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Cameroun > Mairie de Bandjoun: La reconnaissance porte Maptue aux commandes

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« Nous avons un devoir de reconnaissance particulière. J’allais dire comme on dit chez nous, quand quelqu’un a travaillé autant que le patriarche Fotso Victor, même si on vous montre une source d’arbre en disant que voici celui qui va remplacer Fotso, on ne regarde pas la souche. C’est Fotso que nous regardons. C’est lui que nous regardons et s’il s’agit d’une souche pour le remplacer, nous allons nous occuper de cette souche pour donner de bonnes raisons à chacun de nous de son vivant de donner le meilleur de lui-même, en étant sûr que lorsqu’il va s’effacer, la Patrie sera reconnaissante. Et c’est de cela qu’il s’agit », ainsi est dite la messe qui consacre le choix porté sur Maptue Fotso Nicky Love. Exit les ambitions légitimes des conseillers municipaux Emmanuel Chatue et David Kengne, consumées à l’autel de la discipline du parti. Ils auront jusqu’à la dernière minute résister à la sollicitation du parti les conviant l’un à être en pole position lors des régionales et l’autre d’être la doublure de Nicky Love, selon des indiscrétions proches du Conseil municipal. De ce fait, l’ex-ministre des Finances et aussi des Armées, confient aux hommes politiques du département et de l’Ouest en général, que des hommes qui auront servi le parti avec diligence, abnégation à l’exemple de Fotso Victor, la Patrie sera reconnaissante en œuvrant pour que leur descendance prenne la relève. Pour le Rdpc, les critères de choix pour remplacer le richissime homme d’affaires ne portaient nullement sur quelconque capacité à faire ceci ou à faire cela. La question état de récompenser l’homme qui « s’est effacé », en plaçant sa fille sur son fauteuil à la Mairie de Bandjoun-Pete. Il a poursuivi en rappelant aux élites politiques de la région que si la fille de Fotso n’avait pas été portée à la tête de la mairie, cette situation fâcheuse aurait amené les autres Camerounais du Sud du pays d’abord et ensuite des autres contrées du pays à se poser des questions sur la capacité de l’homme de l’Ouest à reconnaître le mérite de son frère et à le récompenser de manière conséquente. « Je voudrai vous remercier tous de n’avoir pas failli à votre devoir de mémoire, à votre devoir de reconnaissance, parce que si tel avait été le cas, nous commencerions à nous poser, nous qui sommes là-bas du Sud, ou même d’ailleurs, nous commencerions à nous poser la question : pouvons-nous compter sur l’homme de l’Ouest, sur sa capacité à être reconnaissant ? Pouvons-nous compter sur l’homme de l’Ouest, sur sa capacité à reconnaître le travail et le mérite de son frère et de ses frères, et alors à le récompenser en conséquence », s’est-il interrogé.
La dynastie Fotso à l’épreuve de la démocratie
Les propos d’Akame Mfoumou, pour sages qu’ils soient, pose un sérieux problème de cohabitation entre respect de la liberté politique et le « devoir de reconnaissance ». La reconnaissance, doit-elle se faire au détriment de la liberté politique de se porter candidat à la mairie contre la fille de Fotso Victor ? Personne ne peut oublier l’œuvre colossale accomplie par ce patriarche dans sa ville et dans tout le pays. « Je vous dis à homme spécial, mérite spécial, traitement spécial », s’en est ouvert le missionnaire du Comité central du Rdpc. Pour autant, ne faudrait-il pas passer par le vote pour laisser la libre manifestation de la reconnaissance ? Depuis dimanche, les tractations menées par l’élite du Sud pour imposer la discipline dans les rangs du parti ne sont pas allées sans anicroches. Cela a été tellement ouvert et visible qu’au moment où le Conseil municipal entrait en salle pour le choix du nouveau maire, quelques manifestants bravant toutes les craintes et les peurs, sont venus dans l’enceinte de la Mairie avec des pancartes assez hostiles envers la fille de Fotso Victor. Oui, pour cela Edouard Akame Mfoumou en est conscient et indique que nul n’est parfait. « Je voudrai ajouter que personne n’est parfait, qu’on soit fille ou garçon, on a des défauts. Il n’existe donc pas d’homme parfait, encore moins celui qui vous parle sinon je ne serai pas dans les plantations aujourd’hui après avoir été ministre d’Etat. Ça montre que quelque part j’ai encore beaucoup d’efforts à faire », a-t-il confessé. En résumé, la fumée blanche est sortie, tout Bandjoun l’a vue, au nom d’un « acte spécial de reconnaissance parce que comme vous le savez, les grands hommes ne meurent pas, ils s’effacent. Il serait de bon ton que nous évitions des dissensions, des disputes sans avoir même vu le corps de celui qui a été avec nous, nous ne l’avons même pas encore accompagné à sa dernière demeure. Je crois qu’un tel comportement ne serait pas digne de l’Ouest qui nous a souvent servi de repère dans certains domaines », a reconnu le pèlerin du Rdpc. Ceux qui sur des pancartes relayaient le message d’un niet à une quelconque succession de gré à gré à la tête de la Mairie, devront donc désormais faire contre mauvaise fortune, bon cœur.


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