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Cameroun > Dictature: Human Right Watch inquiet pour la répression à l’endroit de l’opposition

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D’après l’organisation, le gouvernement devrait cesser de se servir du Covid-19 et de la loi antiterrorisme comme prétextes pour écraser toute contestation.

Human Right Watch affirme s’être entretenu par téléphone avec 15 dirigeants et membres des partis d’opposition, ainsi qu’avec cinq représentants de la société civile et d’organisations de défense des droits humains, entre mi-août et début septembre. Les partis d’opposition ont de nombreuses préoccupations concernant les élections régionales, estimant qu’elles ne pourront pas se tenir de manière libre et équitable sans une réforme préalable du code électoral et des mesures destinées à faire face au problème de l’insécurité dans les régions anglophones.

Human Rights Watch a précédemment documenté comment le gouvernement du Cameroun se sert de la pandémie pour régler ses comptes et punir l’opposition. En mai dernier, plusieurs bénévoles de l’Initiative Survie Cameroun, une initiative de levée de fonds lancée par Maurice Kamto pour faire face à l’urgence sanitaire, ont été arrêtés alors qu’ils distribuaient des masques de protection et du gel nettoyant pour les mains dans la capitale, Yaoundé. Ils ont été accusés de rébellion, puis remis en liberté le 15 mai.

Le porte-parole du Mrc, Biboun Nissack, a déclaré à Human Rights Watch que la récente interdiction des manifestations par le gouvernement

menaçait de pousser le parti dans la clandestinité”.

Le Directeur pour l’Afrique Centrale à Human Rights Watch, Lewis Mudge a affirmé :

Quand un gouvernement menace de traiter l’exercice du droit de manifester pacifiquement comme un acte d’insurrection, il s’attaque aux éléments fondamentaux d’une société basée sur les droits humains et l’État de droit. Les libertés et les droits fondamentaux garantis non seulement du fait des obligations internationales du Cameroun, mais aussi par sa Constitution, sont en danger et, si cette répression conduit à des manifestations d’encore plus grande ampleur contre les autorités, on peut légitimement craindre que les violations telles que le recours excessif à la force et les mauvais traitements n’augmentent de manière spectaculaire.”

Antoine Bivana


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