieu il y a quelques temps à Biyem Assi au lieu-dit « descente des sœurs » où plusieurs enfants y avaient laissé la vie. Selon les responsables de cet établissement, l’unique préoccupation au moment où la mairie édifie les box commerciaux, est d’attirer l’attention des autorités administratives et municipales sur le risque d’accident dans un environnement déjà particulièrement embouteillé avant même le lancement des ouvrages. En réalité, près de cinq garages automobiles sont recensés dans l’environnement immédiat du campus scolaire. Dans un groupe qui compte plus 2000 élèves, il va de soi que gérer la sécurité des enfants en priorité est un vrai casse-tête. Sur la question, le maire Yoki Onana affirme pour sa part que ses éléments travaillent dans le sens de réguler le trafic à ce niveau aux heures d’entrée et de sortie des classes. Cette desserte, faudrait-il le préciser, a été bitumée par la communauté éducative de Franky, l’association des parents d’élèves et le Fondateur, sur une distance de 250 mètres, et la construction d’un pont, le tout cumulé à la bagatelle somme de vingt millions cinq cent mille Fcfa.
Léopold DASSI NDJIDJOU


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