Afrique LA UNE Médias Société panorama 25 septembre 2020 (0) (69)

Cameroun > Gratitude: Lindovi Ndjio revient sur son passage à la police

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Les mots me manquent pour le dire. “Merci” ne suffit pas pour vous exprimer ce que je ressens depuis hier soir.

Ceux qui m’ont accueilli à l’annexe du journal Le Messager hier soir ont pu lire dans le plus profond de mon cœur. J’ai pu les étreindre, sans parfois parvenir à prononcer les mots qu’il fallait. Ce petit cercle d’amis de tous les jours avait à peine bouclé le plan de la “lutte” que les confrères comptaient mener contre les bourreaux de la liberté de la presse, que ma silhouette s’est invité à leur table. Imaginez!

Je voudrais ici témoigner ma gratitude à la communauté de mes amis, frères, confrères et connaissances, qui se sont mobilisés pour écourter mon séjour dans les couloirs sombres et imprévisibles de la police. J’avoue que je n’ai pas subi de sévisses corporelles, mais la séquestration près de 48h sans motif est une torture psychologique aussi cruelle qu’un meurtre. Au risque de frustrer ou de heurter quelques sensibilités, je ne me risquerais pas dans l’exercice de l’énumération.

Mais permettez-moi de citer Christophe Bobiokono, le directeur de publication de Kalara qui a énormément œuvré pour les besoins de la cause, aux côtés de Me Emmanuel Simh, l’avocat commis à ma défense par le directeur de publication de La Nouvelle Expression, Séverin Tchoukeu. Et je les ai parfois vus au commissariat à des heures indues pour se battre pour moi. Cet avocat des causes perdues, qui sait se sacrifier pour l’intérêt humain. Objectif atteint. Merci au Syndicat national des journalistes du Cameroun (Snjc) dont le président Thierry Ebah est arrivé à point nommé, pour me ramener hors de mon cachot.

J’aurais pu le faire depuis hier, mais comme vous le constatez certainement, je suis off depuis ma libération. Le téléphone n’est plus opérationnel depuis ma libération. Je ne sais pas ce qui s’est passé, après qu’ils l’aient “exploité”. Je n’ai pas pu le dépanner. Du coup, je suis off whatsapp. Je serai des vôtres d’ici peu.
C’est l’occasion pour moi de faire une petite mise au point.

Mes chers confrères Jean Baptiste Ketchateng et Albert Patrick Eya ont déclaré pour l’un que “je suis un fanatique de Kamto”, et pour l’autre que “les journalistes arrêtés n’ont pas agi comme journaliste (les mots ne sont pas exacts)”. J’en ris simplement et je refuse de croire qu’ils ont gobé l’argument selon lequel j’ai escaladé le mur de M. Kamto (argument ventilé par certaines sources policières). Je dis et répète que je me suis rendu chez M. Kamto pour des raisons professionnelles, parce que le sujet qui m’intéressait nécessitait ce déplacement périlleux. Et que je me suis présenté à mes bourreaux policiers comme journaliste.

Lesquels se sont montrés curieux qu’un journaliste y arrive, malgré les multiples barrières policières. En attendant que l’on me trouve une carte du Mrc, je suis encore et seulement journaliste. Peut-être critique, mais patriote. Je suis ce que je suis avant Kamto. Il fallait juste un peu de courage pour oser s’y rendre ce jour-là. Et ce n’est pas criminel, mais plutôt risquant et risqué. Etre journaliste c’et accepter de prendre parfois le risque. Ma Maxime comme journaliste a toujours été : “Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n’ont point de bouche…”.
L’africain, Reporter and not supporter


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