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Afrique - Une - 2 semaines ago

Cameroun > port de Douala: Les opérateurs internationaux dénoncent le management par embuscade du Dg.

Douala, 13/01/2021 – Le directeur général du Port autonome de Douala (PAD), Cyrus Ngo‘o, est actuellement sous forte pression de deux opérateurs internationaux furieux de voir leurs affaires prendre de l’eau, selon des donnés confidentielles recueilles par votre agence.

En début décembre 2020 c’est le directeur général de l’opérateur italo-suisse Terminal Investment Limited (TIL), Ammar Kanaan, qui se plaignait du retard accusé pour la validité de son offre, dans le cadre de la concession pour l’exploitation du terminal à conteneurs. On rappelle que la justice, pour cause d’«irrégularités», avait annulé la concession de l’exploitation attribuée à cette filiale de la Mediterranean Shipping Company (MSC) au détriment Douala International Terminal (DIT), filiale locale du consortium franco-danois Bolloré-Maersk.

Coincé, faute d’avoir pu faire aboutir leur «deal» visant à écarter l’opérateur poussé à la porte, Cyrus Ngo‘o avait créé une régie déléguée (RTC) du Pad pour une durée d’un an. Entre-temps, et si on en croit les termes du courrier d’Ammar Kanaan, des tractations se sont poursuivies en coulisses, Til ayant par ailleurs repoussé la validité de son offre d’exploitation du terminal au 31 décembre 2010.

Seulement, le processus d’attribution de ladite prestation reste tributaire de la décision de la Cour suprême du Cameroun, saisie par Dit pour avoir été écarté «illégalement» du processus de réattribution de la concession, mais dont le pourvoi introduit par le Pad n’a pas encore été vidé à ce jour. Face à ce blocage, Til indique avoir décidé de proroger de nouveau son offre jusqu’en fin décembre prochain.

En même temps qu’il dit son souhait de signer la convention y relative «dans les plus brefs délais» afin de débuter l’exploitation du terminal, Ammar Kanaan achève sa lettre par une forme de mise en garde à son correspondant :

«Cette situation qui perdure n’est pas sans porter un préjudice financier à notre groupe et bloque l’opportunité pour le Cameroun de développer un grand projet structurant et de modernisation nécessaire à son économie.»

Til, qui sent une affaire juteuse, ne semble donc pas prêt à lâcher le morceau. Entre les lignes, on perçoit comme une forme de chantage au Pad pour des raisons encore inconnues.

Et, comme si cela ne suffisait pas, voici que Boluda France, filiale du conglomérat espagnol Boluda Corporation Maritima, qui vient de se rappeler au bon souvenir de Cyrus Ngo’o. Désigné, en novembre 2020, «adjudicataire provisoire» du contrat pour les services de remorquage au Pad, cet autre opérateur s’interroge lourdement au sujet d’une proposition du DG du Pad portant «réajustement du modèle financier de l’adjudicataire provisoire, pour atteindre une rentabilité de la concession satisfaisante pour tous les actionnaires».

Autrement dit, Boluda est sous le coup d’un chantage serré, Cyrus Ngo’o menaçant de lui retirer le contrat – même provisoire – parce que disposant d’une offre concurrente, à moindres coûts, pour l’achat des mêmes remorqueurs dans un même chantier naval que ceux du 2ème opérateur mondial en matière de remorquage, etc. Et l’opérateur de mentionner, pour le regretter, «la remise en cause constante de son intégrité tout au long du processus de négociations, et notamment les références faites au sujet des chiffres et des comptes de ces 15 dernières années».

Face à ce qui s’apparente à du harcèlement, Boluda France qualifie d’«inacceptables et même injurieuses», toutes les accusations sur son compte n’ayant cessé de transparaître tout au long des négociations, «semant le doute sur son intégrité».

Ayant déposé, en septembre 2020, un modèle financier conforme au règlement de la consultation, accepté par la commission de dépouillement et que Cyrus Ngo’o veut lui faire modifier artificiellement, l’opérateur «se réserve de ce fait, tous les droits». Et donc, sans doute, celui de saisir les tribunaux compétents pour défendre son honneur et ses droits acquis. On court manifestement, comme avec le cas de Dit, ver un autre contentieux à l’échelle internationale avec des conséquences graves sur le Pad, en particulier et sur l’image du Cameroun, en général.

A en croire des sources proches du dossier, l’administration du Pad, qui secrètement préfère étendre le modèle de la régie déléguée à toutes les activités, parce que lui permettant d’accéder plus facilement aux ressources financières d’exploitation, «ne veut plus de concessionnaires privés» sur les bords du Wouri.

Toujours est-il que les affaires, en dépit des nouvelles taxes imposées aux exploitants, semblent sérieusement battre de l’aile au PAD où une bonne partie du matériel d’exploitation, réquisitionné en toute illégalité à Dit en fin décembre 2019, est aujourd’hui en panne et manque cruellement de pièces détachées.

A ce climat explosif s’ajoute actuellement la grogne d’une partie des employés de Dit, réquisitionnés de la même manière à la filiale locale du consortium Bolloré-Maersk pour le compte de la Rtc et qui viennent d’être licenciés, y compris des délégués du personnel, en dépit de performances avérées et n’ayant fait l’objet d’aucune sanction disciplinaire à ce jour.

Mon’Esse

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