Afrique LA UNE Politique panorama 5 juillet 2020 (0) (57)

Cameroun > Tentative de sortie de crise: Le cessez-le-feu étouffé par Ayuk Tabe

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Le Secrétaire général de l’Onu a appelé le pouvoir et les sécessionnistes à un cessez-le-feu sur le chemin tortueux vers une paix définitive. Si l’option est un acquis, la faisabilité peut coincer. 


La condition posée par les sécessionnistes pour qu’il ait un cessez-le-feu est ” la démilitarisation du Southern Cameroons et un appel immédiat à un cessez-le-feu. Après tout, c’est Paul Biya qui a déclaré la guerre à notre peuple et c’est à lui d’apporter un cessez-le-feu à cette guerre”. La bonne question est de se demander si Yaoundé peut aujourd’hui, en fonction de ce qu’on a déjà entendu les thuriféraires du régime dire sur la question, décider de retirer l’armée du Noso.

S’il y a eu des voix à l’exemple de celle de Maurice Kamto qui demandait le retrait des forces de 1ère et de 2ème catégorie, il va sans dire que cette exigence rencontre souvent beaucoup de résistance au sein du pouvoir. Les séparatistes seraient-ils d’accord pour le maintien des forces de police dans le Noso pour assurer la sécurité des personnes et des biens? Difficile de répondre dans la mesure où la police confondue à l’armée est victime de toutes les exactions possibles et inimaginables. Elles sont toutes considérées comme des forces d’occupation. Et si par miracle le pouvoir acceptait de retirer toutes les forces, qui prendrait la relève ?

N’est-ce pas là effectivement le premier pas vers la séparation des Cameroun francophone et anglophone ? Toute chose qui fait penser que le cessez-le-feu demandé par la communauté internationale est déjà étouffée par cette condition d’entrée. On peut toutefois espérer un sursaut d’orgueil entre les parties pour atteindre l’objectif. 


Les séparatistes prêts pour la bataille diplomatique

Le Vice-président du gouvernement intérimaire d’Ambazonie, Dabney Yerima a  fait deux sorties en moins d’une semaine sur cet appel de l’institution onusienne. D’abord le 29 juin, il rappelait dans une déclaration que le Secrétaire général des Nations unies appelle à un cessez-le-feu entre le pouvoir et les sécessionnistes. Dans la foulée, il précisait les conditions pour une négociation avec Yaoundé. Après la rencontre avec Ayuk Tabe et les siens dans la nuit du 2 juillet, il récidivait le lendemain en publiant un compte rendu de la rencontre avec les leaders sécessionnistes.

Par là, on a appris que les conditions mises sur la table avec Ayuk et cie étaient exactement les mêmes que celles du 29 juin postées par le vice-président du gouvernement intérimaire d’Ambazonie. Une chose est sûre, il y a eu des tractations souterraines entre les parties avant l’extraction d’Ayuk Tabe et des siens de la prison. 

Dans la déclaration du 3 juillet, on remarque que Dabney Yerima et ceux qui sont en prison sont sur la même longueur d’onde. Tous oeuvrent pour “la restauration de la liberté et l’indépendance de l’Ambazonie.” Il se félicite que “le gouvernement camerounais a commencé à prendre conscience qu’il ne peut gagner la guerre sur le terrain militaire”.

“Soyez rassurés nous demeurons engagés à la restauration et à l’indépendance et de la liberté de notre patrie. Des expressions fortes telles que “gouvernement intérimaire”, “notre patrie” jettent le trouble dans l’esprit des Camerounais épris de l’État unitaire et indivisible. Cette frange importante de la population est meurtrie par ce destin macabre qui frappe le pays. Heureusement, la diplomatie n’a pas encore dit son dernier mot. 
Léopold DASSI NDJIDJOU


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