Afrique LA UNE Politique panorama 16 juillet 2020 (0) (59)

Cameroun > Médiasphère: Un casse-tête chinois pour René Emmanuel Sadi

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La dernière sortie  du ministre de la communication (Mincom) en compagnie de sa collègue des télécommunications a fait la lumière sur la nébuleuse du répertoire des médias au Cameroun.

De tout temps au Cameroun, le talon d’Achille de la volonté d’assainir la sphère des médias par les différents titulaires du portefeuille de la communication aura été sans conteste la législation. Aussi vaste est le caffouillis, aussi complexe il devient de réglementer le milieu ambiant. C’est René Emmanuel Sadi, lui-même, qui en fait le cinglant aveu. Méthodiquement, sur le chemin de l’inventaire des différents types de presse, l’imprécision ou l’approximation en dit long déjà sur la complexité de tous les identifier.

“Les organes de la presse écrite déclarés auprès des administrations compétentes se comptent en plusieurs centaines, 600 environ, dont plus d’une dizaine de quotidiens”

a-t-il déclaré dans son communiqué du 13 juillet dernier.

On note des expressions d’imprécisions telles que “plusieurs centaines”, “600 environ”, “plus d’une dizaine”. Lorsqu’il évolue dans cet exercice et s’intéresse à la radio, l’épaisseur d’imprécision s’accentue. “On dénombre plus de 200 stations de diffusion de radio sonore de toutes catégories (confessionnelles, thématiques, communautaires…”, annonce le Mincom.

Les trois points de suspension dans l’énumération trahissent de toute évidence la difficulté du patron de la Communication à lister de manière exhaustive toutes les catégories opérant dans le secteur. Au niveau des chaînes de télévision dont le nombre est en principe réduit, le Mincom remet sur la table le jeu de confusion en parlant d’une trentaine de chaînes de télévision. En ce qui concerne les médias cybernétiques, la complexité est grande et totale car René Emmanuel Sadi n’a pas daigné ici avancer le moindre chiffre. “Sans compter la multitude des médias cybernétiques qui peuplent le réseau internet”, avoue-t-il au sujet de ce secteur. “La multitude” traduit tout le comble de la difficulté de répertorier sur la réseausphère les médias d’ampleur.

L’unique type cité avec exactitude et précision par le Mincom porte sur les 200 opérateurs de télédistribution. Si le recensement des médias est déjà en lui-même un casse-tête, qu’en sera-t-il du processus de la praxis réglementaire? C’est ici un pan soulevé sur cette grosse boîte de Pandore. Probablement que la tutelle y va de main molle, consciente que toute rigueur pourrait jeter dans la nature quelques esprits maléfiques revanchards dont nul ne peut mesurer l’ampleur de leur nuisance. C’est à la politique de communication de voir…

Léopold DASSI NDJIDJOU


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