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Cameroun > Sérail: Ces mesures ridicules de Paul Biya

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Paul Biya a lancé un Fonds de solidarité nationale avec une cagnotte d’un milliard de Fcfa pour lutter contre le Covid-19. A l’allure des contributions, face à la vitesse de propagation du virus, le numéro un camerounais est passé à autre chose, sans crier garde, laissant tout le monde sur la touche. En décidant en début de semaine d’offrir des biens et équipements indispensables à la lutte contre le Coronavirus dans les 360 arrondissements du pays, Paul Biya a surpris son monde et tout le monde. On attendait qu’il intensifie la pression sur ses collaborateurs pour qu’ils mettent la main à la poche ou qu’ils convertissent les foules à la foi de contribuer.

Rien Curiosité des curiosités, la surprise générale est venue de Jean de Dieu Momo, premier officiel, qui y a versé 500.0000 Fcfa, grillant de ce fait la politesse aux autres institutions républicaines à l’instar du Senat qui s’est exécuté à la fin de la 1ère session en contribuant à hauteur de 100.000.000 Fcfa. Les privés tels que Baba Danpoulo, Congelcam, Eto’o, Orca sont aussi répondu positivement . Où sont les autres institutions? Où est le gouvernement? Où est l’Administration? Où sont le Rdpc et les autres? Décidément, quelque chose coince quelque part. La décision de Paul Biya, pour surprenante quelle soit, est fondée sur l’inertie de ses collaborateurs qui rechignent à contribuer. Personne de ce beau monde n’oublie les tensions de trésorerie que traverse le Cameroun en ce moment. Paul Biya, par cet acte solitaire, est-il
en train de passer un message à son propre entourage? Qu’importe l’angle d’analyse qu’on voudra bien prendre, dans ce volte face du chef de l’État revenu d’où il était, on se rend compte que la machine coince quelque part. Il y a un niveau où la ferraille grippe. Les caciques ont-ils perçu une intention présidentielle à laquelle ils tiennent à manifester leur mécontentement? Eux tous le savent, Paul Bjya n’est pas homme à subir le chantage. Ils sont tous conscients qu’en le baptisant “l’homme lion”, cela signifie qu’en politique, il ne faiblit devant aucun moyen pour atteindre ses objectifs.

Peut-on par absurdité penser qu’il y aurait au sein du régime des hommes politiques gagnés à la religion de Thomas, assaillis par le doute qui écume sur les réseaux sociaux, déterminés d’écouter sa voix à défaut de lui serrer la main avant de croire qu’il est vivant? Que ceux-là n’oublient pas, serait-on tenté de rappeler, le reproche de Jésus-Christ à l’apôtre. “Heureux ceux qui croient sans avoir vu”. Cette maxime est d’autant sage du moment où au sommet de l’État, le chef ne semble aucunement empressé de calmer la tempête d’incrédulité qui secoue le Landerneau, voire la Nation.

Ngarbuh ou l’autre face de Paul Biya

La deuxième virevolte de cette semaine, est venue de la publication du rapport de la commission d’enquête des massacres de Ngarbuh dans la région du Nord-Ouest. Ce rapport vient tordre le cou à toutes les attentes communément partagées, aux habitudes qui enveloppent souvent les résultats des commissions d’enquêtes au Cameroun à quelques exceptions près. Ce résultat tombe au pire des moments, dans un contexte politique et sécuritaire plus que jamais tendu.

Il y a des ministres de Paul Biya, qui à la lecture du rapport aurait déposé sans hésiter une seul seconde, le tablier, assommés par le cinglant désaveu de la vérité des faits. Cette situation ne surprend personne car au Cameroun on ne démissionne que très rarement. On peut compter les ministres démissionnaires du gouvernement sous Paul Biya sans jamais épuiser les cinq doigts de la main. Ces ministres en question, qui ont défendu bec et ongles le régime, se sont mis aussi des groupes de pression de la communauté internationale à dos. La commission onusienne de la défense des droits de l’homme, Human wrights watch, entre autres, ont souffert le lynchage médiatique dans le massacre de Ngarbuh.

Pour se convaincre du nouveau pallier que peut prendre la tournure des choses, Sébastien Nado, un député français a directement commis un tweet après la publication du rapport d’enquête. “Après la publication de ce rapport interne, il faut une enquête de l’Onu pour déterminer jusqu’où remontent les responsabilités”, a-t-il soupiré. En un mot, il ne s’agit que d’un rapport interne, et Paul Biya en maître de jeu ou du temps, peut démissionner instamment tout ministre dans cette configuration, pour faire la paix dans le Noso. C’est une ouverture qui présage que des Camerounais pourraient se retrouver à la Cpi dans le cadre des crimes commis dans le Noso. Quand et comment? Boule de mystère qui stresse moins que le silence du chef des Armées.


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