LA UNE Opinion Société panorama 23 avril 2020 (0) (1330)

Cameroun > Massacre de Ngarbuh: René Sadi, Atanga Nji et Owona Nguini au tribunal du peuple.

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Ne dit-on pas souvent que le mensonge a de très coutes jambes et que pendant qu’il prend l’ascenseur, la vérité prend les escaliers? La vérité qui, quant à elle, est comme l’huile, qui mise au fond de l’eau elle finit toujours par se retrouver à la surface ou alors elle peut languir, mais pas périr. Il n’a même pas fallu attendre plus d’un an pour que ces différentes assertions prouvent une fois de plus, qu’elles ont toutes leurs raisons d’être.

Car après avoir voué aux gémonies des Organisations non gouvernementales et des médias qui incriminaient les éléments de l’armée camerounaise dans le massacre des civils à Ngarbuh dans la nuit du 13 au 14 février 2020, les grossiers mensonges du ministre de la Communication, de son collègue de l’Administration territoriale, du maître de conférence, Owona Nguini et du chef de la Cellule de communication du Mindef, Atonfack, sont à présent, sûs de tous.

Après avoir contesté âprement l’implication des éléments des forces de maintien de l’ordre dans ces événements tragico-pathétiques, le ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi, se basant sur les informations provenant du Mindef, avait également mentionné qu’il n’y avait eu que 5 morts et non 18 comme le soulignait Human rights Watch, une organisation non gouvernementale engagée dans les questions de droit de l’Homme à l’échelle internationale. Pour sa part, le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, était allé jusqu’à traiter certains médias privés de “radio milles collines”, “d’antipatriote”, de ” déstabilisateurs” du pays, parce que ces organes de presse avaient publié en intégralité le rapport de Human rights watch qui révélait pourtant la vérité sur les circonstances du drame de Ngarbuh. Que dire d’Owona Nguni qui n’était pas allé du dos de la cuillère pour tirer à boulet rouge sur ladite Ong?

Mais fortheureusement, les camerounais ne vont pas continuer de baigner dans l’incertitude et la confusion. Le rapport de l’enquête ouvert le 17 février dernier pour faire toute la lumière sur les circonsatances de ce drame et dont la copie a été rendue publique hier, 21 avril 2020 par le Secrétaire général à la présidence de la République, Ferdinand Ferdinand Ngoh Ngoh, est venu mettre tout au clair. Non seulement en confirmant la culpabilité des éléments des forces de défense et de sécurité dans ces attaques, mais aussi en révélant le nombre total de civils morts qui est de 18 et non de 05. La découverte de cette vérité que certains caciques du pouvoir de Yaoundé et les thuriféraires du régime ont voulu cacher, est comme une pillule amer pour le peuple camerounais.

Même s’il est mentionné sur ledit rapport que la première communication (celle du mensonge) du gouvernement était basée sur le rapport biaisé d’un militaire qui a fait un faux compte-rendu à son supérieur hiérarchique sur le déroulement des faits, sur la toile et dans les chaumières, n’importe qui ne demande que deux choses: la demande d’excuse solennelle de ces personnes sus-citées ou tout simplement leur démission en bonne et due forme de leurs postes ministériels.

Car pour un gouvernement qui est coutumier du fait, les camerounais ont encore du mal à oublier ses précédents mensonges notamment ceux de l’ancien ministre de la Communication, Issa Tchiroma Bakary concernant le meurtre des femmes et leurs enfants par les militaires dans la région de l’Extrême-nord; tout comme ceux de son prédecesseur, Kontchou Kouomegni, qui, suite, aux remous dans les campus universitaires en 1990, avait indiqué qu’il y a eu “zéro mort” pourtant c’était faux. Toutes choses qui donnent l’impression que nous sommes dans une République du mensonge à tout vent et par tous les moyens.


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