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Cameroun > Fonds de solidarité nationale: Flou dans la gestion des dons en nature

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Alors que le Premier ministre et le ministre de la Santé publique ont apporté des clarifications dans la gestion financière de ces fonds, du camouflage persiste dans la gestion des dons en nature qui, selon le Minsanté, ont déjà été remis aux gouverneurs des 10 régions.

Alors que la pandémie semble être maîtrisée puisque le taux de guérison est de 87,5% contre un taux de létalité de 2,3%, les camerounais sont davantage beaucoup plus intéressés par le mode de gestion des fonds alloués au ministère de la Santé publique, pour la gestion de la pandémie. Après le ramdam que cet intérêt a suscité dans les journaux classiques et dans les réseaux sociaux, le Premier ministre, Joseph Dion Gute, a signé le glas de la cacophonie le 22 juillet dernier.

A sa suite, le ministre de la Santé publique, Manaouda Malachie, a donné un point de presse le 24 juillet dernier, pour apporter des clarifications sur la gestion financière et logistique, adossée sur un système propre aux règles de finances publiques, dont l’une des plus pertinentes est le principe de séparation entre l’ordonnateur et le comptable. « Ce principe permet notamment de relever que les fonctions d’ordonnateur assurées jusqu’ici par le ministère de la Santé publique, à travers le secrétaire d’État en charge de la lutte contre les épidémies et les pandémies sont clairement distinctes de celles du comptable public qui assure le paiement des dépenses effectuées par l’ordonnateur. Le comptable en question ici est donc le Trésor public qui assure régulièrement le paiement des dépenses exécutées suivant le principe de la commande publique », a-t-il indiqué.

8 000 litres de solution hydro-alcoolique

Suivant donc ce mécanisme, le Minsanté a révélé que du point de vue des dépenses totales effectuées, la riposte sanitaire a coûté au cours des cinq derniers mois un montant total de 20 milliards 204 millions 325 mille 314 Fcfa. Un montant qui a entre autre, permis de construire des unités d’isolement, de réhabiliter et d’étendre certains hôpitaux, d’aménager des centres spécialisés et des sites d’isolement, d’acquérir des équipements médicaux et de prendre en charge des personnes confinées. Si tout semble clair pour l’opinion nationale sur la gestion financière de la pandémie depuis la sortie du patron de la santé, le brouillard empêche encore de voir un peu plus clair dans la gestion des dons en nature. Car à en croire Manaouda Malachie, il les a transférés aux gouverneurs des 10 régions depuis le 1er mai 2020. Il s’agit entre autres, du don de 4 000 sacs de riz de 25 Kg l’unité, offert par Orca, de 2 000 cartons de produits Nestlé, de 8 000 litres de solution hydro-alcoolique de la Société générale du Cameroun, du don de savons et en eau de javel de Gipcam ainsi que du don de la Société Azur.

Recensement des bénéficiaires

Mais curieux est de constater que depuis lors, la distribution de ces dons n’est pas encore effective sur le terrain jusqu’à ce jour. Alors que dans un communiqué conjointement signé le 29 avril dernier par les ministres de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, des Affaires sociales, Pauline Irène Ngono, de la Promotion de la femme et de la famille, Marie Thérèse Abena Ondoa et de la Santé publique, Manaouda Malachie, il en ressortait que la mise à disposition de ces colis devra se faire prioritairement au profit des personnes socialement vulnérables, préalablement identifiées par les services techniques régionaux compétents.

Plus de deux mois plus tard, l’on se demande si la procédure de recensement des bénéficiaires n’est pas encore achevée au niveau des régions. Puisque rendu au Centre d’écoute et de transit de Yaoundé (Cety) à Elig-essono et au Club des jeunes aveugles réhabilités du Cameroun (Cjarc) à Ekié le 27 juillet dernier, les responsables de ces institutions qui abritent des personnes très vulnérables nous ont fait savoir qu’ils n’ont encore rien reçu de ces dons. L’on se demande par ailleurs pourquoi les gouverneurs des 10 régions du pays gardent un silence assourdissant sur la question alors qu’ils devraient déjà eux aussi apporter des précisions sur la distribution de ces dons.

Rostand Tchami


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