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Cameroun > Journée internationale de la démocratie: Paul Biya tueur propulseur des libertés

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30 ans d’expérimentation de la démocratie médiatique au Cameroun: entre avancée et reculades

Ce mardi, 15 septembre 2020 est journée internationale de la démocratie. Cette journée se célèbre dans un contexte où il y a un regain de la survivance de l’autoritarisme des officiels gouvernementaux et des autorités administratives dans l’appréciation de l’ordre public. Trente ans après la consécration de la loi du 19 décembre 1990 sur la liberté de la communication sociale au Cameroun, le payasage médiatique n’est pas totalement à l’heure de la démocratie médiatique.

La libéralisation du champ médiatique camerounais a entraîné un foisonnement de titres de presse, de radios, de télévisions, de blogs et de sites webs d’information. Avec l’exubérance des Technologies de l’information et de la communication (Tic), le paysage médiatique s’adapte à la création d’espaces cybernétiques pour la diffusion de l’information. Une telle évolution laisse structurer une variété de supports, corollaire d’une pluralité d’opinions consolidées par le discours officiel sur la liberté d’expression. En 2016, le Cameroun comptait, par exemple, 102 stations de radios, 60 chaînes de télévisions. Cette estimation semble être, à première vue, un indicateur, voire un argument majeur pour illustrer la démocratie médiatique et, par ricochet, la vitalité du 4ème pouvoir.

Sauf que malgré cette évolution quantitative, le saut qualitatif, marqué par une ouverture aux différentes forces politiques, tarde à se concrétiser, en oblitérant les libertés garanties par la constitution du Cameroun. 30 ans après l’avènement des lois sur les libertés publiques et de la communication sociale, le Cameroun connaît un recul ininterrompu dans les classements mondiaux lorsque l’on se réfère aux rapports annuels de l’organisation “Reporters sans frontières” entre 2013 et 2020.

A côté de cette contre-performance au baromètre de la liberté d’expression dans l’arène des médias, d’autres pratiques telles que la tolérance administrative, dans le giron de l’audiovisuel et cette sorte de frontière entre les médias à capitaux publics et les médias à capitaux privés s’apparente à une épée de Damoclès sur les médias à l’ère de la démocratie.

Ces dernières années, il règne, au sein de l’environnement médiatique interne, une chape de plomb sur les médias audiovisuels, laquelle se matérialise par les formes de menaces et d’intimidations des ministres de la république adressées à certaines organes de presse. L’on se souvient encore de la charge du gouvernement camerounais, par la voie du ministre de l’Administration territoriale (Minat), sur Équinoxe Tv, Stv, Radio balafon, le jour. Paul Atanga Nji avait menacé de fermer ces médias pour apologie du terrorisme. Les flèches lacérées du pouvoir de Yaoundé restent donc suspendues sur la tête des promoteurs des médias audiovisuels camerounais.

Serge Aimé Bikoi


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