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Cameroun > Lutte contre la corruption: La Conac recouvre 1602 milliards de Fcfa en 10 ans.

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Ce samedi, 11 juillet 2020, est célébrée la 4eme journée africaine de lutte contre la corruption. Elle se célèbre dans un contexte de la célébration de la décennie de lutte contre ce fléau.

A cette occasion, le président de la Commission nationale de lutte contre la corruption, Dieudonné Massi Gams, a fait savoir que pendant dix ans, l’organe dont il tient les rênes a recouvré, au total, 1602 milliards 69 millions 114mil 37 Fcfa. C’est à la faveur des dénonciations des particuliers et des institutions et des enquêtes approfondies que cet organe a réussi cette prouesse. “Les dénonciations, explique le président de la Conac, sont passées de 482 en 2010 à 23048 en 2018, soit une évolution de 4682%. Plusieurs agents publics corrompus ont été sanctionnés par leurs administrations”.

Dieudonné Massi Gams fait aussi savoir que plus de 300 entreprises ont été suspendues par le ministère des Marchés publics (Minmap). Entre autres activités ayant permis à la Conac de rentabiliser son fonctionnement, figurent les instruments opérationnels (Programme national de l’intégrité) et des instruments d’intervention, tels que les Initiatives à résultats rapides (Irr). Grâce à ces instruments de lutte contre ce fléau, Massi Gams évalue des retombées en termes de gains perceptibles. Comme première retombée, le niveau de la corruption est en baisse. Selon les études de la Conac, l’indice de perception indique une baisse de 0,73%, c’est-à-dire de 6,6/10 en 2010 à 5,87/10 en 2015. La gangrène est encore rampante dans les secteurs les plus touchés, tels que les marchés publics, les finances, la justice et les forces de l’ordre.

Autre retombée non des moindres, le changement de mentalités. Ce déterminant se mesure à l’aune de la baisse du niveau de tolérance de la corruption. En effet, informe Massif Gams, plus de citoyens sont prêts à dénoncer. De 482 dénonciations reçues à la Cognac en 2010 à 3982 en 2017, soit une augmentation de 726%. 23048 dénonciations reçues en 2018 avec la mise en marche de la ligne verte.

Cependant, des difficultés continuent de joncher le travail de la Conac. Entre autres difficultés, l’absence d’une loi anti-corruption, l’absence de textes d’application de l’article 66 de la Constitution portant déclaration des biens pour les hauts cadres du pays, de même que la loi portant Code de transparence et de bonne gouvernance dans la gestion des finances publiques au Cameroun de 2018. Autres difficultés non des moindres, les agressions multiformes des membres du comité de coordination et agents de la Conac, la méconnaissance de cet organe comme démembrement de L’État par certains magistrats. Aussi note-t-on une faible dotation pécuniaire et de ressources humaines de la Conac ne favorisant pas son déploiement dans tout le pays et à l’étranger pour rechercher les avoirs et produits de la corruption logés dans les banques et les paradis fiscaux.

Solutions à envisager pour lutter contre la corruption

Neuf solutions ont été énoncées par le président de la Conac dans le dessein du renforcement des actions de cette structure pour avoir plus de retombées.

  1. Adoption dune loi anti-corruption
  2. Mise en place d’une structure chargée de la gestion des avoirs saisis ou confisqués
  3. Adoption d’une loi sur l’enrichissement illicite
  4. Déclaration des biens et du patrimoine
  5. Gestion des fruits de la lutte contre la corruption (argent, biens immeubles,etc)
  6. Protection des lanceurs d’alerte ou dénonciateurs/ incitation des lanceurs d’alerte
  7. Intégration du programme national d’éducation à l’intégrité dans le système scolaire national.
  8. Implémentation réelle de la Snlcc par toutes les administrations
  9. Décentralisation de la Conac

Serge Aimé Bikoi


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