Afrique LA UNE Santé panorama 14 avril 2020 (0) (2236)

Cameroun > Port obligatoire du masque: Le gouvernement met la charrue avant les boeufs

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Chose curieuse, c’est dans la même note que Joseph Dion Ngute établit que la norme des masques reste à définir par le ministre de l’industrie, des Mines et du Développement technologique. A bien y regarder, le gouvernement a mis la charrue avant les boeufs.

C’est du moins le constat qu’il est question d’établir en pareille circonstance. Surtout que c’est le 1er avril 2020 que Joseph Dion Ngute a décidé de renouveler les treize mesures de lutte contre le Coronavirus pour un délai supplémentaire de quinze jours. En principe, au regard de la montee exponentielle des cas de patients atteints de Covid-19 au fil des jours, le gouvernement aurait dû, dès la fin du mois du mars, entamer la réflexion sur les procédés de fabrication, de certification, de distribution et de commercialisation à grande échelle des masques.

Mais, il apparaît, à l’état actuel, une absence de symphonie entre les maillons de la chaîne gouvernementale et, surtout, un déficit d’une politique de prévision pour barrer la voie à cette pandémie. Sinon, comment penser au test de la normalisation des masques le jour de l’effectivité du port obligatoire ? Sans conteste, cette mesure n’a pas été mûrement pensée tant il faut encore réfléchir sur la procédure de certification des masques destinées à être commercialisés. Ceci est une garantie pour la santé de tous les citoyens puisqu’il y a, à l’heure actuelle, une variété de masques à foison, mais dont la qualité est douteuse.

Parallèlement à la question de la fiabilité des masques, l’on peut, dans la même veine, s’interroger sur le fonds de solidarité consacré à la lutte contre le Coronavirus. Fonds doté d’un montant initial d’un milliard de Fcfa lancé au Cameroun en mi-mars 2020 par le chef de l’Etat. Jusqu’ici, quiconque ne sait comment le gouvernement camerounais va capitaliser ce pactole ou, du moins, quelle est l’évaluation qui en est faite à l’état actuel, qui marque la clôture de la 2ème phase de renouvellement des mesures de lutte anti-covid-19.

Des opérateurs économiques ont aussi contribué, ces derniers jours, sans que l’opinion publique ne sache comment ces resssouces pécuniaires ont été mises à contribution pour la lutte contre cette pandémie. Le producteur d’huiles raffinées et de savons de ménage Sec Maya a remis au ministre de la Santé publique (Minsanté) 150 millions de Fcfa il y a quelques jours. Le président directeur général de Congelcam a alloué 250 millions de Fcfa à cet effet tout comme le promoteur de la Banque Uba a offert 150 millions de Fcfa et le milliardaire Baba Danpullo 100 millions de Fcfa. Jusqu’à présent, ces contributions, qui participent de l’élan de solidarité dans la croisade contre le Coronavirus, n’ont pas encore fait l’objet d’évaluation auprès de l’opinion publique nationale.

Question de savoir comment ces fonds alloués seront rentabilisés pour stopper la courbe de croissance de cette maladie. S’achemine-t-on vers une nouvelle mafia de l’Etat frappeur, qui a déjà, par le passé, engagé des opérations de collecte de fonds, mais sans bilan critique ? L’on se souvient des cas de l’opération coup de coeur de 1994, des appels à la solidarité pour lutter contre l’hydre islamiste et terroriste Boko Haram et ceux liés à la lutte contre la crise sociopolique dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Toutes ces opérations n’ont connu aucun bilan, encore moins aucune communication sur l’usage qui en a été fait. Arrêté défissant la norme de fabrication des masques.


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