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Cameroun > Don spécial du chef de l’État: Les maires du Noun crient à l’ingérence des sous-préfets

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La question du respect de la décentralisation semble toujours être une équation très difficile à résoudre pour les autorités administratives locales. C’est dans ce sillage que l’ingérence des sous-préfets dans la gestion et la distribution des dons du président de la République au niveau des arrondissements du département du Noun, région de l’Ouest, a suscité l’ire des maires de ces différentes localités. En remerciant le chef de l’État pour le ”don spécial” de 2 milliards qu’il a mis à la disposition des 360 communes pour renforcer les mesures de lutte contre le Covid-19, les maires du Syndicat des communes du Noun, ont, à travers une missive signée de Patricia Tomaino Ndam Njoya, maire de Foumban et présidente dudit Syndicat, exprimé leur inquiétude par rapport à l’encadrement commun qu’ils doivent avoir de la décentralisation telle que voulue par la Constitution, et, la loi n°2019/024 du 24 décembre 2019.

À cet effet, ces maires dénoncent la main mise des sous-préfets en 6 points. Primo, ils pensent que si le président de la République les avait consulté quant à l’utilisation judicieuse de ce don, ils auraient pu, indiquer leur opinion pour sa mise à disposition ou affectation dans les différents comptes bancaires ou consignations spéciales, afin que chaque commune, en fonction de son plan de riposte, présente ses besoins réels. Secundo, ils estiment que les maires ne sauraient plus être les vice-présidents des commissions dirigées par les sous-préfets. Tertio, selon eux, le ministre de la Décentralisation et du développement local (Minddevel) devrait sérieusement se pencher sur la nouvelle copie des termes de l’exercice de la tutelle de l’État dans les Collectivités territoriales décentralisées (Ctd) voire à la bonne interprétation des textes et des orientations cordiales entre le représentant de l’État dans les communes et les maires afin que ces missions premières de mise en œuvre de la décentralisation et la promotion du développement local prospèrent pour le véritable épanouissement des populations.

Cuarto, les maires ne sauraient non plus par message porté du sous-préfet, signer par son adjoint, être convoqué à quelques minutes près de l’heure à une réunion. Quinto, ces maires se refusent de comprendre comment le Minddevel bien qu’ayant ses démembrements au niveau local, les saisissent toujours par le biais du respect du préfet et enfin, ils soutiennent que pour plusieurs raisons relative aux abus perpétrés par le représentant local de l’État dont ils ont saisi le président de la République maintes fois sans tenir une réponse de sa part, ils promettent d’acheminer directement vers le Minddevel les états que ce dernier choisi de faire transiter par la préfecture en attendant que soient précisé les thèmes de bonnes pratiques liés à la déontologie administrative ainsi que le respect mutuel entre, et, de part et d’autre, les administrations locales. Au regard de tout ce qui précède et pour venir particulièrement à la gestion du don spécial du chef de l’État, les maires du syndicat des communes du Noun souhaitent du moment où il est clairement question de décentraliser la stratégie de riposte, qu’elle soit confiée aux maires sans qu’il ne leur soit imposé la présidence du sous-préfet et à l’avenir, les consulter pour être en adéquation avec le développement des stratégies qu’ils ont déjà sur place.


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