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Cameroun > Rentrée parlementaire: Pour une accalmie ou une exacerbation des tensions ?

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Depuis 1965, la Chambre basse du parlement camerounais va tenir une session hors du Palais des verres de Ngoa-Ekelle. Une proximité avec la Sénat qui donne à cette session de juin les allures d’un congrès au moment où la Nation se pose des questions.

« La délocalisation de l’Assemblée nationale est due à la construction de son nouveau siège dont les travaux de lancement commencent à prendre de l’ampleur », apprend-on à Ngoa-Ekelle. Pour céder de l’espace au maître d’œuvre chinois, les élus de la nation vont élire hémicycle au Palais des congrès. Avant eux, les 100 sénateurs camerounais y siègent depuis 2013. Ce déménagement circonstancielle arrive au moment où toutes les supputations vont bon train au sujet d’une éventuelle modification de la Constitution pour créer un poste de Vice-président de la République, qui en cas de vacance constatée de la présidence de la République, assumerait l’intérim. A ce niveau également, il y a une double éventualité qui ressort des différents ballons d’essai. D’abord, insinue-t-on, ce dauphin constitutionnel organisera les élections dans un délai compris entre 20 jours et 120 dans l’esprit de l’article 6 alinéa 4 (a et b) de la Constitution après l’ouverture de la vacance et s’interdira d’en être candidat. Par contre, une frange va plus loin en estimant que cette doublure du président de la République pourra en cas de vacance constatée, continuer le mandat en cours, jusqu’à la prochaine élection, où il sera évidement candidat.
Dans un cas comme dans l’autre, l’opposition menée par le Mrc estime qu’il ne s’agit ni plus ni moins que d’un gré à gré auquel elle est viscéralement opposée. Pour elle, tant qu’il n’y aura pas une modification consensuelle du système électoral et un règlement pacifique de la crise anglophone, il sera hors de question d’envisager une quelconque élection, dans le cas d’espèce, les élections régionales.
C’est donc autour de ces grandes attentes qu’on suivra l’action des parlementaires. Vont-ils exclusivement se pencher dans le sens des bruits des modifications attribuées au pouvoir ou bien seront-ils amorcés par la révision à tout au moins du Code électoral. C’est tout le défi auquel seront confrontés les parlementaires, sous les regards d’une population plus que jamais politisée par les médias et surtout par les réseaux sociaux. Ou finalement, cette montagne ne produira-elle qu’une toute petite souris ? Une chose est certaine, comme Paul Biya l’a dit lui-même le 31 décembre dernier, le pays est en passe d’entrer dans une phase importante de son histoire. « Le septennat qui vient de commencer devrait être décisif pour notre pays. Il pourrait être même l’un des moments les plus importants de notre histoire depuis notre indépendance », prédisait le numéro un camerounais.
Léopold DASSI NDJIDJOU


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