LA UNE Opinion Politique panorama 22 juillet 2020 (0) (180)

Cameroun > Elections régionales: Cap sur un nouveau clash Biya Kamto

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La mise en garde du peuple camerounais au gouvernement contre l’organisation de toute élection avant la fin de la guerre civile dans les régions anglophones et la réforme consensuelle et effective du système électoral”, publié par le leader du Mrc, annonce une météo politique très agitée.

Je demande au peuple camerounais de rester mobilisé, vigilant et surtout de se tenir prêt. Je l’invite à s’approprier de façon républicaine mais avec une détermination sans précédent dans notre pays le slogan suivant: ” zéro élection sans la fin de la guerre civile au Noso et la réforme consensuelle et effective du système électoral”,

darde-t-il à la fin de sa déclaration.

Tout en rappelant à la mémoire de ses interlocuteurs le fameux

je vous l’ai dit, je ne vous trahirai jamais”.

En réalité, il s’agit d’une communication largement relayée à l’international. Il a de ce fait envoyé des copies aux instances onusiennes, notamment au Conseil de sécurité et au Secrétaire général. D’autres ont été ampliées aux organisations régionales à l’exemple du président du Parlement européen et le président de la Commission de l’Union européenne (Ue). Il en est allé de même avec le président de l’Union africaine ( Ua) et le président de la Commission de l’Ua.

Les organisations culturelles et politiques ne sont pas en reste. La Francophonie et le Commonwealth ont de ce fait reçu des ampliations. Au niveau des puissances, les Etats tels que les États-Unis, la France, la Grande Bretagne, la Chine, la Russie, l’Allemagne, la Suisse, l’Israël, le Canada, le Nigeria et l’Afrique du Sud ont reçu des copies.

A regarder de près, c’est comme si Maurice Kamto prenait à témoin cette communauté de la gravité de la crise vers laquelle va le pays dans la perspective de la convocation du corps électorale en prélude aux premières élections régionales organisées sur le sol Camerounais. 

Le scrutin présidentiel du 7 octobre 2018, a exposé de façon dramatique à la face du aCameroun et du monde les imperfections du système électoral. Le double scrutin municipal et législatif du 9 février 2020, marqué par un taux historique d’abstention, a achevé de convaincre même les plus sceptiques de l’impérieuse nécessité de réformer l’ensemble du système électoral”,

égrène Maurice Kamto pour soutenir sa détermination de s’opposer à l’organisation d’une nouvelle élection avant les deux préalables que sont la fin de la guerre dans le Noso et la réforme consensuelle du système électoral.

Il remet donc ici sur la table les deux raisons pour lesquelles son parti avait boycotté le double scrutin, législatif et municipal du 9 février dernier. Six mois plus tard, force est de constater que si la résolution de la crise anglophone connaît des avancées, il en va tout autrement de la révision consensuelle du système électoral. Pour l’heure le pouvoir n’émet aucun signal incitant à croire à sa volonté de réviser. Exit les deux sessions parlementaires de mars et de juin qui se sont tenues après les élections couplées, sans qu’il y ait eu la moindre proposition de loi pour modifier le Code électoral ou le fonctionnement des instances en charge des questions électorales.

C’est donc reconnaître, comme l’affirment régulièrement les partisans du pouvoir que si Maurice Kamto a été classé au deuxième rang derrière Paul Biya à la dernière élection présidentielle, cela signifie, clament-ils, que le système électoral en lui-même n’est pas aussi mauvais que cela. 
Quid des recommandations des observateurs internationaux ?
Dans sa Déclaration, Maurice Kamto revient sur le foisonnement des recommandations demandant au Cameroun de revisiter son appareillage électoral.

De nombreux pays amis du Cameroun et des organisations internationales dont l’Ua et l’Ue ont, comme tous les observateurs nationaux, recommandé la réforme du système électoral, afin d’épargner à notre pays les soubresauts dus aux contestations des résultats d’élections entachées de graves irrégularités”,

a-t-il martelé.

Un peu comme pour justifier le rappel lancé aux souvenir de certaines instances qui ont pris position sur la tenue des elections au Cameroun. Il a dans cette veine cité l’Ua et le parlement européen. Dans le premier cas, la mission d’observation électorale de l’ Ua pour les élections couplées législatives et municipales du 9 février 2020 a dressé des recommandations. La délégation conduite par  Seini Oumarou, ancien Premier ministre du Niger, recommandait au gouvernement entre autres,

De mettre en place un cadre de dialogue et de concertation entre tous acteurs afin de réinstaurer la confiance dans les processus électoraux de procéder à la relecture des textes régissant les élections pour clarifier les dispositions sujettes à des interprétations divergentes et de prendre des textes d’application nécessaires; de renforcer l’indépendance de l’organe de gestion des élections en conformité avec les dispositions de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance, en partculier le mode de désignation de ses membres.”

Le deuxième cas concerne les Résolutions du Parlement européen du 18 avril 2019 sur le Cameroun.

Exhorte le régime camerounais de bâtir une véritable démocratie représentative et vivante; lui demande à cette fin de convoquer tous les acteurs politiques pour procéder à une révision consensuelle du système électoral afin d’en faire un processus libre, transparent et crédible ; demande que la révision soit effectuée avant toute nouvelle élection, afin de promouvoir la paix et d’éviter les crises post électorales. Invite l’Ue à intensifier son assistance technique en faveur du Cameroun pour soutenir ses efforts de renforcement des procédures électorales dans le sens de la démocratie”,

énonce le point 9 de la Résolution.
Journaliste Editorialiste, Panorama papers.

C’est connu, le régime a horreur de toute forme de diktat à ciel ouvert. Le paris est grand que le pouvoir, fidèle à ses habitudes va filer comme un train à grande vitesse, écrasant au besoin tout sur son passage, pour organiser les élections le jour dit. 

Léopold DASSI NDJIDJOU


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