Afrique LA UNE Société panorama 23 août 2020 (0) (520)

Cameroun > Règlement de compte: un gendarme tire à bout portant sur un trafiquant

Partager

Le drame s’est produit dans la localité de Bourha, dans le département du Mayo-Tsanaga, région de l’Extrême-Nord. Un deal mal négocié entre  un maréchal des logis et  2 contrebandiers. Il revendiquait le paiement d’un pot de vin.

En patrouille individuelle au village Djeki et sans ordre de mission délivrée par sa hiérarchie, le maréchal des logis Ali en service à la brigade la gendarmerie nationale de Bourha a fait la rencontre sur son chemin de deux trafiquants  de produits issus de la contrebande. En effet, ils transportaient à bord de leurs motos, d’importantes quantités de plastiques non biodégradables.

Au Cameroun, la commercialisation de ces emballages est interdite par le gouvernement à travers le  ministère de l’Environnement, de la Protection de la Nature et du Développement Durable. Cependant, le phénomène prospère encore dans le marché noir. Généralement, ces produits toxiques viennent des pays voisins à l’instar du Nigéria. Pour notre histoire, tout s’est passé. L’affaire va tourner au vinaigre à cause de l’argent réclamé par le gendarme aux deux contrebandiers.

Corruption et chantage 

Sachant que les deux infortunés sont infraction, l’élément de la gendarmerie nationale, va exiger le paiement d’un pot de vin à hauteur de 200 mille Fcfa chacun par individu afin de les laisser passer. Incapables de payer ce montant jugé exorbitant, les deux hommes vont proposer au maréchal des logis la somme de  20 mille Fcfa. Lors des débats, le gendarme et les deux contrebandiers ne vont s’accorder les violons. C’est ainsi, qu’est née  une bagarre entre l’homme en tenue et les trafiquants des plastiques non biodégradables. Menacé, le maréchal des logis Ali, va devoir dégainer son arme sur l’un d’eux au niveau de la poitrine.

Alertées par les bruits du coup de feu, les populations villageoises vont se ruer sur l’homme en tenue afin de lui faire la peau. Ce dernier aura la vie sauve grâce à l’intervention prompte des éléments de la 43ème Brigade d’Infanterie Motorisée qui ont pu arracher le gendarme des mains revanchardes de la justice populaire. Quant à Abdoulaye Baba, le contrebandier blessé par balle à la poitrine, il a été immédiatement  conduit au centre de santé de Boukoula. Plus tard, il été transféré aux urgences de l’hôpital régional de la ville de Garoua, où il a reçoit des soins intensifs.

La colère des populations de Bourha

Après la bagarre, les forces de sécurité et de maintien de l’ordre ont eu du mal à contenir les ardeurs des populations locales. Elles sont sorties en masse pour revendiquer la mise à leur disposition du maréchal des logis Ali, impliqué dans cette affaire contre les deux contrebandiers. Des témoignages, l’on apprend que celui-ci est un adepte du trafic d’influence et des abus sur les populations civiles. 

Débordées par ses exactions en cette période marquée par l’insécurité ambiante, les populations villageoises préfèrent traiter avec les preneurs débordées par ses exactions en cette période marquée par l’insécurité ambiante, les populations villageoises préfèrent traiter avec les preneurs d’otage que celui-là même qui est censé leur accorder protection et sécurité. Il se raconte que le gendarme en question n’est pas à son premier acte de barbarie sur les habitants du village Bourha. 

Actuellement, le maréchal des logis Ali, se trouvent en cellule à la compagnie de gendarmerie du mayo-Tsanaga à Mokolo. Il sera traduit devant le commissaire du gouvernement pour y répondre de ses actes. Le tribunal militaire sera sans doute sans pitié pour cet élément des forces armées et de défense dans un contexte où l’histoire du  concept armée et nation est tant contesté au regard de certaines dérives observées dans le NOSO et l’Extrême-Nord.


Partager

Leave a comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *