LA UNE Opinion Société panorama 26 août 2020 (0) (136)

Cameroun > Les inondations à Douala: La goutte d’eau qui déborde le vase.

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Le week-end dernier(vendredi, 21 août 2020), les populations locales de la capitale économique ont passé plusieurs heures dans la tourmente à cause des pluies torrentielles ayant entraîné des dégâts matériels innombrables.

Le cauchemar des inondations, qui reprend droit de cité à Douala avec la forte pluviométrie, incline à contextualiser, à nouveau, le problème de l’urbanisation dans les grandes villes camerounaises.

Sans fioriture, l’agent causal majeur de la survenue des inondations dans les grandes métropoles est l’absence d’un plan d’urbanisation permettant de stratifier différents investissements dans l’espace urbain. Un plan d’urbanisation souscrit, en effet, à une logique formelle de construction des grandes villes et des villes secondaires ou périphériques. A la base, Yaoundé et Douala sont des constructions coloniales. C’est pour cette raison que certains bâtiments administratifs présentent une façade et une architecture typiquement coloniales à travers des formes anciennes de construction, lesquelles remontent à plusieurs décennies. Mais, au fur et à mesure que les années s’écoulent, L’État ne planifie, ne structure et ne construit pas les villes suivant un modèle urbain viable et durable.

A preuve, un regard holistique sur les grandes métropoles incline à répertorier une jonction, dans le même espace urbain, des écoles, des entreprises, des centres de santé, des églises, des administrations, des logements, des bars-dancings, des terrains de jeu, des marchés, des garages, ainsi que des activités informelles génératrices de revenus. Au regard de cet amoncellement des investissements formel et informel, lesquels créent un phénomène du chaos urbain, il apparaît que rien n’est structuré de manière à opérer un distinguo, voire une dissociation entre ces différents investissements dans l’espace urbain.

En réalité, les grandes villes camerounaises sont devenues, depuis le début des années 90, des grands marchés, où se côtoient les activités de l’économie populaire urbaine, les constructions anarchiques, les structures informelles et une dynamique circulatoire d’une démographie galopante, dont la population est, foncièrement, cosmopolite. A cette cause cruciale des inondations, laquelle est imputable à L’État régulateur, dont la forfaiture est constatée en amont, se juxtapose une litanie de déterminants non-négligeables, dont les populations locales sont, dans la même veine, responsables en aval.

Serge Aimé Bikoi, Journaliste Editorialiste, Rédacteur en chef panorama papers. Sociologue du développement.

Ces invariants se déclinent en une nomenclature de facteurs ci-après : l’incivisme des populations, dont l’ethos routinier est de jeter les ordures dans les caniveaux ; l’absence de curage des drains emplis de déchets divers; les constructions anarchiques ; l’érection des logements précaires dans les zones marécageuses, les flancs de collines et sur les montagne et l’absence de canalisation des eaux. Toute chose permettant le ruissellement des matières hétérogènes, à l’instar des bouteilles dans les centre villes. Toute chose qui créé des piscines d’une autre nature. Vivement que les maires des villes, les départements ministériels de compétence, les planificateurs, les architectes et les urbanistes rompus à la tâche s’attèlent résolument à résoudre le problème de la survenue des inondations dans les grandes villes camerounaises. Un problème qui date!

Serge Aimé Bikoi, journaliste et Sociologue du développement


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