En fait, l’entreprise qui affronte de vives tensions de trésorerie, a vu l’unique avion dédié au transport domestique, le MA60 de 48 places, cloué au sol pour défaut de cash permettant d’acheter du carburant chez les fournisseurs, agacés de se suivre les mêmes antiennes sur le paiement jamais honoré des factures de fuel.

Pour donner le change à une clientèle en manque d’informations, le DG, Louis Georges Njipendi Kouotou, pensait avoir trouvé la parade avec la publication d’une note mettant en avant la lutte contre la propagation de la pandémie de Covid-19.

En réalité, les véritables raisons de l’inactivité se trouvent ailleurs. Et il faut aller chercher dans les résolutions de la réunion de crise convoquée en urgence par le ministre des Transports, par ailleurs PCA de l’entreprise mercredi dernier à Yaoundé. 24 heures plus tôt, l’autorité aéronautique, dans un rapport incendiaire sur l’état de l’aéronef Bombardier Q400 loué chez le sud-africain CemAir, n’est pas passé par quatre chemins pour le qualifier de cercueil volant, non sans détecter d’autres écarts de sécurité criards qui auraient dû être entraîné l’arrêt d’exploitation de sa flotte devenue chétive et rachitique au fil des mois, du fait de carences managériales et des déficits techniques aggravés.

Plus grave encore, les malversations relevées dans l’analyse des contrats de location d’aéronefs et le non-respect des normes réglementaires de l’aviation civile (grande visite d’un avion contractée dans un centre non agréé par la Ccaa), n’ont pas aidé le top management à maintenir l’entreprise en vol.

Des sources généralement bien informées et suffisamment introduites à divers niveaux du dossier, annoncent l’ouverture d’une enquête criminelle dans la location du Boeing 737-400 auprès d’une mystérieuse et obscure compagnie ukrainienne créée il y a seulement quelques mois.

D’autant plus que cet avion, trois semaines plus tard, n’est toujours pas en exploitation. Comment expliquer au ministre des Finances que l’avion loué et payé par l’argent du contribuable camerounais depuis trois semaines soit encore cloué au sol quelque part et qu’il n’a pas été inspecté par un centre de maintenance agréé par l’autorité aéronautique?