LA UNE Opinion Politique panorama 16 septembre 2020 (0) (108)

Cameroun > Marche du 22: Me Fabien Kengne renvoie les administrateurs à l’école du droit

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Pour toute personne qui veut apprendre, abreuvez vous ici: Manifestez est un droit de l’homme, imprescriptible et inaliénable.

Mes très chers compatriotes, au moment où notre beau pays le Cameroun vit une dictature unique en Afrique, où le peuple camerounais est en proie à une misère sans précédente, et ploie sous le poids d’un chômage généralisé et de la misère physique et morale, du fait du pillage de la fortune publique par une clique de dirigeants illégitimes qui ont bradé et continuent de brader nos ressources naturelles, au moment où notre pays est en dislocation du fait de la haine tribale et des différentes guerres fratricides enfantées par la mauvaise gouvernance et le tribalisme institutionnel, n’est il pas temps de mettre un terme à notre descente commune aux enfers par une protestation pacifique ?

L’immense majorité de camerounais sont favorables à cette option et ne parviennent pas à dominer leurs peurs, intoxiqués par l’enfumage et le déni du droit, les menaces sauvages de poursuites judiciaires et d’emprisonnement, et même d’assassinat tout court, menaces qui seraient plus orientées vers certaines tribus ainsi qu’un des chantres de la communication du Parti-Etat-RDPC en a fait la révélation.

Autant vous le dire mes très chers compatriotes, par amour pour vous et notre patrie, chacun d’entre nous à le droit d’exercer sa liberté d’expression, de manifestation, de religion, d’opinion, dans le cadre de nos textes de loi et des traités et conventions internationaux, librement ratifiés par le Cameroun. C’est ce droit qui permet à tout citoyen de participer à la gestion de la cité, de contrôler et sanctionner le cas échéant, tout Dirigeant, en vertu du mandat qu’il lui a conféré. En réalité, tout gouvernant n’exerce sa fonction que pour le compte de son mandant qui est le peuple et le mandat qui lui a été donné peut lui être retiré à tout moment.

Si nous en sommes arrivés là où nous sommes aujourd’hui, c’est parce que nos mandants se sont affranchis du mandat que nous leur avons donné, même si ce mandat est illégitime, pour devenir pour la plus part des monstres arrogants et méprisants, pilleurs et “bandits et menteurs internationaux”.

Notre droit fondamental de manifester tire sa source des instruments juridiques nationaux et nationaux suivants, sans exhaustivité :
1- La Charte des Nations Unies.
2- La déclaration Universelle des Droits de l’Homme
3- Le Pacte International Relatif aux Droits Civils et Politiques
4- Le Pacte Facultatif se Rapportant au Pacte International Relatif aux Droits Civils et Politiques.
5- La Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples
6- La Constitution du 18 Janvier 1996, modifiée par la loi n°2008 du 14 Avril 2008, dans l’intérêt d’un système qui perdure.
7- La loi n°90/53 du 19 Décembre 1990 Portant sur la liberté d’association modifiée et complétée par la loi n°99/011 du 20 Juillet 1999.
8- La loi n°90/55 du 19 décembre 1990 Portant régime des réunions et des manifestations.

L’énumération de ces instruments juridiques obéit au principe de la hiérarchie des normes juridiques, qui consacre la primauté, ou la supériorité des textés internationaux sur notre constitution, et celle de notre constitution sur les lois nationales. Il en résulte qu’en aucun cas notre constitution ou nos lois ne peuvent être contraires aux textes internationaux régulièrement ratifiés, et qu’en cas de conflit, ce sont les textes internationaux qui s’appliquent, malgré les avis dissidents de certains intellectuels faussaires.

Notre constitution ne dit d’ailleurs pas le contraire lorsqu’elle dispose :

Article 45 :
« Les traités ou accords internationaux régulièrement approuvés ou ratifiés ont dès leur publication, une autorité supérieure à celle des lois, sous réserve pour chaque accord ou traité, de son application par l’autre partie » ;

Notre code pénal le réitère :
Article 2.
« Les règles de droit international, ainsi que les traités dûment promulgués et publiés, s’imposent au présent code, ainsi qu’à toutes disposition pénales. » ;

Pour revenir au droit de tout citoyen d’exercer ses libertés, notamment son droit de manifester, retenons les extraits suivants :

La déclaration Universelle des Droits de l’Homme
Article 1er

Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits.
Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité”.

Article 2.1

Chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes libertés proclamées dans la présente déclaration sans distinction aucune, notamment la race, la couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique ou de toute autre opinion d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation. 2- De plus, il ne sera fait aucune distinction fondée sur le statut politique …. Dont une personne est ressortissante”


Article 19 : Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considération de frontière, les informations et idées par quelque moyen d’expression que ce soit.

Le Pacte International Relatif aux Droits Civils et Politiques
Article 3 :
Les Etats parties au présent pacte s’engagent à assurer le droit égal des hommes et des femmes de jouir de tous les droits civils et politiques énoncés dans le présent acte”.

La loi n°90/55 du 19 décembre 1990 Portant régime des réunions et des manifestations.
Article 2 :

A un caractère public, toute réunion qui se tient dans un lieu public ouvert au public”.

Article 3 :

(1) « Les réunions publiques, quel qu’en soit l’objet, sont libres.
(2) Toutefois, elles doivent faire l’objet d’une déclaration préalable ».

De tout ce qui précède, nous pouvons conclure que le droit de manifester est un droit fondamental de l’être humain, qu’aucune autorité ne saurait enfreindre.

Aussi est il aisé de conclure que les interdictions systématiques de manifestation prises par les autorités camerounaises sont des violations graves et intolérables des traités et conventions librement ratifiés par notre pays, toutes choses qui le caractérisent d’État voyou, donc en marge de la communauté internationale.

En tout état de cause, mes chers compatriotes, nous avons toute la protection internationale et nationale pour manifester, et conséquemment, nos dirigeants qui menacent de nous poursuivre et nous emprisonner, voir même de nous assassiner, sont les véritables fauteurs de trouble à l’ordre public, véritables auteurs de l’insurrection et d’atteinte à la sureté de l’État, faits criminogènes qu’ils brandissent à chaque fois, et dont ils seront les seuls à répondre.

Patriotiquement.

Me KENGNE Fabien
Avocat
Membre du Mrc”


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