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Afrique - 6 jours ago

Cameroun > Exploitation minière: L’incompréhensible blocage de Paul Biya

La présidence de la République freine le développement harmonieux et efficient de ce secteur selon des chercheurs internationaux.

Une étude sur la cartographie des déficits d’intégrité dans la chaîne de valeur  minière au Cameroun, étude réalisée en 2020 par transparency International, montre que l’absence de décret d’application du code minier de 2016 est source de nombreuses pratiques illicites qui empêchent une exploitation  harmonieuse et efficiente du sous sol camerounais.

Parmi les obstacles, Transparency International  cite la confusion qui règne sur la personne habilitée à délivrer la carte d’artisan minier  son renouvellement , l’autorisation  et des permis d’exploitation sans le décret d’application ; ce qui crée une cacophonie entre les autorités centrales et locales et entraîne toutes sortes de déviance : trafic d’influence, corruption, et fraude. Conséquence les revenues collectées sont difficilement traçables.

S’agissant des entreprises qui exercent sur le terrain cette étude souligne que 95% d’entre elles sont détenues  par des étrangers (Chinois et Sud coréens) alors que derrière chacune  se cachent des personnalités haut placées de la République d’où l expression  consacrée dans le secteur minier « Le chinois de… ».

Ce texte d’application de la loi  minière  de 2016 selon des sources concordantes, a déjà été envoyé à la Présidence de la République  depuis 2019 après les travaux en commission avec la primature jusqu’à la relecture ;  en plus de ce décret, celui  portant transfert de certaines compétences aux collectivités territoriales décentralisées est également attendu. La présidence à en croire notre source avait promis la publication  les deux textes en décembre dernier. A la place des décrets attendus le Président Biya a plutôt pris un autre le 14 décembre 2020 portant création de la Société Nationale des Mines (SONAMINE) en remplacement du CAPAM, Cadre d’Appui et de Promotion de l’Artisanat  Minier, qui après 17 années d’existence n’a pas permis au Cameroun de voir plus claire sur ses richesses minières.  

Cinq ans d’attente c’est trop, a indiqué un imminent enseignant de droit qui a requis l’anonymat. Pour  lui, le parlement camerounais devrait à l’avenir donner un délai de réaction à l’exécutif  pour rendre public un décret d’application parce que,  explique t il,   la loi là est comme un commandement que le parlement envoie à l’exécutif, il ne s’agit pas  d’un pouvoir discrétionnaire.

La pratique qui voudrait que derrière chaque chinois se cache une personnalité haut placée de la République est à l’origine de nombreux conflits entre populations locales et exploitants  chinois : le 8 février dernier, le site de Kambélé 2 dans l’arrondissement de Batouri région de l’Est a été le théâtre un grave incident avec à la clé un mort et un blessé grave.

En effet, l’engin d’un asiatique qui se nommerait Wang a percuté mortellement un jeune du village ;  touchée par la mort d’un des siens, la population a mis le feu sur l’engin avant de se rendre à la base de cette entreprise pour saccager les bâtiments qui servent de logement aux personnels de ce fameux Wang. Les forces de sécurité venues disperser la foule en colère ont  tiré à balle réelle selon des témoins, blessant grièvement un manifestant. Plusieurs personnes ont été interpellées et gardées à vue la compagnie de gendarmerie de Batouri.

La colère de cette population serait exacerbée par le fait que cette entreprise qui exploite les richesses de son sol n a jamais rien fait dans le village ce qui a aggravé la tension d’où l’escalade a indiqué un témoin. 

Sur place sur les sites miniers de Kambélé où nous sommes rendus plusieurs fois l’an dernier, beaucoup de ces entreprises qui du reste n’ont pas de nom, sont toujours gardées par des militaires camerounais, ce qui renforce la crédibilité du terme : « Le chinois de… » très rependu dans ces sites.

Il est aussi à noter que la grande majorité des détenteurs des permis de recherches ne répondent pas aux exigences de capacités  techniques et financières, mais plus grave leurs permis sont régulièrement renouvelés après expiration des délais.

Pour mettre un terme à tout ce désordre et permettre au Cameroun de tirer profit de ses richesses minières, Transparency Internatuinal plaide pour la publication du décret d’application du code minier de 2016. Son président Henri Njoh Manga Bell lors de la conférence de presse du 17 février 2021 a souligné que l’absence de ce texte a des conséquences graves qui plombent l’exploitation minière dans le pays.

Ebenizer Diki

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