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Cameroun > Elections régionales: Messe dite pour la victoire du Rdpc

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Par le Décret présidentiel N°2020/526 du 2 septembre 2020, répartissant le nombre de Conseillers régionaux par départements et par catégorie, Paul Biya entérine la loi N° 2019/005 du 25 avril 2019 modifiant et complétant certaines dispositions de la loi N° 2012/001 du 19 avril 2012 portant Code électoral. Le nombre des Conseillers par région est fixé à 90, le Décret précise le nombre de délégués et des représentants du Commandement traditionnel par département, circonscription électorale au cours des élections régionales (article 247, alinéa 1 du Code électoral).

En ce qui concerne premièrement les délégués départementaux, ils sont au nombre de 70 au niveau de chaque département. Ils sont élus par un collège électoral composé des conseillers municipaux (article 248 alinéa 1 du Code électoral). Les listes des candidats représentant les candidats au niveau des départements sont investis par les partis politiques (article 250 nouveau, alinéa 1 du Code électoral). En ce qui concerne les représentants du commandement traditionnel, ils sont au nombre de 20 dans chaque région. Ils sont par ailleurs élus par un collège électoral composé des chefs traditionnels de 1er, 2ème et 3ème degrés autochtones, dont la désignation a été homologuée, conformément à la réglementation en vigueur.

Les listes des candidats représentant le Commandement traditionnel sont conduites par un candidat ayant la qualité de chef traditionnel de 1er ou de 2ème degré (alinéa 2 de l’article 50 nouveau du Code électoral). Dans cette perspective, il va sans dire que le Rdpc est d’ores et déjà le grand vainqueur des premières prochaines élections régionales au Cameroun. Premièrement, puisque les délégués départementaux sont élus par les conseillers municipaux, le parti de Paul Biya va te tailler la part du lion puisqu’il contrôle 316 mairies sur 360; l’Undp vient en deuxième place avec 16 mairies, le Pcrn compte 7 maires, l’Udc a 6 maires et le Mdr a à son actif 4 maires.

Deuxièmement, en ce qui concerne les représentants du commandement traditionnel, il va sans dire que même à ce niveau, le Rdpc a le vent en poupe car par le fait des traitements de faveur que leur accorde le pouvoir, en terme d’allocations mensuelles, on peut aisément penser qu’ils auront la préférence pour le Rdpc en face des autres partis politiques, surtout que Paul Biya s’est toujours positionné comme un des leurs, le N’nom Ngui, dans sa région natale.
Représentativité des élus en question
C’est une vieille ritournelle. Au Cameroun il y a un décalage national en fonction de la représentativité au niveau des élections locales et législatives.

En ce qui concerne les dernières par exemple, un député dans le Diamaré représente combien de citoyens comparativement à son collègue de la Vallée-du-Ntem, du Djerem ou de la Boumba-et-Ngoko ? On peut multiplier des exemples à l’infini pour arriver à la conclusion que cette pratique n’est pas équitable. Il revient au législateur et partant au pouvoir d’expliciter pourquoi une telle situation.

Il en va de même des élections sénatoriales où chaque région compte 7 sénateurs élus et 3 nommés, invariablement du nombre de la population dans les différentes circonscriptions électorales. En ce qui concerne les élections régionales, qui s’appuient en partie sur les élections municipales, on constate un effort d’aménagement du nombre des délégués départementaux en fonction relativement au nombre de la population en son sein, tout comme il en va du nombre des représentants du Commandement traditionnel. En parcourant la répartition faite par le Décret du 3 dernier, il est clair que les régions les plus peuplés sont sous-représentées alors que celles qui sont les moins peuplées sur surreprésentées.

Journaliste Editorialiste, Panorama papers.

Ainsi de manière générale, certains départements des régions du Sud, de l’Est et de l’Adamaoua ont les plus grands nombres des délégués départementaux et des Représentants du Commandement traditionnel par département. Par contre, tout autant, les régions qui sont plus peuplées ont moins d’élus. Il en va ainsi du Centre, de l’Extrême-Nord, du Littoral ou de l’Ouest.
Léopold DASSI NDJIDJOU


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