LA UNE Opinion Politique panorama 14 septembre 2020 (0) (108)

Cameroun: Les élections régionales sans véritables enjeux

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Cabral Libii et Serge Espoir Matomba, juste là pour consolider une autre forfeiture du Rdpc, au pouvoir depuis bientôt 40 ans.

Le 06 décembre 2020, les conseillers municipaux et les Chefs traditionnels de 1er,2ème et 3ème degré, sont attendus aux urnes pour élire les 900 premiers conseillers régionaux de l’histoire du Cameroun, dont 200 représentants du commandement traditionnel.
Chacune des dix (10) régions que compte le pays aura en effet au terme du processus 90 conseillers parmi lesquels vingt (20) Chefs traditionnels.

Les partis politiques investissent 70 conseillers par région et les 20 représentants du commandement traditionnel sont investis par leurs pairs.
Selon le code électoral, toutes les formations politiques et ceux non investis par les partis, ont jusqu’au 22 septembre 2020 pour déposer leurs candidatures au près d’Elections Cameroon, institution chargée de la gestion de l’ensemble du processus électoral et référendaire.

Mais on sait déjà que le la formation politique de Maurice Kamto, principal opposant à Paul Biya, le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (Mrc) et le Social Democratic Front (Sdf), autre poids lourd de l’opposition, ne seront pas de la partie presque pour les mêmes raisons à savoir notamment : la persistance du conflit armé dans les deux régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest et l’absence de réforme consensuelle du système électoral.

Il faut néanmoins relever que même si le Mrc et le Sdf décidaient de prendre part aux régionales à venir en l’état actuel des choses, leur chance d’avoir des conseillers régionaux serait quasi nulle.

S’agissant du Mrc, le parti s’est volontairement privé de la possibilité d’avoir des “grands électeurs” au moment des régionales en décidant de boycotter le double scrutin législatif et municipal du 09 février 2020 pour les mêmes raisons ci-dessus évoquées.

En ce qui concerne le Sdf, le nombre de ses conseillers municipaux glanés au terme des élections de février dernier, ne peut lui permettre d’espérer peser dans une quelconque Assemblée régionale.
Cependant, le boycott des régionales par ces deux formations politiques a une grande portée symbolique et politique ; et ce d’autant plus qu’à côté d’eux, de nombreuses formations politiques se réclamant de l’opposition et dont certaines n’ont obtenu aucun élu lors du récent double scrutin législatif et municipal, ont annoncé qu’elles participeront aux élections régionales.

Le Parti Camerounais pour la Réconciliation Nationale(Pcrn) du député Cabral Libii, candidat arrivé 03ème à la dernière élection présidentielle du 07 octobre 2018, conscient de sa future défaite électorale, affirme qu’il va aux régionales “pour apprendre”
Au delà de l’apprentissage que certains peuvent brandir comme argument, il y a aussi un important enjeu pécunier, car l’Etat finance les campagnes électorales.
A la vérité, étant entendu que les régionales se déroulent au suffrage indirect, personne ne doute de l’écrasante victoire du parti au pouvoir, le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais(Rdpc) à ces élections au regard de ses résultats obtenus lors des municipales de février 2020 selon lesquels le parti du flambeau ardent contrôle plus de 315 communes sur les 360 que comptent le Cameroun.

Il y a donc peu de suspense, même si la scène politique a parfois servi aux Camerounais des petites surprises, probablement après des tractations en secret entre les partis ou leaders politiques, comme ce fût le cas de la victoire inattendue de la liste du Sdf dans la région de l’Adamaoua lors des sénatoriales du 14 avril 2013, autres élections au suffrage indirect, alors que le parti n’avait aucun conseiller municipal dans la région.
En dehors donc des tractations secrètes entre acteurs de la scène politique ou d’éventuels rejets des listes du Rdpc, rien ne semble être à mesure d’empêcher la victoire du parti au pouvoir aux régionales.

Éric Boniface Tchoukeu, Journaliste éditorialiste. Chef de Chaîne Radio Siantou. Conseiller Editorial et founding father panorama papers

L’attention sera d’ailleurs plus focalisée sur ses listes afin de savoir qui seront les potentiels premiers dirigeants des régions, même si ces collectivités territoriales décentralisées n’ont que des pouvoirs limités dans des domaines non régaliens.
Par ailleurs la mise sur pied des régions, institutions prévues dans la constitution du 18 janvier 1996, apparaît au finish comme le grand enjeu des régionales du 06 décembre 2020.


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