LA UNE Opinion Politique panorama 17 février 2020 (0) (1448)

Cameroun > Social Democratic Front : La lente agonie

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Selon les résultats des élections municipales proclamés le 12 février 2020, le Social Democratic Front (Sdf), principale formation politique de l’opposition au Cameroun pendant quasiment une trentaine d’années, n’arrive qu’en 05ème position avec seulement quatre (04) communes remportées sur les 360 que compte le pays.
Le Sdf se classe loin derrière son éternel rival, le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (Rdpc), au pouvoir depuis toujours qui contrôlera en totalité ou en partie 316 communes.
Le RDPC est suivi dans l’ordre par l’Union Nationale pour la Démocratie et le Progrès (Undp) qui compte 16 communes, le Parti Camerounais pour la Réconciliation Nationale (Pcrn) qui a remporté 07 communes et l’Union Démocratique du Cameroun (Udc), qui contrôlera 06 mairies.
C’est la première fois depuis sa création le 26 mai 1990 et sa première participation aux élections municipales le 21 janvier 1996, que le Sdf ne remporte pas au moins une vingtaine de communes et n’arrive pas en 2ème position aux municipales.
Cette tendance au niveau des résultats ne devrait pas beaucoup varier en ce qui concerne les données des législatives organisées le même jour, c’est-a-dire le 09 février 2020.
En attendant de connaître l’issue du contentieux post-électoral et la proclamation officielle des résultats de ces élections d’ici fin février, les premières fuites font état du fait que le Sdf n’aura que 04 à 05 sièges de députés au plus.
Le parti en avait 18 dans la 09ème législature au terme des élections du 30 septembre 2013.
Sauf miracle, le Sdf ne devrait plus, et là aussi c’est une grande première pour lui, être en mesure de disposer d’au moins 15 députés, nécessaires pour former un groupe parlementaire à l’Assemblée Nationale.

Une telle situation au delà d’avoir des incidences sur le temps de parole au sein de la Chambre basse du parlement, aura surtout des conséquences financières néfastes pour le parti.
De manière générale, le financement public annuel des partis politiques est proratisé en fonction des résultats électoraux de chaque formation politique éligible sur la base des dernières élections législatives et municipales.
Après le retentissant échec de Joshua Osih, candidat du Sdf à la présidentielle du 07 octobre 2018 à laquelle, il n’est arrivé que 04ème en obtenant moins de 05% de voix, le parti n’a visiblement pas pu tirer les bonnes leçons de sa dégringolade.
Il risque de poursuivre sa descente aux enfers si une thérapie de choc n’est pas effectuée au terme d’un vrai diagnostic sans complaisance.
La crise sociopolitique et sécuritaire qui sévit dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest,

Eric Boniface Tchouakeu, Journaliste. Chef de Chaîne Rts, Editorialiste et Conseiller editorial panorama papers.

considérées comme son fief a certes désorganisé la base du parti, cela du fait notamment du déplacement des populations qui fuient les violences, en plus des personnes qui y ont laissé leurs vies ; mais cette situation ne peut à elle seule tout expliquer.
Les choix politiques du Sdf ces dernières années reflètent-ils la volonté de la base militante? Ces principaux dirigeants sont-ils encore crédibles aux yeux de leurs camarades et même de la plupart des Camerounais ?
Les réponses à ces questions sont déterminantes pour l’avenir du parti.


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