Afrique LA UNE Politique panorama 3 août 2020 (0) (197)

Cameroun > Transparence électorale: Elecam dans la tourmente

Partager

C’est le sous-préfet de Bazou qui livre avec détails cet état de chose à travers une lettre adressée à son supérieur hiérarchique, le préfet du Nde, Etapa Franklin François. Un sacré pied de nez infligé à l’honorabilité des victoires du Rdpc.

On doit se tirer les cheveux au bord du lac municipal de Yaoundé, principalement au ministère de l’Administration territoriale (Minat) chapeauté par le truculent Atanga Nji, suite à cette sortie singulière et tonitruante du sous-prefet de Bazou. S’il avait l’intention d’exposer les actions couplées aux intentions maléfiques et haineuses de son supérieur hiérarchique, c’est au finish un grand pan qu’il a soulevé sur “la face cachée”, une sorte de “Laakam de la stratégie Rdpc” dans l’ouest du pays, dont il est interdit de révéler les rites cultuelles aux non initiés, aux profanes.

Mfopou Aliyou a de ce fait, à son corps défendant, noyé qu’il est par son chef dans des artifices difficiles à cerner, saisi la queue du serpent pour se sauver dans l’urgence? On pensait, on supputait, on fantasmait sur les manœuvres, les artifices dolosives des administratifs à l’égard de l’opposition politique dans l’intérêt bien compris de faire la part belle au pouvoir. Personne, à l’exemple de ce sous-préfet, n’avait de manière aussi ouverte dépeint ces subterfuges administratives. Il s’agit en réalité, qu’importe la coloration politique, d’une sorte de messe de requiem à la démocratie camerounaise.

Ce d’autant plus qu’aux élections couplées de février dernier, seul le Rdpc était en lice dans le Ndé et là encore, à défaut d’une opposition en face, la mecanique à broyer les opposants s’est retournée contre les enfants de la maison, un peu comme si le serpent se mordait la queue. Cette révélation de faits croustillants servis sur un plateau en or est symptomatique d’un mal profond qui mine un système électoral repu de ses propres entraves. C’est un signal lancé vers les tenanciers du pouvoir public d’abord et accessoirement à toute la société Camerounaise, que le système actuel nous conduit irréversiblement, immanquablement vers un cul de sac, une impasse, droit dans un mur de béton.

De toute évidence, un vent à rebrousse poil souffle pour confondre notre administration empêtrée dans ses propres contradictions, dans ses propres reniements et errements. Dans cette lettre administrative cousue de narrations des faits répréhensibles, c’est l’institution  Elecam qui est la grande souffre douleur, torturée et malmenée dans son affirmation à la neutralité, à l’impartialité et par dessus tout à son indépendance. 

L’administrateur civil, l’incarnation du droit de véto électoral

Lors de la période préélectorale, du double scrutin législatif du 9 février 2020, j’ai mis sur pied une stratégie afin de désarçonner l’opposition et faire de Bazou le sanctuaire du Rdpc à travers une délivrance sélective des certificats de domicile”,

affirme avec une once de fierté née du devoir bien accompli, le sous-préfet de Bazou.

Que dire dès lors du sacro-saint principe de la neutralité et de l’impartialité de l’Administration? Il est suspécieux à ce moment,  toute initiative des “chefs de terre” sur la chaîne de l’élection au Cameroun. Loin d’être une accusation, il s’agit d’un aveu donné par le sous-préfet lui-même. Il s’ensuit dans cette logique que c’est l’Administration qui tient et détermine les clefs de la victoire ou de la défaite électorales  dans le Ndé et par ricochet dans toutes les régions du pays. Il n’a pas échappé à l’opinion que l’opposition avait toutes les peines du monde à constituer le dossier de candidature aux élections de février. Il s’agissait, confie le sous-préfet, d’une entreprise de “désarçonner” l’opposition.

La justice peut-elle se saisir d’une telle dérive de l’autorité administrative qui éventre volontairement la loi de la République ? Rien ni personne n’empêche au juge de prendre ses responsabilités en se saisissant de cette affaire. Plus loin, le sous-préfet enfonce le clou en mettant à nu la prépondérance, l’affirmation consacrée d’un abus de pouvoir du préfet sur Elecam.

Vous avez convoqué le chef d’antenne d’Elecam de Bazou pour la menacer et la cribler d’injures. Vous lui avez intimé l’ordre de changer la date de la fin inscrite dans le procès-verbal afin que la session de plein droit de tienne le 18 février 2020, à des fins inavouées en violation flagrante du Code électoral et de l’indépendance de cette institution”,

se plaint le sous-préfet de Bazou face à la domination outrancière de l’Administration sur l’organe indépendante en charge de l’organisation des élections au Cameroun.

Doit-on comprendre qu’Elecam ne serait donc qu’une institution faire valoir dont l’indépendance, la neutralité et l’impartialité ne sont que des mirages? En lisant plus attentivement cette lettre, on se rend compte que les élections couplées dans le Ndé et surtout aux municipales, étaient une affaire des autorités administratives. On apprend que les deux hommes défendaient chacun un candidat à la mairie de Bazou. Si au finish, c’est le candidat du préfet qui gagne, il va aussi sans dire que la conséquence immédiate est l’irrévérence que le nouvel édile de Bazou inflige au sous-préfet. Cette nouvelle situation, délétère à souhait, envenime la quiétude des autorités administratives et municipales dans la ville de Bazou. C’est à se demander qui et pour quelles raisons avait intérêt à ce que cette lettre du sous-préfet de trouve sur la place publique. 

Je suis dans l’impérieuse obligation de rendre compte de vos persécutions itératives à son Excellence Atanga Nji Paul, ministre de l’Administration territoriale bien que dans le corps de la préfectorale , dénoncer la perversion d’un supérieur hiérarchique soit considéré comme un sacrilège, un crime de lèse-majesté, une insubordination rédhibitoire, je prends ce risque et l’assume pleinement, eu égard à mes états de service de 22 ans pour sauver la fonction de sous-préfet en danger et en déliquescence sur le terrain dans le département du Ndé, particulièrement à Bazou”,

assume le l’Administrateur de Bazou convaincu que les sanctions qui pourraient suivre sont des moindres par rapport à la maltraitance préfectorale.

Léopold DASSI NDJIDJOU


Partager

Leave a comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *