Afrique LA UNE Opinion Politique Politique panorama 28 février 2020 (0) (1330)

Cameroun > Macron#Biya: Les enjeux d’un coup de fil qui fait trembler le pouvoir de Yaoundé

Partager

Mais que se passera-t-il si finalement il appelle le président de la République du Cameroun pour « lui mettre la pression afin qu’il libère les prisonniers apolitiques» et qu’il résolve définitivement la crise anglophone ?

A bien analyser les propos d’Emmanuel Macron, il est indéniable que le Cameroun est sous-tutelle française. Et cela peut se démontrer de 4 façons. Premièrement, Il a dit être au courant qu’il y’a un génocide au Cameroun contre la minorité anglophone mais il arme la milice de Paul Biya en équipement de vision nocturne pour qu’elle continue de massacrer indefiniment la population civile. Mais que fait-il pour arrêter ce génocide? Puisqu’il a plus d’information que le commun des camerounais vu qu”il dispose des informations satellitaires et les informations des cooperants militaires francais au Cameroun que le commun des camerounais n’a pas. Et si Macron dit qu’il y ‘a génocide, la route de la Cour pénale internationale est entrain de s’entrouvir indubitablement.

La Cpi rendra justice un jour à ces milliers d’innocents victimes anglophones. Deuxièmement, la justice camerounaise est gerée depuis Paris car les juges camerounais n’ont aucun pouvoir dès lors que Paris a déja décidé vu que c’est Macron qui a demandé et obtenu la liberation du Pr Maurice Kamo. Troisièmement, Vu qu’il dit dans la même vidéo qu’il travaille depuis lors avec les Ong et la société civile, cela voudrait dire qu’il ne traite plus rien avec le président de la République du Cameroun. En déclarant qu’il a demandé au chef de l’État “d’ouvrir le jeu”, on peut comprendre que la loi sur la décentralisation proposée par Paul Biya et compagnie et tant vantée par les thuriféraires du régime, est en realité une instruction de Macron à son homologue camerounais. Quatrièmement et enfin, si la sortie du président français n’est pas juste de l’hypocrisie politique, c’est qu’on peut penser à juste titre que le locataire d’Étoudi est devenu le mal-aimé de tous!

Au commencement

« J’ai mis la pression sur Paul Biya pour que d’abord il traite le sujet de la zone anglophone et ses opposants. J’avais dit, je ne veux pas qu’on se voit à Lyon tant que Kamto n’est pas libéré. Il a été libéré parce qu’on a mis la pression. Et là, la situation est en train de se redégrader. Je vais appeler la semaine prochaine le président Biya et on mettra le maximum de pression pour que cette situation cesse », déclaration faite par le président de la République française, Emmanuel Macron, le 22 février dernier lors du salon de l’agriculture à Paris, répondant à un activiste camerounais, fondateur de la Brigade anti sardinard (Bas), Abdoulaye Thiam alias Calibri Calibro tout en demandant à ce dernier de dresser la liste des prisonniers politiques incarcérés au Cameroun à son conseiller Afrique afin qu’il la lui remette « pour son appel à Biya ». Ce sont ces propos tenus à Paris qui ont frappé comme un coup de tonnerre à Yaoundé. Le vrombissement des manifestations d’indignation doublé des sorties épistolaires de certains caciques du pouvoir étaient à l’image d’un animal qui vient à peine d’être blessé dans sa chair et qui s’affole un peu de partout dans la nature sans véritablement se contrôler. Comme quoi, le coq a chanté et tout le village s’est levé.

Sauf que tous ceux qui se sont levés ne l’ont pas fait pour contester la véracité de ce que le président de la France a dit, mais plutôt et simplement pour s’insurger contre la condescendance avec laquelle Emmanuel Macron a parlé du président de la République, Paul Biya et pour rejeter les allégations de l’activiste camerounais Calibri Calibro. Faut-il le rappeler, ce dernier a dit au président de la France qu’il y a un génocide au Cameroun en prenant pour alibi le massacre de vingt-deux villageois à Ngarbuh dans le Donga-mantung, région du Nord-ouest, le 15 février dernier.

Le ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi a par exemple rendu public un communiqué de presse le 23 février dernier dans lequel il souligne, que « le gouvernement condamne l’acte de ce quidam qui se revendique d’appartenance à un peuple dont on connait la fierté et la dignité, et qui a cru devoir interpeller le chef de l’Etat d’un pays avec lequel le Cameroun entretient des relations d’amitié et de coopération anciennes, étroites, vu et mutuellement bénéfiques, et qui ont toujours été fondées sur les principes sacrés de la souveraineté des Etats et du respect mutuel ».

A sa suite, le ministre d’Etat, secrétaire général de la présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh et le secrétaire général du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) ont eux aussi, fait des communiqués, dans lesquels ils fustigeaient l’attitude de Calibri Calibro, étaient surpris des propos tenus par Emmanuel Macron, mais sans contredire ce qu’il a dit. Une meute de pseudos patriotes nourrit par des appétits financiers a décidé de jacasser devant la représentation diplomatique de la France au Cameroun pour dire « non » à l’ingérence étrangère dans les affaires du Cameroun tout en réclamant des excuses publiques au président français pour ses propos condescendants auquel cas, ils ne devaient pas libérer la devanture de l’Ambassade.

Macron n’a pas répondu, mais les manifestants ont déjà tous disparu. Cependant, que dit le président de la République lui-même ? Le chef de l’Etat garde un silence assourdissant puisque n’ayant pas encore réagi à la déclaration de son homologue français. Deux règles d’or en droit stipulent que « le silence vaut acceptation » et “qui ne dit mot consent”. Est-ce à dire que le silence du président de la République confirme tout ce que Macron a dit ou alors il considère tout simplement que « les chiens aboient, la caravane passe » ?

Et donc…

Ce proverbe Arabe, jadis employé pour décrire le comportement impassible des chameaux, très prisés par les peuples sédentaires d’Afrique du Nord, lorsqu’ils passaient à proximité des campements nomades et ceci malgré les aboiements incessants des chiens chargés de les défendre, caractérise une personne qui est sûre de ses choix, et que même les critiques d’autrui ne peuvent la faire reculer. Si tel est le cas, alors le président de la République du Cameroun reste fidèle et concentré dans sa vision de combat pour ramener la paix dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest et fait fi des propos du président français.

Rostand Tchami Houdja, Journaliste

Seulement, qu’adviendra-t-il lorsque ce dernier passera le coup de fil annoncé à Paris ? Le président camerounais le boudera ou alors mettra-t-il en application les recommandations qui lui seront données par son interlocuteur ? Et si finalement il obtient une fois de plus au moyen de la « pression » la libération des « prisonniers politiques » comme il l’a fait pour le président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc), quelle sera la position de ceux qui ont clamé haut et fort au départ que « le Cameroun est un Etat souverain » ?


Partager

Leave a comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *