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Société - Une - 5 jours ago

Cameroun > Incident de Foumban: C’est quoi au juste être Republicain

Ce qui se passe dans la ville de Foumban, capitale de la Cité des Arts située dans le département du Noun à l’Ouest du Cameroun, est un cas d’école sur lequel il sied de s’épancher un peu afin de commencer à comprendre les motivations qui militent en faveur de cet « esprit anarchiste » qui veut s’installer coûte que vaille dans cette partie du pays.

En effet, celles et ceux qui se revendiquent être des « républicains » d’une époque nouvelle là où l’idéologie de la « République » est vieillissante, le sont-ils vraiment lorsque dans leurs actes posés qui se succèdent les uns après les autres, on arrive plus à cerner véritablement les aspirations des militants de cette cause sociale effrayante et au demeurant dangereuse !

Car si la République aime tous ses « enfants » et ne fait pas de distinction de race, de classe ou de genre, il n’est pas sûr en revanche que tous ceux qui se revendiquent être intrinsèquement des « Républicains » le soient au fond de leurs âmes au regard des intentions qui n’ont de véritables objectifs que la destruction des acquis.

Après leur installation, les nouvelles autorités font allégeance au monarque, à l’entrée du Palais des rois Bamoun.

Au fond, en quoi le fait de se dire « républicain » ou « républicaine » constitue-t-il en soi un « brevet de vertu » autorisant à bafouer ou mieux à piétiner les instruments de la légalité républicaine comme par exemple l’autorité d’un personnage central du commandement républicain, représentant par excellence de l’autorité suprême du pays dans un espace géographique bien circonscrit ?

On a l’impression que des gens usent des termes ou des principes auxquels ils n’ont de notions ou de connaissances que le vide dans les combats insensés qui sont ceux de leurs tribuns qui en usent et en abusent même. Et pourtant, se dire « républicain », c’est accepter aussi de fonctionner selon les textes et les règles de la « République » comme ce régime politique doté de certains caractères précis notamment :

Sa Majesté, le Sultan Ibrahim Mbombo Njoya; Roi des Bamoun, amusé par l’incident lors de l’installation du nouveau préfet du Noun

un texte primordial statuant sur comment le pouvoir est organisé, et ici il est question de la Constitution qui ne donne aucune latitude à un personnage fut-il maire d’une commune de se rebeller contre le représentant du garant des institutions ;

le pouvoir qui vient du peuple, mais est délégué à une puissance souveraine qui est l’État représenté dans le cas espèce par l’autorité de la Région, ici Monsieur le Gouverneur ;

et enfin, la population qui veut le vivre-ensemble autour de valeurs communes et dont l’esprit de division qu’on voudrait répandre dans les consciences de certains citoyens, ne serait que s’opposer aux règles républicaines et à la démocratie.

Cela étant rappelé, l’on conviendrait par conséquent avec les adeptes des idéaux républicains dans leur expression légitime et logique que le respect des règles et lois fondamentales organisant l’exercice du pouvoir légal devrait être de mise, pas seulement dans l’intention de tirer la couverture vers des intérêts bassement égoïstes et trompeurs qui ne servent pas la cause d’une région comme celle du Noun, celle-ci qui est pourtant dotée d’atouts socio-économiques qui sans les troubles orchestrées jusqu’ici, auraient déjà permis à cette contrée bien de meilleures retombées au plan national.

Honorable Hermine Tomaïno Patricia Ndam Njoya, lançant son chevalet à l’Assemblée nationale du Cameroun

En définitive, qu’est-ce que serait une république sans son essence même qui est le respect des règles établies pour une gestion saine et collaborative des instruments de la république ? En effet, pour mouler de grands philosophes comme Nietzsche, il a fallu aux républiques qui ont eu la chance de les voir naître des devanciers comme Jaurès.

Pour faire de grands artistes comme Manu Dibango au Cameroun, on a eu besoin de grands éducateurs pour leur enseigner l’art de la pratique instrumentale. Malheureusement, on n’aura jamais besoin d’anarchistes pour construire et défendre une République. Même dans les rêves !

Les militants d’une cause républicaine perdue parce qu’insensée, doivent par conséquent repenser leur idée de la république et s’arrimer aux canaux même qui servent de socles depuis la nuit des temps aux fondements de la République. Il est question d’affranchir les parasites de cette illusion illuminée qui veulent user du désordre pour se frayer des chemins injustes en aggravant la spoliation du peuple à travers leurs mots d’ordre malfaisants.

Oui, il est vraiment question de défendre la république de ces imposteurs là où elle tend à flancher, et surtout là où elle pourrait s’effondrer des attaques à répétition d’une bande organisée militant pour la destruction de ce qui fait la fierté d’un peuple, tant au niveau national qu’à l’international.

Honorable Hermine Tomaïno Patricia Ndam Njoya blesse un député à la tête avec son chevalet l’Assemblée nationale du Cameroun

L’État comme puissance et force de contrôle, doit user des moyens que lui confèrent la Constitution pour mettre un terme à ces exactions qui ne cessent de s’accroître en créant un autre flan de divisions qui pourrait se faire regretter lorsqu’il sera devenu trop tard. Le Nord-ouest et le Sud-ouest nous parlent. Alors, sachons poser clairement les vrais problèmes sur la table, afin de trouver des solutions idoines et adéquates à ce qui reste jusqu’ici impuni parce qu’on laisse encore « courir la bête déchaînée ».

Et que ceux qui soutiennent encore l’insoutenable, se ravisent quand il est encore temps de ne plus fantasmer sur une révolution libertaire et liberticide qu’on leur miroite et qui ne sert pas les intérêts de leur région. Une révolution qui n’aura jamais lieu, ne délirons pas sur l’émancipation soit dite des individus qu’on aurait libérés d’un « esclavage utopique », là même où les pratiques effectives des libertés disparaissent uns à uns avec ces élans de dispersion de l’essentiel hantés par des mythes d’un autre siècle.

En un mot, oui à la république et aux libertés. Mais ne nous trompons pas sur les moyens pour y parvenir ! Surtout avec ces anarchistes qui ne cessent de naître dans les petits plis de la Région du Noun, et dont la pulsion de destruction de ces apologues d’un monde sans limites est à craindre avec les dégâts humains que cela cache.

Bachirou Ndam, Écrivain

Nous vivons une période de vacuité et de malversation intellectuelle inédite se reposant sur des sottises et des laxismes inimaginables. Ce tour de force est encore rendu possible jusqu’ici par un effondrement à la fois intellectuel de ce que l’on appelle aujourd’hui le « débat d’idées » fondé uniquement sur la protection partisane des jeux de défense positionnelle des intérêts personnels à combattre coûte que vaille.

Et quand à faire, retenons une chose, c’est que l’histoire parfois se répète. Il n’y a qu’à rentrer en arrière pour se rendre compte combien ont été éphémères toutes les entreprises qui ont voulu s’exprimer injustement là où elles n’avaient pas place au chapitre !

Bachirou Ndam

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