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Cameroun > Journee mondiale de la démocratie: Paul Biya libéraliste mais dictateur

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Au moment où les nations ont célébré la journée internationale de la démocratie ce 15 septembre 2020, le Cameroun a encore du mal à appliquer dans leur totalité, les principes fondamentaux de la démocratie.

A l’origine, la démocratie désigne un régime politique dans lequel tous les citoyens participent aux décisions politiques au moins par le vote. Aujourd’hui, il désigne tout système politique dans lequel le peuple est souverain. Par extension, la démocratie peut aussi qualifier une forme de société, la manière de se gouverner qu’adopte une organisation ou encore un système de valeurs.

Régime politique mettant en relief la volonté du peuple, le choix de la date du 15 septembre pour célébrer la journée internationale de la démocratie a été effectué par l’Onu et correspond à l’adoption en septembre 1997, de la Déclaration universelle sur la démocratie. Laquelle déclaration pose les principes constitutifs d’une démocratie et définit les caractéristiques et les fonctionnements d’un gouvernement démocratique.

Entre autres,  un gouvernement démocratique est celui qui garantit des libertés fondamentales, soit, généralement, le respect des droits de l’Homme ; notamment la liberté de conscience et de culte, la liberté d’expression et de la presse, la liberté de réunion et d’association.

Si le Cameroun a connu des avancées sur certains plans, dans d’autres, il traine encore le pas. Sur le plan politique par exemple, le pays d’Ahmadou Ahidjo est parti du parti unique des années 80 au multipartisme. Chacun est libre de créer ou d’adhérer au parti politique de son choix et de se porter candidat à une élection. Les citoyens en âge de voter et régulièrement inscrits sur les listes électorales participent librement et sans contrainte aux différentes élections. Concernant la presse, la censure qui existait à l’époque de Pius Njawe, n’est plus qu’un lointain souvenir aujourd’hui.

Les journaux ne paraissent plus avec des pages blanches, les journalistes étant libre de rédiger et publier des articles à leur guise sauf à respecter l’éthique et la déontologie journalistique. Malgré ces avancées remarquables, le gouvernement traine encore avec lui d’énormes tares et retards dans le processus de démocratisation du pays. L’on retrouve encore malheureusement de nombreux journalistes détenus abusivement dans les geôles du pays. Le dernier cas en date, c’est celui du Web journaliste Paul Chouta qui est détenu à la prison centrale de Yaoundé-Kondengui depuis le 27 mai 2019 sans être jugé.

Garde à vue administrative

Pour une affaire de diffamation, il a déjà passé plus de 15 mois incarcérés ; un temps très long vu que la loi prévoit une peine privative de liberté de maxi 06 mois pour ce genre de délit. Que dire des libertés de manifestation qui sont tenaillées par le régime de Yaoundé ? Tout récemment, notamment le 14 septembre dernier, le ministre de l’Administration territoriale a adressé un message-fax aux gouverneurs des régions du Centre, du Littoral et de l’Ouest, pour les instruire d’interpeller et de mettre en garde à vue administrative tous ceux qui s’investiront de quelques manières que ce soit dans les marches pacifiques que projettent de faire les militants du Mrc le 22 septembre prochain. Un acte qui est âprement critiqué par les Organisations de la société civile. Sylvie Ndongmo de Wilpf-Cameroon a d’ailleurs indiqué que “cette décision va davantage cristalliser et frustrer les partenaires sociaux” vu que la liberté de manifestation est un droit fondamental et c’est pour cette raison que le législateur l’a soumis au régime de déclaration et non d’autorisation.

Rostand TCHAMI


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