Cameroun > Nomination dans la magistrature: L’incarnation de la mal gouvernance

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Faisant suite à la dernière session du Conseil supérieur de la magistrature qui n’a de façon surprenante pas pu se tenir depuis trois ans, le Président de la République a procédé lundi dernier à la nomination des magistrats dans les différentes juridictions du pays.

À la lecture du décret rendu public, il ressort des incongruités suivantes dont seul le Cameroun détient le secret :

Conseiller au Siège de Cour suprême :
M. YAP ABDOU (Mle 173 436-G) précédemment Avocat général près de ladite Cour.

Chambre des comptes :
Président : M. YAP ABDOU (Mle 105 974-D) magistrat hors hiérarchie, premier groupe, Conseiller à ladite Cour.

D’où les questions suivantes: Est-ce le même magistrat YAP ABDOU avec des matricules différents ?

Peut-on avoir deux matricules différents dans le Corps judiciaire ?

S’il s’agit du même magistrat, ne s’agit-il pas d’un cas flagrant de légèreté et de cafouillage avec lesquels le corps délicat et sensible de la magistrature est géré dans notre pays? Et partant le pays tout entier ?

À quoi a donc servi la dernière session du Conseil supérieur de la magistrature si ses membres sont incapables de détecter les multiples matricules pour un seul et même magistrat ? En dehors de la formalisation de l’intégration du reste attendue des auditeurs de justice, il n’y a plus de doute que cette session n’a servi qu’à inaugurer des chrysanthèmes.

Au demeurant, il est établi qu’à chaque matricule correspond un salaire. S’il s’agit de la même personne, n’est-on pas en plein salaires fictifs que le gouvernement prétend combattre depuis des décennies ? Le magistrat YAP ABDOU dispose de combien de salaires virés dans son compte par l’État du Cameroun? Il convient de rappeler que le magistrat YAP ABDOU a été le tout premier Président du Tribunal criminel spécial (Tcs). À ce titre il avait la charge de traquer les détourneurs de fonds publics. Certains prévenus sont actuellement poursuivis devant le Tcs pour cause de salaires fictifs.
Le ministre d’État chargé de la justice, Garde des Sceaux,le ministre de la fonction publique et le ministre des finances doivent expliquer aux camerounais les tenants et les aboutissants de cette scabreuse affaire. Les camerounais ne peuvent pas tirer quotidiennement le diable par la queue alors que les gouvernants qui sont censés montrer l’exemple plongent en permanence le pays dans les profondeurs abyssales delà mal gouvernance. Tout silence assourdissant sur cette affaire vaudra complicité tacite des responsables que je viens de citer.

Hon Jean Michel NINTCHEU
Député


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